Révolutions
Tunisia
L’évolution des «printemps arabes»
2013-02-14
Le FSM aura lieu en Tunisie. Là où a commencé le nouveau cycle de luttes et
de révolutions. Les insurrections méditerranéennes portent une espérance
révolutionnaire. Ce qu¹il y a de nouveau dans ce cycle de révolutions est en
gestation ; il n¹est pas prédéterminé. La période amène à ouvrir la
discussion publique sur les révolutions et les ruptures. Quelques pistes
peuvent être dégagées.
Le temps des révolutions est un temps long et n¹est pas linéaire. Les
ruptures ne sont pas définitives. Certaines situations sont déviées pour
ramener les insurrections populaires à des guerres civiles. Les révoltes
populaires contre les régimes dictatoriaux confrontés à des répressions
sanglantes ouvrent, de plus, la possibilité à toutes les manoeuvres des
puissances dominantes et environnantes. Elles rendent plus difficile la
perception des enjeux de long terme par rapport aux situations dramatiques.
Au-delà de la démocratisation, étape nécessaire, une orientation alternative
à la mondialisation capitaliste est aujourd¹hui en gestation. Elle doit
répondre aux contradictions sociales, écologiques, géopolitiques,
démocratiques. Un autre enjeu majeur est celui d¹une nouvelle phase de la
décolonisation qui correspondrait au passage de l¹indépendance des Etats,
qui a caractérisé la première phase de la décolonisation, à
l’autodétermination des peuples. Cette nouvelle phase de la décolonisation
ne se réduit pas à la montée en puissance des pays dits émergents. Elle se
construit dans la convergence des mouvements qui a progressé dans l’espace
des Forums sociaux mondiaux. Cette nouvelle phase de la décolonisation va
mettre sur le devant de la scène les questions de l’épuisement des
ressources naturelles, particulièrement de l’eau, du climat, de la
biodiversité, du contrôle des matières premières et de l’accaparement des
terres.
Une part de ce qui est nouveau cherche son chemin à l’échelle des régions et
N’est visible qu’à l¹échelle d¹une génération. L’Amérique Latine est sortie
des dictatures il y a moins de trente ans. La démocratisation a donné
naissance à une période de démocraties bourgeoises. Ces régimes ont mis en
place des systèmes de croissances néolibérales, conformes à la logique
dominante, et des démocratisations plus ou moins limitées. Et les Etats-Unis
sont passés du contrôle des dictatures à des formes de contrôle des
démocraties bourgeoises. Mais, dans ce processus, de nouveaux mouvements
sociaux et citoyens se sont développés, modifiant la situation dans de
nombreux pays et dans la Région en ouvrant la possibilité à de nouvelles
évolutions.
Dans la région Maghreb-Machrek, les contradictions vont s’amplifier entre
les tentatives de régimes conservateurs et les nouveaux mouvements sociaux
et citoyens. Que seront les nouveaux mouvements sociaux et citoyens qui vont
se construire dans la nouvelle période. C’est dans cette perspective que se
situe la réflexion sur l’évolution de l’islam politique. C’est aussi dans
cette situation que la réalité migratoire dans toutes les régions montre
l’importance, exacerbée par la crise, du racisme et de la xénophobie dans
toutes les sociétés. Les sociétés sont multiples et le rejet de l¹étranger
met en danger la cohésion de chaque société.
Le FSM de Tunis permettra l¹expression de l’émancipation des peuples de la
région : tunisien, marocain, sahraoui, algérien, égyptien, syrien. Le
peuple palestinien sera à l’honneur avec notamment la présentation des
conclusions du tribunal Russell sur la Palestine et la marche de clôture du
Forum qui lui sera dédiée.
*Gustave Massiah est représentant du CRID au Conseil International du FSM
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