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Italy
Les funérailles réservées au Cavaliere divisent l'Italie
2023-06-16
Suite à la mort de Silvio Berlusconi, survenue ce 12 juin, la décision du gouvernement Meloni de décréter une journée de deuil national, et de suspendre les travaux du parlement pour sept jours, fait polémique.
Silvio Berlusconi, crédit : Wikicommons
Alors que l’Italie a célébré, ce mercredi 14 juin, des funérailles d’État pour le Cavaliere, la décision du gouvernement Meloni de décréter une journée de deuil national, et de suspendre les travaux du parlement pour sept jours, fait polémique. Rarement un chef d’État a autant divisé l’opinion publique, expliquent ceux qui s’en indignent, soulignant que des personnalités telles que Aldo Moro ou le juge anti-mafia Giovanni Falcone n’eurent pas un tel traitement.
Ainsi le recteur Tomaso Montanari a décidé de ne pas mettre le drapeau de l’Université pour étrangers de Sienne en berne : « Berlusconi a certes marqué l'histoire, mais il l'a fait en laissant le monde et l'Italie dans un état bien pire que celui dans lequel il les avait trouvés, a-t-il écrit. De la P2 aux relations avec la mafia via Dell'Utri, du mépris de la justice à la marchandisation de tout (à commencer par le corps des femmes, dans ses programmes télévisés), de l’absolution des fascistes au gouvernement au mensonge comme méthode systématique... En cela, et dans bien d'autres domaines, Berlusconi a été l'exact opposé d'un homme d'État, voire l'inversion grotesque du projet de la Constitution ».
Dans Il fatto quotidiano, le journaliste le plus honni de Berlusconi, Marco Travaglio, rappelle que l’ex Premier ministre a eu 36 procédures dont deux encore en cours : le procès « escorte » à Bari où Silvio Berlusconi est accusé d’avoir payé l'homme d'affaires Gianpaolo Tarantini pour qu’il fasse de fausses déclarations aux procureurs qui enquêtaient sur les prostituées conduites, entre 2008 et 2009, dans ses résidences. L'autre enquête est celle qui a été réouverte par le parquet de Florence, après avoir reçu de Palerme les interceptions des conversations en prison du patron de Cosa nostra Giuseppe Graviano : Silvio Berlusconi et Marcello Dell’Utri ont été mis en examen comme possible instigateurs des massacres mafieux de 1992 et 1993.
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