Politiques

Tunisia

Un think tank à vocation juridique et politique

2011-10-25

 

Un think tank à vocation juridique et politiqueLe Dr Ibrahim Al-Omari est superviseur du centre international d’études juridiques de Tunis. Une série de guides juridiques pour les partis politiques en Tunisie est en cours de réalisation dans son institut de Tunis. Le lieu a récemment ouvert . Interview.

Quels sont les objectifs et les programmes du centre?
Nous voulons publier des livres et organiser des séminaires juridiques. Il s’agit aussi de se placer en tant que think-tank politique en lien avec les affaires juridiques. Dans un futur proche, nous allons aider des partis politiques à promouvoir une culture de la coexistence, du pluralisme, en lien avec des associations et examiner le rôle de la société civile et son importance.

Quel est le rapport entre les partis politiques et le domaine juridique?
Si le matériau est assez riche on peut imaginer un livre adapté aux idées de chaque parti, ou pourquoi pas un ouvrage regroupant les idées juridiques des partis rassemblés en grands groupes en consacrant un chapitre à chacun de ces partis par exemple.

Comment travailler sans parti pris?
Nous travaillons directement sur la matière qui est fournie par les partis eux-mêmes. Nous allons assurer l'objectivité et essayer de prendre en compte tous les aspects des partis que ce soit en termes de programme, d’objectifs et encore d'idéologie. Nous allons aussi souligner leurs liens ou leur proximité avec l'ancien système.

Avons-nous atteint la maturité politique pour créer une Tunisie plurielle?
Les Tunisiens sont intelligents et sont capables de créativité mais n'ont pas l'expérience pratique à cause de l'absence de démocratie pendant plus d'un demi-siècle. Difficile, donc, d’entrer dans un combat politique. En lieu et place de la compétition politique, les Tunisiens mènent le combat pour la liberté et pour terminer le processus entamé pendant la révolution.

Comment expliquez-vous le système multi-partis? En quoi représente-il l'intérêt de la transition démocratique?
C’est un phénomène sain parce qu'il représente une manifestation de la démocratie politique et une forme de participation aux affaires publiques. Si la transition vers la démocratie exige la liberté de pensée, d'expression, la liberté, l'égalité, l'indépendance de la magistrature et l'impartialité de l'administration, elle exige aussi la liberté de s'organiser politiquement sous la forme de partis, de syndicats et d’associations. Ce système peut donc servir les intérêts de la transition démocratique à l'état naturel; il est dans la société tunisienne qui a été ouverte à la pensée pluraliste.

Comment travaillez-vous?
Nous terminons le travail intellectuel en nous efforçant autant que possible d'être objectifs dans notre travail. Nous allons au-devant des professionnels, des politiciens, du grand public en direct ou via l'Internet. Nous adressons ensuite les critiques aux partis concernés qui nous répondent sur ces points.

Qu’en est-il du rapport argent et politique?
Tout d'abord, l'argent politique est devenue l'épée de Damoclès suspendue au-dessus des partis. L’argument est souvent utilisé dans le débat. Dans la presse ou les informations télévisées, des rumeurs au sujet de la distribution de fonds dans certaines régions du sud, circulent. Cela nécessite la validation par l'enquête judiciaire des autorités compétentes.

 


Béni Elixir
(Octobre 2011)