Le cinquième Printemps de Sbeïtla | Jalel El Gharbi
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Jalel El Gharbi   
  Le cinquième Printemps de Sbeïtla | Jalel El Gharbi A l’origine du Printemps de Sbeïtla, il y a la volonté d’un jeune professeur de français de la région, Adnan Helali. Ou mieux encore, il y a un dénuement culturel, un appauvrissement que ce jeune a juré de vaincre. Il monte à Tunis, convainc le Ministère du Tourisme et le Service Culturel de l’Ambassade de France de lui faire confiance. Une jeune association voit le jour qui s’attelle à donner de la vie à la culture de la ville. Sbeïtla a un atout majeur: son patrimoine archéologique.

L’ancienne Sufetula et ses multiples monuments: la majestueuse porte d’Antonin qui faisait office d’arc de triomphe, le forum, les trois temples dédiés à Jupiter, à Junon et à Minerve, l’église de Bellator, l’église de Vitalis avec son baptistère orné de mosaïques, l’église du prêtre Servus, les trois fontaines, le théâtre, les thermes, l’amphithéâtre, l’huilerie et au fond du site, en apothéose, l’emblème éternel de la ville: l’arc de triomphe qui était la ligne de démarcation entre l’espace urbain et l’espace rural.
Au coucher du soleil, le site retrouve une qualité de silence presque audible.
Un autre atout tout aussi important pour le Printemps de Sbeïtla est la soif de culture. Ici, la jeunesse n’est pas pervertie par l’opulence et son intérêt pour la culture est des plus grands.
Des artistes, des intellectuels, certains des plus confirmés, viennent de Tunis animer des ateliers de peinture, de photographie, de théâtre, d’écriture. Parmi ces artistes, certains sont devenus des figures tutélaires comme Mounir Mabkhout, ancien homme d’affaire qui a renoncé à tout pour assouvir sa soif d’art et ne se nomme plus que «artivore».
Le festival a toujours tenu à s’ouvrir sur les autres cultures dans une perspective de brassage et de rencontres. Aussi le Printemps a-t-il rendu hommage tour à tour à Victor Hugo, à Jacques Brel, à Mahmoud Messadi. La présente session qui se tiendra du 22 au 26 mars fêtera la publication des travaux de l’atelier d’écriture. Une brochure comprenant les travaux de la session précédente vient de paraître, à la grande joie des jeunes. Voici un extrait de cette brochure. C’est un poème de la jeune Jamila Helali:
«Je mets sur un bout de papier triste du noir pour le ciel sombre d’une nuit froide/J’étale sur le ciel de la neige en petits points blancs/J’ajoute une couleur presque jaune pour dire la nuit qui ne transforme pas la nuit en jour…».
Le programme de la 5ème session est alléchant : une troupe des îles Comores, la première du film «el Wachm» (Le Tatouage) de M El Hammami, une pièce de théâtre «Les Voleurs de Baghdad» de l’immense dramaturge Taoufik Jebali, des musiciens d’Irak, de Libye et du Japon. Le tout se déroulera dans une ambiance conviviale, parfois joviale et toujours chaleureuse.
A l’hôtel Sufetula. Les hôtels sont modestes. Ils ont un air de pension de famille qu’un accueil des plus agréables rend sympathique. De l’hôtel Sufetula, la vue sur le site archéologique est imprenable. Les crépuscules sur le site sont un enchantement. Ici le dénuement culturel vire à la richesse par la volonté de quelques jeunes nonobstant le manque des moyens, le manque de subsides. Jalel El Gharbi
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