C’est une île tailladée dans la roche, ancrée entre la Tunisie, Malte et la Sicile, plus proche de l’Afrique que de l’Europe, battue par les vents en hiver, écrasée de soleil en été. Escale funèbre au milieu de la Méditerranée pour des milliers de naufragés, jamais un territoire n’aura été aussi médiatisé et instrumentalisé que Lampedusa.
Le CIE de Lampedusa est un monde à part, un îlot dans l’île qui reçoit dans les périodes d’émergence jusqu’à mille personnes alors qu’il ne pourrait en héberger que trois cents.
Vissée sur le 35° parallèle au milieu de la Méditerranée, Lampedusa et les Lampédusiens soufrent d’un isolement géographique aggravé par un sentiment d’abandon généralisé.
Bien que brinquebalant le gouvernement italien a donné des signes de changement pour répondre à une opinion publique choquée. Le président du Conseil Enrico Letta a pris une position claire en déclarant qu’il fallait abolir la loi sur le délit de clandestinité. Le Sénat vient de lui donner raison.