Tunisia
Le nouveau cycle de luttes et de révolutions
2013-02-14
Le FSM à Tunis se tiendra là où la réponse des peuples, à l’accentuation de
la crise en 2008 et aux politiques répressives d’austérité, a ouvert un
nouveau cycle de luttes et de révolutions. Le vent nouveau parti de Tunis
s’est d’abord propagé en Egypte. Il a mis en avant la lutte contre les
dictatures et il s’est étendu à toute la région Maghreb-Machrek. Il a
traversé la Méditerranée et s’est propagé en Europe du Sud, en Espagne, au
Portugal, en Grèce en posant la question de la démocratie réelle. Il a
trouvé un nouveau souffle en traversant l¹Atlantique à travers les « occupy »
de Wall Street, London, Montréal. Il prend aujourd¹hui des formes plus larges
dans de nombreux pays du monde, au Chili, au Canada, au Sénégal, en Croatie,
autour de la faillite des systèmes d¹éducation et de la généralisation de
l’endettement. Le pouvoir économique et le pouvoir politique, à travers leur
complicité, ont été désignés comme les responsables de la crise. Ce qui a
été démasqué c’est la dictature du pouvoir financier et la « démocratie de
basse intensité » qui en résulte.
Au-delà des spécificités, ce nouveau cycle de luttes met en avant la justice
sociale, le refus de la misère, des inégalités, de la corruption ; la
revendication de systèmes démocratiques qui garantissent les libertés
individuelles et collectives, la dignité de chacun ; les contradictions
géopolitiques liées à l¹hégémonie occidentale ; les contradictions
écologiques de plus en plus sensibles. Elles mettent en lumière des
contradictions sociales entre les couches populaires et les oligarchies.
Elles remettent en cause l¹hégémonie culturelle nécessaire à la domination
des valeurs de la bourgeoisie et des élites dirigeantes.
Une des questions qui sera discutée à Tunis est celle du rapport entre les
nouveaux mouvements et le mouvement altermondialiste. Ces mouvements ne se
sont pas organisés dans le mouvement altermondialiste, même si de nombreuses
relations ont existé dès le début. Les nouveaux mouvements sociaux ont leur
dynamique propre. Les jonctions avec les mouvements plus anciens de
l¹altermondialisme existent, mais elles sont diffuses. Les mouvements plus
anciens de l¹altermondialisme devront tirer les leçons de leurs avancées et
de leurs limites. Et, comme le dit si bien Esther Vivas pour les nouveaux
mouvements : « c’est un prologue ».
*Gustave Massiah est représentant du CRID au Conseil International du FSM
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