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Algeria

Mise sous scellés des bureaux des médias algériens Radio M et Maghreb Emergent et arrestation de son directeur Ihsane El Kadi (communiqué)

2022-12-26

Des agents de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), au nombre de six, ont procédé ce samedi 24 décembre à la mise sous scellés des locaux de Radio M et Maghreb Emergent dans le centre-ville d’Alger (Algérie).

Mise sous scellés des bureaux des médias algériens Radio M et Maghreb Emergent et arrestation de son directeur Ihsane El Kadi (communiqué) | Babelmed

Arrivés vers 15 heures au siège de l’entreprise, sise à Place “Maurice Audin” à Alger, en compagnie du directeur de Radio M et Maghreb Emergent, Ihsane El Kadi, menotté, ces agents ont invité les journalistes et les employés présents à vider les lieux avant de procéder à la perquisition des locaux.

Outre le matériel informatique, ces agents ont saisi des ordinateurs, des cachets et des documents avant de quitter les lieux en emmenant avec eux le directeur Ihsane El Kadi.

Cette perquisition intervient au lendemain de l’interpellation d’Ihsane El Kadi à son domicile. On ignore pour l’heure les raisons de cette interpellation et de la perquisition opérée par les services de sécurité

Elle intervient également au lendemain de la diffusion de deux émissions et de la publication d’un article se rapportant au deuxième mandat du président Abdelmadjid Tebboune et à l’organisation du Hirak.

La mise sous scellés des locaux de Radio M et Maghreb Emergent et l’arrestation de son directeur, en violation des Lois de la République, s’inscrit visiblement dans une intense campagne d’intimidation et de harcèlement qui ciblent ces deux médias et son directeur depuis deux ans.

Elle vise à étouffer une voix qui continue, malgré tout, à exercer ses droits consacrés par les Lois de la République et à porter la voix, le regard, des sans voix et de l’« Algérie d’en bas ».

Indignés par cette opération, les journalistes et employés des rédactions de Radio M et Maghreb Emergent dénoncent cette cabale sans nom contre le journaliste, Ihsane El Kadi, dont le seul tort est d’exprimer librement ses opinions et d’ouvrir les colonnes de ses journaux à tous les courants d’opinion de la société. Ils expriment une vive inquiétude quant au sort du journaliste et tiennent pour responsable les autorités de tout ce qui adviendra.

Au-delà du sort des employés qui voient leur outil de travail confisqué, ils tiennent à témoin l’opinion nationale et internationale des dérives répressives contre la liberté de la presse, la liberté d’expression et des libertés fondamentales consacrées par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie.

Les rédactions de Radio M et Maghreb Emergent