Istanbul par Ferrandez | babelmed
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  Istanbul par Ferrandez | babelmed Babelmed.net a commencé une revue des Carnets d’Orient que Jacques Ferrandez publie chez Casterman. Sorte de Delacroix contemporain, au regard diamétralement opposé à celui des Orientalistes d’hier, Ferrandez nous emmène à Istanbul, qui fut la ville cosmopolite par excellence.
De bazar en quai du Bosphore, de «vapür» pour la rive asiatique en ballade sur les Iles des Princes, de cafés en…cafés, Ferrandez nous fait partager sa vision de la métropole turque, cette «Istanbul des peuples et des communautés, hymne à la diversité». Sa vision et un peu de sa désillusion aussi, tant il est frappé par le nivellement du cosmopolitisme qui résulte de la mondialisation.

Première impression, premiers mots de l’auteur, la diversité: la tradition et la modernité, la laïcité et la religion, la liberté et la contrainte, l’Orient et l’Occident, l’éphémère et le permanent, ici tout s’entrechoque avec tout. Dans la foulée, une nuance de désillusion:

Mais l’Istanbul cosmopolite, cette New York de l’Orient que je croyais trouver est en train de changer. Les Juifs, les Grecs, les Arméniens, les Slaves et les populations originaires de la mosaïque balkanique ont été remplacés par les gens de la campagne anatolienne. Istanbul par Ferrandez | babelmed Se mêlant aux touristes à Sainte Sophie, arpentant le Grand Bazar, empruntant les rues de Sultan Ahmet ou grimpant la colline d’Eyüp jusqu’au Café Pierre Loti, Jacques Ferrandez, fidèle à lui-même, observe, croque, prend note, discute, s’informe et nous restitue «son» Istanbul. Il essaye tout pour vous - le thé, la visite au Palais de Topkapi, les moules farçies sur un coin d’embarcadère, les cafés branchés, l’office à l’église arménienne – et vous dresse même un inventaire des petits métiers de rue, certains étant d’ailleurs assez inattendus, tels le pèse-personne et le marchand de talismans contre le mauvais œil.

Une exploration détaillée du milieu des médias et de la B.D. permet de découvrir une surprenante liberté de ton et d’images («la satire sociale s’accompagne d’images assez crues»), mais aussi un soigneux balisage des sujets les plus sensibles, tels que le problème kurde ou le rôle de l’armée.

Emporté par moments par la nostalgie du passé, ou abasourdi par la vitesse à laquelle la ville semble se transformer presque sous ses yeux, l’auteur nous entraîne vers la contemplation d’anciennes maisons de bois ou la visite de cimetières musulmans et juifs. Y aurait-il du Nerval et du Loti dans ce Ferrandez? Istanbul par Ferrandez | babelmed Au total, bien mieux qu’un guide de voyage – qu’il ne prétend d’ailleurs pas remplacer – ce Carnet d’Orient dédié à Istanbul aidera le voyageur curieux à mieux préparer son escapade et amusera le visiteur déjà blasé de l’ancienne Constantinople.

A Istanbul, conclut Ferrandez, l’Histoire est partout. Elle a inscrit les siècles de culture et de civilisation, de souffrance et de douleur dans le sol et dans les murs. Elle continue de s’écrire pour demain. Tout ce passé appartient à Istanbul. Mais Istanbul appartient à l’avenir. Rédaction Babelmed
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