Algeria
Fanfaraï: Audelà des différences et des certitudes
2010-10-15
Fanfaraï est une fanfare par le nombre de ses artistes ,ils sont 11 sans les danseuses, et par la profusion de de trompettes ,saxophones, trombone et tuba. Définir ce groupe comme cela ne lui rendrait pas justice alors il faut ajouter que c’est aussi une formation qui interprète une palette musicale qui va du jazz au gnawa en passant par le Raï et la salsa.
Le public qui a assisté à leur dernière représentation à Paris ne savait plus à quel rythme se vouer. Samir Inal le chef d’orchestre nous déroute dès le début de la soirée en annoncant un «morceau de jazz gnawa» ! Poussant toujours plus loin ses arrangements surprenants Patrick Touvet puise à pleines mains dans le terroir maghrébin, dans les musiques afro-cubaines et fait des incursions dans le jazz obligeant la Derbouka à cohabiter avec la batterie et le violon avec la raîta.
Un joyeux mélange qui n’a rien à envier à la diversité des parcours et des cultures des musiciens eux-mêmes.Samir Inal nous confie que «au départ rien ne nous prédisait d’être ensemble. Certains sont venus d’écoles de jazz ,d’autres de conservatoires comme Boubou le chanteur et violoniste qui vient d’Oran ». Samir lui vient d’un passé bien sage d’étudiant à Paris où il est arrivé d’Alger depuis une dizaine d’années.Il crée alors une troupe de «Zernadjia».
«Je ne connaissais rien à la musique et puis j’ai viré de bord», nous dit Samir en riant. Puis les talents s’agrègent, des Français, des Maghrébins, des franco-maghrébins mettent dans la cagnotte leur energie et leur talent. Toutes ces rencontres consolident l’expérience jusqu’à la naissance en 2005 de Fanfaraï.
Alors, c’est quoi le concept? La formation s’inscrit clairement dans la tradition des orchestres de rue qui, dans l’Algérie du début du siècle jusque dans les années 1970, animaient fêtes et rituels. Idbalen dans la région de Kabylie, Zernadjia à Alger et ses environs. Ces troupes se produisaient sur les places publiques ,dans les rues et dans des mausolées lors de la fête du saint local.Indissociables des évenements festifs, ces musiciens de rue utilisaient selon leur région Tbel (Tambours), Ghaita (Flûte), Tbilette (Petit Tambour ou tambourin) et kerkabou. A ces instruments Fanfaraï fusionne celles du saxo, des congas, du trombone et du tuba.
La troupe est aussi à l’aise dans ses représentations dans la rue, sollicitées souvent par des mairies de la banlieue parisienne, que sur scène même si l’on décèle dans les propos des musiciens une petite préference pour l’espace public ouvert à tous. «La rue c’est plus vivant, plus visuel, les gens participent et dansent.»
Nous arrivons à toucher tous les publics assurent les musiciens parce que chacun retrouve un peu de ce qu’il connait,ce qu’il aime. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ajoute Samir les Algériens ont parfois du mal au début à accrocher parce qu’ils se sentent un peu perdus dans ce métissage.Un temps seulement car très vite Fanfaraï réussit à entraîner son public au delà de ses origines ethniques ou de sa nationalité,loin, vers les territoires de la tolérance et du plaisir.
Le public qui a assisté à leur dernière représentation à Paris ne savait plus à quel rythme se vouer. Samir Inal le chef d’orchestre nous déroute dès le début de la soirée en annoncant un «morceau de jazz gnawa» ! Poussant toujours plus loin ses arrangements surprenants Patrick Touvet puise à pleines mains dans le terroir maghrébin, dans les musiques afro-cubaines et fait des incursions dans le jazz obligeant la Derbouka à cohabiter avec la batterie et le violon avec la raîta.
Un joyeux mélange qui n’a rien à envier à la diversité des parcours et des cultures des musiciens eux-mêmes.Samir Inal nous confie que «au départ rien ne nous prédisait d’être ensemble. Certains sont venus d’écoles de jazz ,d’autres de conservatoires comme Boubou le chanteur et violoniste qui vient d’Oran ». Samir lui vient d’un passé bien sage d’étudiant à Paris où il est arrivé d’Alger depuis une dizaine d’années.Il crée alors une troupe de «Zernadjia».
«Je ne connaissais rien à la musique et puis j’ai viré de bord», nous dit Samir en riant. Puis les talents s’agrègent, des Français, des Maghrébins, des franco-maghrébins mettent dans la cagnotte leur energie et leur talent. Toutes ces rencontres consolident l’expérience jusqu’à la naissance en 2005 de Fanfaraï.
Alors, c’est quoi le concept? La formation s’inscrit clairement dans la tradition des orchestres de rue qui, dans l’Algérie du début du siècle jusque dans les années 1970, animaient fêtes et rituels. Idbalen dans la région de Kabylie, Zernadjia à Alger et ses environs. Ces troupes se produisaient sur les places publiques ,dans les rues et dans des mausolées lors de la fête du saint local.Indissociables des évenements festifs, ces musiciens de rue utilisaient selon leur région Tbel (Tambours), Ghaita (Flûte), Tbilette (Petit Tambour ou tambourin) et kerkabou. A ces instruments Fanfaraï fusionne celles du saxo, des congas, du trombone et du tuba.
La troupe est aussi à l’aise dans ses représentations dans la rue, sollicitées souvent par des mairies de la banlieue parisienne, que sur scène même si l’on décèle dans les propos des musiciens une petite préference pour l’espace public ouvert à tous. «La rue c’est plus vivant, plus visuel, les gens participent et dansent.»
Nous arrivons à toucher tous les publics assurent les musiciens parce que chacun retrouve un peu de ce qu’il connait,ce qu’il aime. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ajoute Samir les Algériens ont parfois du mal au début à accrocher parce qu’ils se sentent un peu perdus dans ce métissage.Un temps seulement car très vite Fanfaraï réussit à entraîner son public au delà de ses origines ethniques ou de sa nationalité,loin, vers les territoires de la tolérance et du plaisir.
Ghania Khelifi
(15/10/2010)
(15/10/2010)
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