Egitto
Révolution égyptienne, l’exception- nalisme israélien
7 febbraio 2011
Michel Warschawski
Inquiétude et peur caractérisent la réaction de la rue israélienne. Les Israéliens soudain se souviennent qu’il existe un accord de paix entre Israël et l’Égypte, et que ce traité est un « atout stratégique », que le Président Moubarak est un allié important, et que la « paix froide » israélo-égyptienne a économisé des millions de dollars au ministère de la Défense d’Israël. De plus, si un citoyen israélien moyen peut encore accorder quelque crédit (limité) aux dirigeants arabes, surtout s’ils portent costume et cravate et parlent anglais correctement, les masses arabes, elles, lui font peur. À ses yeux racistes, les masses arabes sont à jamais passionnées, « incitées » et débordantes de haine pour tout ce évoque la culture (occidentale) et bien sûr, ces masses sont anti-israéliennes et antijuives. Les masses arabes constituent une menace stratégique et ne peuvent donc inspirer que la peur, et non l’empathie.
Et s’agissant de l’establishment d’Israël, avec tous ses instituts de Renseignements, il a complètement oublié que dans le monde arabe, il y a une chose qu’on appelle «la rue», qui est capable de parler, de crier, de se mobiliser et même de renverser des régimes. Il n’est pas surprenant, par conséquent, que cet establishment recherche frénétiquement «mais qui donc est derrière les manifestations»: les Frères Musulmans, Ben Laden, l’Iran...? L’ancien chef du Service général de la sûreté, Avi Dichter, nous a même expliqué à la télévision que la surprise des autorités des Renseignements israéliens ne devait pas nous inquiéter... parce qu’ils ne possèdent pas les outils pour prédire les soulèvements populaires (il a même rappelé sans honte que lui et ses amis ne s’étaient pas attendus ni à la Première Intifada, ni à la Deuxième) ou les changements de régimes. L’aveu de l’ancien chef du SGS est, certes, encourageant, mais s’il en est ainsi, pourquoi devons-nous leur payer des salaires, et ne vaudrait-il pas mieux affecter les énormes budgets du poste Renseignements à ceux de l’Enseignement et du Logement public ?
Shimon Peres avec Angela Merkel
Le monde, selon le Président israélien Shimon Peres: il y a un monde cultivé, dont fait partie Israël, qui mérite un régime et des élections démocratiques, et il y a un monde de ratés et d’ignorants qu’il ne faut pas laisser maître de son propre destin, et qui requiert une dictature pour l’arrêter de faire n’importe quoi. En réalité : le peuple cultivé israélien a démocratiquement élu un Lieberman et ses copains - des intellectuels vraiment cultivés. Nous espérons que le parlement égyptien qui sera élu lors d’élections démocratiques donnera au peuple égyptien des représentants plus dignes. Il est certain que les Égyptiens ne trouveront pas de responsables plus pathétiques que ceux que nous avons ici, en Israël.
Michel Warschawski
Article publié dans le site info-palestine.net le 6 février 2011
www.info-palestine.net/
Article publié dans le site info-palestine.net le 6 février 2011
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