Muzzika
Morocco
Le festival des Gnaouas, clichés et hors clichés
2016-05-23
Pour sa 19ème édition et comme à son habitude, le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira a tenu sa promesse ; celle de faire danser les vivants et honorer les regrettés.
Le concert d’ouverture a été l’occasion de rendre un hommage posthume à Mahmoud Guinéa, figure emblématique de tagnaouite à Essaouira qui a vu naître le festival, et à Doudou N’diaye Rose, virtuose de la percussion que l’UNESCO avait classé comme patrimoine humain vivant. La scène de Moulay Hassan n’a jamais été aussi pleine et colorée. La famille Guinea, avec Houssam au guembri et Maâlem Mokhtar Guinea, et douze des quarante-deux enfants de Doudou Rose N’diaye se sont faits accompagner, sur scène, par Rachida Talal pour une heure d’enchantement sensoriel.


Mâalem Kouyou a ensuite rejoint les membres du Jeff Ballard Trio se sont surpassés pendant leur concert placé sous le signe de l’improvisation.

Le concert d’ouverture a été l’occasion de croiser les VIP d’Essaouira et d’ailleurs. On retiendra particulièrement, et comme chaque année, la présence d’André Azoulay, saint patron du festival et natif d’Essaouira.
Le public entier, de 7 à 77 ans, dansait comme si personne ne regardait sur les rythme de Maâlem Abdeslam Alikane et des Songhoy Blues, venus tout droit de Bamako après avoir connu la guerre civile à Tombouctou.
Le chanteur Aliou Touré mobilisait le moindre de ses muscles pour ses danses frénétiques pour le plus grand plaisir de son public qui en redemandait, mais à la déception de tous, Mâalem Abdeslam Alikane a préféré ne pas gratifier son infatigable public d’un encore.

Ce festival est également l’occasion de se délecter de la ville elle-même. Mini concerts et spectacles de rue, donnés par des festivaliers déterminés à rentabiliser leur voyage, ont clairsemé la ville en attendant le début des concerts.


Randy Weston, ou le « Docteur en musique » pour les connaisseurs, a rendu honneur à la musique du Maroc qui l’a accueilli pendant les années 1960, quand il a quitté les Etats-Unis pour développer ses sonorités africaines.

A mi-chemin entre le Maroc et les USA, Hassan Hakmoun a dévoilé son répertoire de tagnaouite moderne, avant de céder la place aux très attendus membres de Hoba Hoba Spirit, qui ont été rejoint ensuite par Mehdi Nassouli, éminente figure de la relève gnawi.




Parce qu’une fois n’est pas assez, Mâlame Mokhtar Guinéa est remonté sur scène avec les enfants de Doudou N’diaye Rose, juste après la projection du film relatant le parcours de son frère, feu Mahmoud Guinéa. Ceci dit, le plat de résistance de la soirée était indéniablement le concert de Hamid Kasri.





Cette édition a démarré avec un hommage et s’est terminé par un autre, celui rendu à feu Tayeb Saddiki, enfant terrible d’Essaouira qui a été témoin de la naissance de groupes marocains mythiques, du calibre de Nass El Ghiwane, Lamchaheb et Jil Jilala. Il a été honoré par le fondateur de l’un de ces groupes, Mohamed Derhem, le temps d’un concert où Nabil Khalidi, Maâlem Mustapha Baqbou et Omar Sayed ont également été invités.


Nouhad Fathi
Contenu publié dans le Desk et repris par babelmed dans le cadre du programme Ebticar.
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