Littérature
Algeria
La trace ou la cicatrice: prémisses d’une littérature
2007-11-16
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«La trace ou la cicatrice: prémisses d’une littérature». Avant Propos Poète, écrivain et sociologue, Habib Tengour est né à Mostaganem en 1947. Il se partage depuis toujours entre l’Algérie et la France. Il a publié plusieurs récits dont Le vieux de la montagne (Sindbad,1983), Sultan Galièv (Sindbad, 1985), L’épreuve de l’Arc (Sinbad, 1990), Gens de Mosta (Sindbad, 1997). Quatre séquences composent ce dossier de Habib Tengour sur la littérature algérienne de langue française. En voici l’avant-propos. |
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Archéologie L’expression littéraire de l’algérianité au sens moderne, celui qui se confond avec l’Etat-nation, est récente; elle est en fait étroitement liée au mouvement national du début du siècle. La Numidie a cependant fécondé des œuvres littéraires de grande envergure. |
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Généalogie Ce n’est qu’après 1930 qu’une littérature authentiquement nationale, dégagée des poncifs et des stéréotypes folkloriques, empreinte d’une sensibilité artistique nouvelle, allait voir le jour en Algérie. Paradoxalement, c’est en langue française que la littérature manifesta son algérianité en rompant avec l’algérianisme colonial. |
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Le soleil sous les armes. Kateb Yacine, Jean Sénac, Mohamed Dib C’est par une œuvre unique en son genre, étrange, fracassante et «sauvage» que la littérature algérienne s’imposa au monde comme la nation était en train de le faire dans la lutte armée. En 1956, paraissait le roman de Kateb Yacine, Nedjma, saluée comme un événement par les plus grands critiques parisiens, tandis que la poésie de Sénac vibrait de l’espoir dont l’Algérie était, à ses yeux, porteuse. Toutefois, si la plupart des grands noms de la littérature algérienne se sont fait connaître pendant la guerre de libération, beaucoup sont morts ou se sont tus sans avoir accompli une œuvre. Seul Mohammed Dib a poursuivi avec patience et sans fracas une œuvre sans compromission avec le pouvoir, dégagée des contingences idéologiques et du faux problème linguistique. |
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Le piège de la langue La littérature algérienne d’expression française est tourmentée par une mauvaise conscience, un remords souterrain et sournois, celui de «la langue étrangère» qui a muselé de nombreux auteurs, au grand réconfort de la bureaucratie en place. Graphie arabe ou française, le problème de la coupure avec les langues parlées par le peuple, les langues maternelles, subsiste néanmoins. |
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