Un avenir sans illusions

2026-03-08

Palestine, Irak, Rwanda, Yougoslavie, Afghanistan, Ukraine, Gaza, Cisjordanie, Liban, Iran… Les noms changent. Le bruit des bombes demeure le même.

 

Un avenir sans illusions | Babelmed

Aquarelle, Natalène Galli

Nos vies semblent rythmées par la répétition des mêmes catastrophes. Les guerres se succèdent, les villes sont bombardées, les civils fuient ou meurent, et les images circulent avec une rapidité qui finit par anesthésier les consciences.

 

Ce qui épuise, bien plus que les guerres, c’est la dissonance — celle qui s’installe entre les valeurs proclamées d’un côté et ces mêmes valeurs foulées aux pieds de l’autre : la liberté, la démocratie, le droit international, la protection des civils, la dignité humaine. Ces mots ont structuré des générations entières. Aujourd’hui, ils semblent flotter au-dessus du réel comme des principes sans prise, invoqués dans les discours et suspendus dans les faits.

Quand on enseigne, cette dissonance devient vertigineuse. Comment parler encore de justice, de mémoire, de droit ? Comment transmettre encore des textes, des langues, une Histoire quand dehors, les bombes continuent de tomber et les justifications s’empilent avec une froide assurance ?

La violence ne disparaît jamais. Elle change seulement de corps et le corps en garde la trace. Comme quelque chose qui sommeille et qui, en temps voulu, se souvient des tensions anciennes, des peurs, des appréhensions vécues — et à venir.

 

Le refus de subir l’injustice.
Les mensonges travestis en vérités.
Et ce constat amer : celui d’un monde qui répète ses échecs.

 

Une angoisse sourde enserre alors la poitrine. On se demande si c’est la fin du voyage — la fin de la Station.

 

Plus rien n’a vraiment de sens quand la mort devient une possibilité si ordinaire. À quoi bon rêver ? À quoi bon avancer ? À quoi bon continuer à transmettre des principes dans un monde qui s’applique à démontrer qu’ils ne comptent plus, tout en clamant le contraire ?

 

L’Occident s’entête à marteler ses leçons tandis que ses propres crimes sont passés sous silence. Et l’on découvre de jour en jour comment des pratiques — de celles que l’on croyait réservées à d’autres — peuvent surgir au cœur même de systèmes… qui prétendent incarner ce qui est juste.

 

En ce 8 mars, journée censée célébrer les droits des femmes, ces mots résonnent avec tristesse et pessimisme.

 

L’avenir se dérobe sous le poids des illusions.

 

 

Lire aussi