Tunisia
La stratégie des mouvements
2013-02-14
De nombreuses propositions immédiates qui ont été avancées dans le Forums
depuis dix ans. Par exemple : la suppression des paradis fiscaux et
juridiques ; la taxe sur les transactions financières ; la séparation des
banques de dépôts et des banques d¹affaires ; la socialisation du secteur
financier ; l’interdiction des marchés financiers dérivés ; les
redistributions de revenus ; la protection sociale universelle ; etc. Ces
propositions ne sont pas révolutionnaires en elle-même. Elles sont reprises
aujourd¹hui par des économistes de l¹establishement et même par certains
gouvernements. Mais ces déclarations ne sont pas suivies d’effet car elles
nécessitent une rupture avec le dogme néolibéral et la dictature des marchés
financiers. Et ce sont toujours ces forces qui sont dominantes et qui
n¹accepteront pas, sans affrontements, de renoncer à leurs gigantesques
privilèges. Dans le FSM la question posée est de mener les mobilisations à
la hauteur des enjeux.
Une orientation alternative s’est dégagée dans les forums sociaux mondiaux.
On peut organiser chaque société et le monde autrement que par la logique
dominante de la subordination au marché mondial des capitaux. On peut
organiser chaque société et le monde à partir de l¹accès aux droits pour
tous et de l¹égalité des droits, du local au planétaire. Les mouvements
sociaux préconisent une rupture, celle de la transition sociale, écologique
et démocratique. Ils mettent en avant de nouvelles conceptions, de nouvelles
manières de produire et de consommer. Citons : les biens communs et les
nouvelles formes de propriété, le contrôle de la finance, le buen-vivir et
la prospérité sans croissance, la réinvention de la démocratie, les
responsabilités communes et différenciées, les services publics fondés sur
les droits, etc. Cette rupture est engagée dès aujourd¹hui à travers les
luttes, car la créativité naît des résistances, et des pratiques concrètes
d¹émancipation qui, du niveau local au niveau global, préfigurent les
alternatives
Entre la question de l¹urgence, celle de la dictature du réalisme, et celle
de la transformation structurelle, les mouvements sont confrontés à la
nécessité de définir une nouvelle pensée stratégique. D¹autant que les
mouvements sont confrontés à la question très difficile des nouvelles
stratégies militaires, celle de la guerre sans fin et de la déstabilisation
systématique.
*Gustave Massiah est représentant du CRID au Conseil International du FSM
Lire aussi