Métamorphose selon Béatrice Libert
2007-11-09

J’enserre en moi ce prénom que tu portes
talisman d’un été pour un hiver sans fin
Vois je te parle
Il nous tient prisonniers ce temps qui nous dévore
cruel renard contre nos ventres doux
et nous nous épuisons en ses métamorphoses
en épelant son vide en guise de trésor
trapèze où l’équilibre tient au fil du précaire
parenthèses volées aux psaumes des mains nues
dressés contre nos maux
temps chrysalide où le présent vacille
escarmouche de roses et de lentes guenilles
temps cru mâché craché bourrache imprévisible
impromptu d’un catarrhe chronique
eczéma allergique sur le prurit des dieux
ô temps qui nous débaptises et nous scléroses
ô temps qui nous momifies je hais ta pourpre ta froideur
Le glaive que tu brandis ouvre sans fin la glaise
où nous tombons épais de rêves contrefaits
Je me heurte à l’arête du destin
invisible muraille autour de ma pensée
Les gestes que j’ébauche n’ont nul écho porteur
et je meurs d’épouvante au seuil de ta demeure
***
Parfois on va vers le jardin d’enfance
par le chemin dénoué des métamorphoses
L’arbre est un dieu qui danse
et qui sourit de nos candeurs
La pierre ressasse son passé
L’étang retient sa peine
dans la résille de sa lumière
Le pré pensif compte ses brins
que le vent lisse amant du soir
L’écoute est blanche neige intranquille
où floconne une joie de premier pas d’enfant
Le vert guérit nos plaies ouvrant le jour et nos paresses
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