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France

MUZZIKA ! BABA WAZO, « Animal » : La nouvelle chanson française, créative et métisse

2022-03-06

Nous n’avions jamais entendu parler de Baba Wazo (La Belle Électrique, Inouïe Distribution), et sur leur page Facebook, le groupe se définit comme « Musique francophone du monde ».

MUZZIKA ! BABA WAZO, « Animal » : La nouvelle chanson française, créative et métisse | Babelmed

Je déteste les mots « francophone » et « francophonie », qui sonnent très « époque coloniale » pour moi, et je suggérerais à nos brillants artistes de se rebaptiser - éventuellement - « Chanson française du monde ».

 

Mais les étiquettes n’ont guère d’importance, et, sans rien connaître de ce groupe, nous avons mis le disque sur notre platine… et avons été séduite dès les premières minutes ! Une introduction musicale à la guitare et aux claviers ponctuée d’une douce rythmique, qui nous « emmène » au bout de quelques secondes, et bientôt la première chanson, « L’esprit cavalier » (« J’ai l’esprit cavalier / Qui m’emmène au galop… »), nous enlève littéralement, et nous embarquons avec plaisir aux côtés du chanteur-cavalier (Basile Théoleyre), sur son beau cheval blanc, ou brun ou autre d’ailleurs !

 

Des textes qui veulent dire quelque chose et des musiques sophistiquées et créatives parfaitement maîtrisées : Dieu merci la chanson française de qualité vit encore, et Baba Wazo nous a fait penser à ses cousins Les Becs Bien Zen ou les Zoufris Maracas. Chanson française de qualité que l’on entend sur la radio-curieuse FIP, mais qui est quasi-inexistante sur les grandes chaînes de télévision…

Paroles et musiques, qui doivent être de qualité égale pour faire de bonnes chansons : ici nous avons autant apprécié les parties instrumentales de « La Vie » (avrec une bienvenue et originale trompette), que les paroles irrévérencieuses de « Paresse » : « Sur mon transat en solitaire/ Je brasse du vent je vends de l’air/ Et comme on ne m’en achète pas beaucoup/ J’attends et j’enchaîne les verres (les vers?) ». Et apprécié d’entendre « Sanza Tristesse », reprise d’une chanson du grand Francis Bebey, immense musicien et musicologue camerounais un peu oublié de nos jours.

Baba Wazo - que l’on pourrait traduire par « Papa Oiseau » en dialecte arabo-créole : un nom métisse pour une chanson française qui l’est tout autant !

Commander le disque ici.