Algeria
G - Glander : verbe intransitif (argot)
2020-04-21

Le temps aurait-il décidé de nous laisser glander ? Je ne sais pas vous, mais moi je suis en passe de passer maître dans l’art de glandouiller. N’allez pas croire que ce soit une mince affaire. Loin de là ; glander nécessite une grande lucidité face aux situations dans lesquelles on peut se trouver, surtout si c’est une situation comme celle que nous subissons depuis près d’un mois avec ce confinement.
Ce n’est pas « ne rien faire » que de glander. C’est la seule véritable réponse au « ne pas pouvoir faire ». Une incapacité (et soumission) que seule la glande est à même de contrer parce qu’en glandant on retrouve un semblant de « pouvoir faire ». On n’arrive pas à travailler, écrire, se concentrer, cuisiner, occuper les enfants ou s’en occuper, ne pas embrasser (ou tuer) son ou sa partenaire, etc. Soit, on va pouvoir glander, les gens !
Au début ce n’est pas évident, je vous l’accorde. Le tout est dans la résignation à jouer le jeu et dans ce cas, on développera presque naturellement des stratégies de glandes. Par exemple : « Se lever plus tôt pour glander plus longtemps ! »[1]. À terme, votre esprit et votre corps vous en seront reconnaissants. Et pour ceux qui penseraient que glander n’est qu’une déclinaison de la paresse, je répondrai que c’est au contraire une forme particulière d’épicurisme et donc de sagesse, de résilience pour prendre un mot à la mode et dont on aimerait tous connaître le mode d’accès et d’emploi pour l’adopter une bonne fois pour toute en ces temps où l’on voudrait pour quelques instants seulement cesser d’être des con(s)-finé-e-s si las d’attendre la fin.

Paris, mardi 4 avril 2020
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[1] L’honnêteté commande de dire que je dois ce mantra à Manou et je remercie ma sœur, Loulou, de l’avoir partagé avec moi.
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