Manuel Horrillo: Rappeler la guerre coloniale du Rif
2008-05-30
Rif 1921. Une histoire oubliée du réalisateur espagnol Manuel Horrillo. Cette coproduction réalisée en 2008 par Tarifa Digital Pictures, Maestranza Films, Canal Mundo Ficción et la Télévision espagnole entend réanimer la mémoire de ce qui est tombé dans l’oubli. Au début du siècle dernier, l’Espagne et la France se sont affrontées à la résistance du Rif au cours d’une guerre dévastatrice.

Le 22 juillet 1921, dans les montagnes du Rif, au nord du Maroc, l’armée coloniale espagnole essuya la pire des défaites de son histoire contemporaine : le désastre d’Anoual. Pendant six longues années, le commandant Abd El Krim et ses troupes firent front à l’occupation, jusqu’à ce que la France et l’Espagne décident de s’allier pour les combattre. Bien que le conflit ait pesé sur la vie politique espagnole de l’époque, c’est un épisode de l’histoire qui, de nos jours, est tombé dans l’oubli. Pourtant la tragédie vécue, il y a 80 ans, est encore bien présente dans l’esprit de ceux qui y participèrent et de ceux qui la subirent.
Le film de Horrillo revalorise le rôle de ces combattants et nous les présente dans une nouvelle perspective historique.
Le film de Horrillo revalorise le rôle de ces combattants et nous les présente dans une nouvelle perspective historique.
Rencontre avec Manuel Horrillo:
Pourquoi revenir sur cette guerre enterrée depuis 80 ans?
L’idée de réaliser ce documentaire est née principalement de la fascination qu’exerçaient sur moi le désastre d’Anoual et la guerre du Rif, un fait historique fondamental et cependant presque totalement effacé des mémoires, tant en Espagne qu’au Maroc. Cette guerre a marqué, de manière fondamentale, le cours de l’histoire des deux pays ; ce fut un malheur inutile et injuste. Il fallait la raconter.
Que pensez-vous d’initiatives comme le cycle du cinéma hispano-marocain organisé par l’Académie du Cinéma?
Je crois que l’Académie a tout à fait raison de promouvoir des initiatives susceptibles de créer des synergies avec nos voisins méditerranéens et, plus particulièrement, avec le Maroc auquel nous sommes étroitement unis et avec lequel nous avons de grands défis à relever dansl’avenir. Nous sommes plongés, sans aucun doute, dans une culture métisse. Nous devons continuer de créer ensemble, de construire de nouveaux langages. Et tout élan, toute initiative culturelle susceptibles de mieux nous reconnaître et de travailler coude à coude seront bienvenus.
Saray García
(30/05/2008)
(30/05/2008)
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