Syria
La dame de Damas
2013-03-18
«C’est une guerre civile Martelait le tyran De sa voix haut perchée De bourreau négligent Le concert des nations Endossa le postiche Remplissez les charniers On ne prête qu’aux riches…» Poème écrit par Jean-Pierre Filiu et récité par Sapho.
Je suis né sous le père
J’ai grandi sous le fils
J’ai dû chanter leur gloire
J’ai enduré leurs vices
Jamais de jamais je
N’aurais cru voir leur fin
Jamais de jamais je
N’aurais cru vivre enfin
Ce fut une longue nuit
Longue de quarante ans
Ce fut l’ère du mensonge
Le règne des brigands
J’ai perdu mes amis
J’ai langui mes parents
J’ai ruminé ma peine
J’ai enterré l’instant
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Ce ne sont pas des lions
Ce ne sont que des chiens
Aboyeurs enragés
Ivres de leur venin
La Syrie leur est due
Et nous sommes leurs serfs
Un pays aux Assad
Et pour nous la misère
Nous n’étions que deux cents
Quand le mur est tombé
Le mur de cette peur
Longtemps accumulée
Un cri de nos poitrines
En écho a vibré
Nous ne voulons que Dieu
Syrie et liberté
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’était au mois de mars
Deux mille onze est l’année
Nous n’étions que deux cents
Sur nous ils ont tiré
Cette armée surarmée
Ne sait qu’est la pitié
D’un vendredi à l’autre
Nous devînmes des milliers
Il portait un couffin
Vers la ville assiégée
Les marches étaient de paix
En rameaux d’oliviers
Il n’avait que treize ans
Ils l’ont défiguré
Hamza est son prénom
De toute éternité
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’est une guerre civile
Martelait le tyran
De sa voix haut perchée
De bourreau négligent
Le concert des nations
Endossa le postiche
Remplissez les charniers
On ne prête qu’aux riches
Les mots pâlissent face
A ce fracas d’horreur
Carnages et maisonnées
Emportées avant l’heure
Gare aux dénonciateurs
Frémit chaque Syrien
Les fantômes torturent
Au nom d’Assad ou rien
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Abandonnés du monde
Nos larmes étaient de sang
Toujours porter le deuil
Râles jetés au vent
Pourtant oui tenir bon
Résister résister
Peu à peu progresser
Et l’étau desserrer
Mais tout a une fin
Même la barbarie
Nous en tremblons le jour
Nous en rêvons la nuit
Dans leur haine sans fond
Ils veulent nous plonger
Nous serons plus forts qu’eux
Nous saurons pardonner
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Cette dame je la chante, c’est la Révolution
Sur les murs de Syrie j’écris partout son nom
Jean-Pierre Filiu
Janvier 2013
Lire aussi
