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Libération du journaliste Ihsane El Kadi en Algérie

2024-11-01

Le journaliste algérien Ihsane El Kadi, cofondateur et directeur des médias électroniques Radio M et Maghreb Emergent, vient de recouvrer la liberté après presque deux années d’emprisonnement.

Libération du journaliste Ihsane El Kadi en Algérie | Babelmed

Ihsane El Kadi libre auprès de sa famille. Crédit : Facebook

Cette libération advenue à la faveur de la grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune en ce 1er novembre, date anniversaire du déclenchement de la guerre d'indépendance, sonne la fin d'une longue détention arbitraire.

 

Arrêté dans la nuit du 24 décembre 2022 à Alger et écroué le 29 décembre, le journaliste avait été condamné le 18 juin 2023 à sept ans de prison, dont cinq ans ferme et deux avec sursis. Une peine inique prononcée en appel qui a alourdi la condamnation en première instance déjà extrêmement sévère de cinq ans de prison dont trois ans ferme et deux avec sursis. Après l'élection présidentielle du mois de septembre qui a vu la réélection d'Abdelmajid Tebboune, Ihsane El Kadi avait été maintenu en prison mais sa peine avait été commuée en trois ans de détention au lieu de cinq.

 

Une presse algérienne asphyxiée

 

Condamné pour des accusations de "financement étranger" et de "mise en danger de la sûrteé de l'Etat", le journaliste reconnu pour son professionnalisme, était devenu à la faveur d'une campagne de soutien internationale le symbole de la résistance contre l'asphyxie médiatique. L'absence de fondements des accusations a d'ailleurs été mise en évidence par ses avocats qui ont dénoncé à de multiples reprises les irrégularités du procès.

 

L'organisation Reporter Sans Frontières (RSF) qui n'a eu de cesse d'appeler à une libération immédiate du directeur a ainsi déclaré, par la voix de son représentant en Afrique Khaled Drareni, qu'Ihsane El Kadi "n'aurait jamais dû être emprisonné".

Il faut désormais espérer que cette libération soit aussi le signal d'une levée des restrictions à la liberté de la presse. 

Depuis 2019, la scène médiatique algérienne s'est considérablement réduite sous la contrainte politique et le harcèlement judiciaire. Plusieurs médias majeurs ont disparu dont le quotidien privé Liberté en 2022 et la webradio Radio M, éditée par l'agence de presse Interface médias, en 2024.

 

Une dizaine de détenus en lien avec le mouvement du Hirak, parmi lesquels Mohamed Tadjadit et Mohad Gasmi, ont également bénéficié de la grâce présidentielle ainsi que deux journalistes, Omar Ferhat et Sofiane Ghirous, du site d’information Algeria Scoop, en détention provisoire depuis juin 2024. Plus de 200 détenus d'opinion demeurent toujours sous les verrous.