Siméon, un saint et un site | Nathalie Galesne, Aquilino Mancini, Jean-Pierre Sodini, Saint-Siméon, Aboul-Hassan Ali, Mont Admirable, Tchalenko, Théodoret de Cyr, Basoufan, Daniel le Stylite, Evagrius, Théodose II, Léon I
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Nathalie Galesne   
Siméon, un saint et un site | Nathalie Galesne, Aquilino Mancini, Jean-Pierre Sodini, Saint-Siméon, Aboul-Hassan Ali, Mont Admirable, Tchalenko, Théodoret de Cyr, Basoufan, Daniel le Stylite, Evagrius, Théodose II, Léon I
Saint Siméon
Parmi les différentes expériences d’ascétisme à travers lesquelles les hommes exprimèrent leur foi sur les terres du Massif Calcaire, celle de Saint Siméon se détache exemplaire, fulgurante, irradiante. Sur la colonne qu’il élève plus haut, toujours plus haut, Siméon repousse les limites du corps, ignore la chaleur, le froid, la faim...
Paradoxe: ce dépassement, obtenu au détriment du corps, a un public. Dans le ciel, au dessus des hommes, Siméon communique avec dieu devant la foule des pèlerins massée au pied de sa colonne, et devient l’objet d’une vénération fanatique. Ils sont venus de tous les coins de l’Orient chrétien, certains du lointain Occident.
Entretien avec Jean-Pierre Sodini (1), un des plus grands spécialistes d’archéologie byzantine pour tenter de mieux comprendre la parcours a-typique de Siméon et l’histoire de son site, devenu haut lieu de la chrétienté orientale.


Quelles sont les grandes étapes de la vie de Saint Siméon?

Saint Siméon arrive vers 12-13 ans à Teleda (vers 403). Il en repart quand il a 21 ans pour Telanisos (vers 412). Siméon par ces actes extrêmes d’ascèse dérangeait la communauté des moines de Teleda. L’higoumène l’expulsa dans un premier mouvement. Comme Siméon était un saint homme, l’higoumène s’aperçut très vite – il eut d’ailleurs une vision pendant la nuit – qu’il avait été en quelque sorte manipulé. Il essaya de retenir Siméon mais celui-ci prit la route pour aller à une quinzaine de kilomètres plus au Nord, à Telanisos, qui est le site actuel Daïr Sim’an, un hameau et un champ de ruines dans le Jabel Sim’an, au Nord de la plaine de Qatura. C’est là que s’élevait au Ve siècle le couvent de Telanisos où saint Siméon a séjourné durant trois ans (jusqu’en 415), avant son ascension sur la colline qui surplombe le village. Là, il aurait passé selon la Vie Syriaque, qui est la source la plus fiable, sept ans en stasis (l’ascète se tient le plus souvent debout immobile), un pied au début relié par une chaîne à un rocher, dans un enclos à ciel ouvert, puis aux environs de 422, il serait monté sur des colonnes de plus en plus hautes (de 11 coudées à 40 coudées [soit 18 mètres] dans les dernières années de sa vie). Il meurt en 459.

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Saint Simeon
Pourquoi choisit-il ce site et devient-il si populaire?

Nous ne disposons d’aucune indication permettant de penser à la prédestination du site que va choisir Siméon. Ce site n’est pas bordé par une route passante. S’il avait voulu se fixer sur une route très fréquentée, saint Siméon aurait choisi de se déplacer de Teleda vers le sud où il y avait, à 15 kilomètres, une route de grand passage reliant Antioche à Chalcis et à Bérée (actuelle Alep). Cela ne signifie pas pour autant que le lieu était particulièrement retiré, comme on l’imagine souvent pour les ermites. D’ailleurs, le pays était irrigué de chemins, le réseau de villages était dense et leurs habitants se déplaçaient d’un site à l’autre facilement.
Siméon apparaît comme un saint à clientèles multiples. D’abord il est par naissance et par implantation un saint paysan, à l’écoute du monde rural qu’il protège contre les « puissants » d’Antioche. Il fédère ce milieu villageois et il intervient, comme les villageois le souhaitent, sur les circonstances météorologiques, sur la santé des bêtes, sur l’environnement . Mais il reçoit les chefs, les gouvernants dans la détresse. Ainsi, saint Siméon aide par ses prières la reine des Ismaélites à avoir un garçon, guérit le fils d’un chef sassanide, puis celui d’un prince arménien. Toutes ces interventions, d’autant plus éclatantes qu’elles touchaient des hommes de pouvoir, retentissaient localement sur des communautés entières qui demandaient à devenir chrétiennes. C’est ainsi que les fameux Ismaélites ont été christianisés. Siméon réussit donc à dispenser la foi en obtenant même des conversions de masse.
Le saint règle souvent des demandes particulières. Mais il fait face aussi à des requêtes collectives. Dans ce cas, des pans entiers de populations se déplacent. Beaucoup de villageois se déplacent avec le chef du village ou le prêtre et concluent avec le saint de vrais contrats de bonne gouvernance. Des villes (notamment Antioche) viennent des représentants de groupes qui s’estiment lésés par d’autres. Les nomades saracènes et ismaélites ont d’autres schémas de représentation et de présence : ce sont les tribus entières qui peuvent se déplacer, voire se disputer entre elles la bénédiction du saint.

Nous savons que Siméon était également connu à l’étranger, à quoi était du ce rayonnement du saint en terres lontaines?
Les nouvelles des miracles extraordinaires de Siméon franchissent fleuves et mers. Les Vies du saint détaillent l’origine des pèlerins. Ils viennent de l’extrême occident mais aussi de Mésopotamie, de Géorgie, d’Arménie, d’Arabie (Homérites). On apprend dans « La vie de Sainte-Geneviève », que la sainte a écrit à saint Siméon. L’autre véhicule de la renommée, ce sont les communautés syriennes très importantes en Occident. Il y en a en Italie, à Grado et à Rome par exemple. Dans cette capitale, les boutiquiers, sans doute syriens, affichent des images de Siméon à la devanture de leurs échoppes. Ce sont des gens originaires de cette région et de ses villages qui vont assurer la promotion de l’image de Saint Siméon à l’étranger. En plus des princes saracènes, ismaelites et sassanides, les sœurs de l’empereur Théodose II (425-450) lui ont rendu visite. Ces visites, comme la correspondance qu’il entretenait avec les empereurs Théodose II et Léon Ier (457- 474), montrent une influence politique peu commune. Siméon a porté la Syrie sur le devant de la scène byzantine.

Que se passe-t-il à la mort de Siméon?
Sa dépouille fut très disputée. Les moines de son monastère la revendiquaient, mais aussi les Ismaélites. Elle fut emportée à Antioche sous bonne garde par le général goth Ardabur, qui commandait aux troupes d’Orient. Les habitants d’Antioche la réclamaient en effet car en 458 un tremblement de terre les avaient laissés sans remparts. Seule la présence du saint pouvait leur assurer la sécurité. Ils s’opposèrent à l’empereur Léon qui voulait transférer la relique dans la banlieue de Constantinople dans une église dédiée au stylite érigée près du monastère de Daniel le Stylite, disciple du premier. La relique fut déposée à titre provisoire dans l’église de Cassianos, puis à la Grande Eglise (cathédrale), puis dans une chapelle dédiée au stylite sans doute aménagée dans cette même église. C’est là que vers 570/580 le chroniqueur Evagrius put contempler la tête du saint : la plus grande partie de son corps était conservée, ce qui pourrait indiquer qu’une partie avait bien été donnée à l’empereur Léon et transférée à Constantinople.

Quand, pourquoi et avec quels fonds fut construit le site de Saint Siméon?

Le complexe de Saint Siméon a été construit avec un financement impérial, probablement celui de l’empereur Zénon (474-475, 476-491), originaire, comme Siméon, de Cilicie, et qui a eu dans cette province une grande activité constructrice. Il devait faire face aux tensions entre ceux qui acceptaient les conclusions du concile de Chalcédoine (451) concernant les deux natures du Christ en une seule personne. Très sensible aux problème de division religieuse et aux risques politiques qu’elle faisait courir, il avait tenté de trouver un compromis entre les monophysites et les chalcédoniens par un acte d’union (Henotikon, 482). La construction des édifices a pu s’étaler de 474, donc bien après la mort de Siméon, à 491, date de la construction dans le village de Basoufan qui est à 5 kilomètres au Nord de Saint Siméon de l’église Saint-Phocas qui possède un chevet avec des colonnes doubles tout a fait comparable à celles de Saint-Siméon. Ce chevet a été construit par des ouvriers qui ont, peut-être, été débauchés à la fin du chantier de Saint -Siméon..

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Saint Siméon

Y avait-il des édifices préexistant au grand complexe?

Siméon s’était établi à quelques kilomètres du village et il avait besoin de l’aide constante de quelques disciples pour l’alimenter, le servir, et de beaucoup d’autres pour canaliser les foules, gérer le flux de pèlerins, même si certains épisodes témoignent d’un certaine improvisation (notamment lors des débordements d’enthousiasme des Ismaélites dont fut témoin Théodoret de Cyr). Les textes ne mentionnent que l’existence de quelques dispositifs liés directement au saint : en plus de la colonne, une petite clôture qui l’entourait et quelques menus dispositifs, - niche avec table et vaisselle eucharistique. Mais il a dû y avoir des constructions destinées à abriter les moines à son service. Les recherches que nous avons faites dans le monastère sud-est, accolé au grand martyrium de Saint-Siméon, ont montré qu’il y avait des parties au Sud dont le rocher n’avait pas été recreusé lorsque la grande plateforme du martyrium cruciforme a été construite. Le rocher n’ayant pas été retouché, on peut penser qu’il a été respecté car il était déjà bâti. Peut-être portait-il un petit monastère destiné aux moines du vivant du saint.

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Saint Simeon
Quelles furent les grandes étapes de la construction?

Ces étapes se sont déroulées logiquement. Le chantier a commencé par la construction de la grande église (ou martyrium car érigée en l’honneur d’un saint que l’on peut assimiler à un martyr). On a, comme on vient de le voir, aplani le sol en décapant le rocher, mais aussi en construisant pour la partie occidentale, en surplomb, une sorte de terrasse suspendue. Puis la construction s’est développée à l’Ouest et au Nord, puis à l’Est et au Sud . Le martyrium se composait de quatre basiliques à trois nefs disposées en croix qui ouvraient sur un octogone central, bâti comme un écrin autour de la colonne et couvert d’un toit à huit pans. Quatre absidioles d’angle étaient insérées entre les bras, suivant un schéma déjà pratiqué dans des bâtiments d’autres régions. Plusieurs remaniements importants se sont produits. Tout d’abord, les autorités religieuses ont dû exiger de l’architecte qu’il infléchisse vers le Nord l’abside centrale du bras occidental, entraînant ainsi une forte distorsion du projet initial. Si le calcul de cette nouvelle orientation est difficile à comprendre, l’intention semble claire : le culte du saint, auquel était consacré l’octogone et les trois autres bras, ne devait pas, sous peine de faire encourir le grief d’idolâtrie, s’étendre à la basilique orientale, réservée au service de Dieu. Autre remaniement important concernant la partie la plus délicate de l’élévation: l’octogone. Initialement, son tambour n’était relié aux bras que par leurs nefs centrales. Mais ce support a dû paraître insuffisant pour contrebuter le tambour et sa lourde toiture. On rajouta donc en cours de construction des arcs diaphragmes qui s’accrochaient de part et d’autre des absidioles. Le tambour était ainsi mieux articulé avec le mur d’enveloppe de l’octogone. L’édifice gagnait en solidité ce qu’il perdait en élégance et en lisibilité.
L’autre pôle, construit peu après, fut la baptistère, Sa partie centrale rappelait étroitement l’octogone central du martyrium : l’axe liturgique était ainsi créé. Les autres constructions sont venues s’intercaler ensuite, au fur et à mesure des rentrées d’argent, mais en fonction d’un plan qui avait été pré-établi. Il est possible que la clôture (ou mandra) ait été faite assez vite avec sa grande entrée à trois portes, ainsi que le magnifique porche sud du martyrion. La petite église du monastère sud-est et le monastère lui-même, celle qui est accolée au Sud du baptistère, le grand bâtiment construit par des maçons de Tell-aqibrin, le tombeau des moines ainsi que tous les auvents et portiques ont été construits au début du VIe siècle.

Qu’a-t-on dégagé du patrimoine matériel des villes mortes rappelant le culte du saint?

Les dégagements menés par G. Tchalenko et nos fouilles ont permis de retrouver sur le site des eulogies (mot grec signifiant bénédictions) que les pèlerins ramenaient du site en guise de souvenir tutélaire et actif. Il s’agit d’une boule d’argile dont la face principale a reçu l’impression d’une image, cependant que le revers porte les traces de la paume de la main qui tenait l’objet lors de l’impression de l’image. Celle-ci représente dans la majorité des cas le saint sur sa colonne avec l’échelle, entouré de deux anges le couronnant. De petits personnages grimpent à l’échelle ou se trouvent au pied de celle-ci. Des encensoirs sont également figurés. Mais l’on peut trouver le saint en buste, ou d’autres représentations comme celles de la Vierge à l’Enfant, l’Adoration des Mages. Il y avait aussi des petits médaillons en verre représentants le saint, des lions ou des motifs à valeur apotropaïque christianisés.
Ces objets ont connu une diffusion locale. Les fouilles de Deir Seta et de Dehès dans le Massif Calcaire en ont livré ; beaucoup d’autres ont été collectés mais sont sans provenance assurée. Aucun exemplaire n’a été retrouvé hors de cette région. Toutefois, un autre stylite, également appelé Siméon dit le Thaumaturge ou du Mont Admirable (521-592) s’installa près de Séleucie de Piérie et reprit cette iconographie. Il y spécifie parfois son nom, ce qui permet de les distinguer. Mais s’il ne l’a pas fait pour toutes ses eulogies, il vaut mieux ne pas attribuer toutes les eulogies anonymes au saint de Kalat Sim’an.
Enfin, des plaques en pierre sculptées aux musées de Hama, de Damas, de Berlin et du Louvre ou des dès de chancel attestent un culte régional très fort en l’honneur du saint stylite. Des flacons de verre portent aussi une image de stylite, mais leur origine est controversée. Le plus bel objet dédié à Siméon est l’ex-voto en argent rehaussé de dorure conservé au Musée du Louvre où le saint est présenté en train d’écouter la supplique d’un grand serpent mâle pour qu’il guérisse sa femelle.

Comment s’opère le lent déclin du site?

En 638, une armée arabe partie de Damas et s’avançant en direction d’Alep et d’Antioche surprit « les hommes, les femmes, les jeunes gens et les jeunes filles réunis le jour de la fête du saint et les emmenèrent en captivité » (Michel Le Syrien). Le monastère continua sans doute son activité, comme les autres grands couvents des cette région, mais les sources écrites manquent : le plus ancien higoumène connu pour cette période est Chaoumi (901-902) qui se livre apparemment à des travaux au monastère. Cette période, attestée par des céramiques bien datées de la fin VIIIe siècle et du IXe siècle, est marquée essentiellement par des rétractions avec des bouchage de porte (notamment dans la grande entrée), des murets construits dans ce même secteur et peut-être une récupération du baptistère parce que l’on a trouvé des tesselles de mosaïque murale jetées au niveau des portes. Ont été également dégagées, datant de la première moitié du Xe siècle, deux tombes islamiques situées juste au dehors de l’entrée du monastère.

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Les croisés essaient-ils lors de leur invasion de conquérir le site?
Le site perd alors toute importance dans les conflits qui se développent entre Croisés et Arabes. Lorsque les croisés arrivent dans le Nord de la Syrie en 1080, ils ne s’arrêtent pas à Kalat Sim’an qui est en dehors de tout grand itinéraire. D’ailleurs, leur problème n’est plus Alep, l’enjeu concerne désormais la possession de tout le territoire, et la sécurisation de l’ensemble de la route vers Jérusalem. Au XIIIe siècle, il y a à la fin des croisades une islamisation des campagnes, et les chrétiens se déplacent dans les villes. Le site dut rester vide jusqu’à sa réoccupation par un chef kurde et par une maison de paysans arabes près du baptistère.

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Saint Simeon
Comment la mémoire de Saint Siméon perdure-t-elle au fil des siècles?

Il va rester un culte de Siméon, surtout dans la communauté chrétienne. L’islam ne le récupère pas vraiment, mais elle le respecte comme le prouvent les poèmes d’Aboul-Hassan Ali, qui parle encore du pouvoir guérisseur de la colonne et d’Abou Firas qui médite sur le silence des ruines.
Les voyageurs à partir du XVIe s découvrirent les ruines de Saint-Siméon et petit à petit en firent des dessins, des plans et beaucoup plus tard, dans le seconde moitié du XIXe s. de très belles photos et des relevés fiables. Il était aussi de bon ton, dans les familles d’Alep, de se rendre sur le monastère et d’y laisser son nom, comme ce membre de la famille Marcopoli qui se présentait sur un linteau du monastère sud-est, avec un certain dandysme, comme un « ermite professionnel »

Quelles sont les principales missions archéologiques qui ont fouillé le site, et où en est l’état actuel des recherches?
Les fouilles de Saint-Siméon ont été, essentiellement, l’œuvre des Français et des Allemands. G. Tchalenko était lors du mandat français le responsable de la restauration et de l’entretien des monuments du Massif Calcaire. Il l’a fait en suivant les règles des monuments historiques en France. Les Allemands, essentiellement D. Krencker et R. Naumann, s’étaient chargés d’étudier la structures des bâtiments. C’est pourquoi nous avons pu disposer, pour la basilique est et pour l’octogone, des premiers dégagement et d’une étude minutieuse des structures.
La Mission Française de Kalat Sim’an a repris les travaux en plusieurs points: à l’entrée du monastère, au baptistère, dans l’octogone et dans la basilique ouest du martyrium cruciforme, sur la pente occidentale de la colline où s’éléve la basilique est. Elle a complété le catalogage de tous les blocs conservés sur le site, contrôlé la topographie générale du site et relevé les façades de tous les bâtiments conservés. Elle a pu expérimenter ces dernières années des méthodes sophistiquées de relevé qui l’aideront pour les restitutions en volume. Enfin, elle a associé à ses travaux sur le bâti des sondages qui se sont révélés très fructueux pour dater les différentes phases d’occupation, comprendre les échanges économiques et poser des jalons pour une étude de l’environnement dans ce secteur entre le IVe siècle de notre ère et aujourd’hui.

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Saint Siméon


(1) Jean-Pierre Sodini est professeur à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, membre senior de l’Institut Universitaire de France et membre correspondant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il a dirigé la dernière mission chargée des fouilles archéologiques du site de Saint Siméon.



Propos recueillis par Nathalie Galesne
Photos Aquilino Mancini
(28/12/2009)