MUZZIKA ! ITALIE-BRÉSIL : SAMBUCA, « Luz »

SAMBUCA, « Luz » (Prodastar/Inouïe Distribution)

Voilà un album magnifique ! Le duo Sambuca, composé du guitariste Roberto Stimoli et de la chanteuse Irene Amata, nous était totalement inconnu, et voilà une superbe découverte, pour tous les amoureux de musique brésilienne - et pour les autres !

« Canto de Oxalufa » de Vinicius de Moraes et Toquinho ; « Vera Cruz » de Milton Nascimenton ; « Luz negra » de Nelson Cavaquinho, ou « Chega de Saudade » de Tom Jobim et V. de Moraes : le duo mêle compositions célèbres et titres plus confidentiels, tel le délicieux « Expresso 2222 » de Gilberto Gil, chanté et interprété tout aussi délicieusement par Irene et Roberto…

Tout est parfait : la voix chaude et veloutée d’Irene et la guitare claire et pourtant riche de Roberto (tout guitariste sait à quel point la musique brésilienne est complexe à jouer, et parvenir à cette limpidité est du grand art ! ), et cette version épurée, voix/guitare, convient parfaitement à l’atmosphère intimiste de la bossa-nova, comme le montre l’excellent et magnifique documentaire de Pierre Barouh, « Saravah », dans lequel il filme ces moments de musique improvisés entre amis, au Brésil dans les années 60, avec Vinicius, Tom Jobim ou Maria Bethania, chantant dans un resto de plein air, dans le jardin d’une villa, avec une seule guitare pour accompagnement…

L’album « Luz » (Lumière, en brésilien) devait être présenté en mai au Studio de l’Ermitage à Paris, et nous attendons avec impatience d’écouter ce duo sensible en live ! Au fait, une précision : Roberto et Irene (titre d’une célèbre chanson brésilienne !:))) sont italiens, et ils nous chantent ici - ou plutôt réinventent totalement, comme ils le font des autres titres - dans leur langue originale, ces succès que sont « Estate » de l’Italien Bruno Martino et « La Javanaise » de Serge Gainsbourg. Ils sont italiens de passeport mais bien brésiliens d’âme : la preuve, ils accompagnent de grands artistes brésiliens tels Luis Zé Nascimento, Julio Gonçalves, Wander Pio, Laurent de Oliveira, Acelino da Paula ou Pablo Schinke.

Brésiliens de coeur, brésiliens dans leur âme, comme nous sommes « quelques-uns de par le monde » à l’être, pour reprendre une expression de Blaise Cendrars dans l’un de ses poèmes, lui qui était Suisse mais totalement « Brésilien dans son coeur », comme l’aurait chanté Pierre Barouh, autre Brésilien de coeur…

https://www.sambuca.online

Se procurer le documentaire exceptionnel « Saravah » de Pierre Barouh, tourné auprès des musiciens brésiliens des années 60 :

https://www.lalibrairiesonore.com/index.php?

 

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