La Syrie vue du ciel  | Florence Ollivry
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Florence Ollivry   
Les israéliens en ont rêvé, Yann Arthus Bertrand l’a fait…
La Syrie vue du ciel  | Florence Ollivry
Yann Arthus Bertrand
Mercredi 22 octobre, lors de sa conférence de presse, après 3 jours de vol dans le ciel syrien, Yab’ nous détaille son programme: J1: Damas - Alep. J2: Alep - Deir Ez-Zor - Palmyre. J3: Palmyre - la côte syrienne – Maaloula - région du sud de Damas – Damas. Dix jour plus tard, après sélection des meilleurs clichés parmi les 2000 prises de vue du voyage, nos yeux ont le plaisir de VOIR : la mosquée des Omeyades, décidément immense, le site archéologique de la citadelle d’Alep, qui paraît comme un labyrinthe millénaire, déchiffrable seulement depuis le ciel, les toits d’Alep grouillant de milliers d’antennes paraboliques toutes tournées dans la même direction, des enfants en uniforme bleu, bien droits comme des soldats dans la cour d’une école, dans les cours des mosquées, les fidèles assis sur des tapis bigarrés lever la tête en direction de l’hélicoptère, de CONTEMPLER, les norias du bord de l’Oronte à Hama, des oliviers par millier, un vol de flamands roses au-dessus du lac Al-Assaad, le bleu-nuit des eaux de l’Euphrate qui se détache de la blancheur de la montagne calcaire, des paysannes affairées à récolter le coton, qui cachent leur visage dans les mains au passage de l’engin volant, un village de maisons d’argile à coupoles, au milieu de la steppe, de SCRUTER la splendeur de Palmyre, cité de Zénobie, et de ses ruines, l’amphithéâtre, la colonnade et le Qalaat Ibn Maan, puis les maisons de Maaloula, dans lesquelles, jusqu’à aujourd’hui, on parle encore araméen, serrées les unes contre les autres, blotties tout contre la muraille de la montagne sacrée, et aussi des arbres entourés d’un petit muret de basalte pour être protégés de la prochaine éruption volcanique…. Icham Zawiit, photographe syrien et copilote de Yann, rapporte cette exclamation de Yann à bord de l’hélicoptère: «Syria is beautiful !».

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La mosquée des omeyades, Damas. Photo inédite de Yann Arthus Bertrand

La photographie aérienne est considérée comme espionnage dans beaucoup de pays, ce qui n’a pas toujours facilité la tâche de Yann. Pour cette expédition syrienne, le comité de «Damas, capitale arabe de la culture, 2008» a négocié avec le gouvernement les autorisations de vol et c’est à bord d’un hélicoptère mis à disposition par la Première Dame du pays que Yann a pris son envol. A l’origine du projet, une jeune société spécialisée dans l’organisation d’événements, créée par une jeune femme syrienne, Abir Haj Ibrahim et soutenue par le SEBC (le centre des affaires et des entreprises syriennes, fruit de la coopération entre la Syrie et l’Union Européenne). Abir raconte que le plus difficile dans cette opération était de dégager 3 jours consécutifs de l’agenda de Yann. En effet, ce dernier est actuellement très pris par le tournage de son nouveau film, «Home», qui traite des maladies environnementales de la planète et qui sera présenté le 5 juin 2009, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement.
Cette prise de vue en Syrie est un premier pas dans la réalisation d’une nouvelle version de l’exposition «La terre vue du ciel», qui sera revue et augmentée, notamment de 10 à 15 photos de «la Syrie vue du ciel».

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Sud-Est d’Alep. Ces maisons d’argile sont utilisées pour stocker le bétail et les denrées. Photo inédite de Yann Arthus Bertrand

«La Terre vue du ciel» présente aux publics du monde entier la variété des milieux naturels et des expressions de la vie, mais aussi l’empreinte de l’homme et ses atteintes à son environnement. Elle suggère que les niveaux et modes actuels de consommation, de production et d’exploitation des ressources, ne sont pas viables à long terme. L’alternative qu’offre le développement durable doit aider à provoquer les changements qui permettront de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
Lorsqu’en 1994, Yann Arthus Bertrand lance le projet «La Terre vue du ciel», rares sont ceux qui l’encouragent et la plupart des 200 lettres qu’il envoie à de potentiels partenaires restent sans réponse. Quatorze ans plus tard, il a eu raison d’y croire puisque «La Terre vue du Ciel», paru aux Editions De La Martinière, a été traduit en 24 langues et que plus de 120 millions de personnes dans 110 villes du monde sont venues admirer l'exposition.
Les Damascènes pourront découvrir sa nouvelle version en mars 2009. Elle se déroulera comme à l’accoutumée dans un lieu public, libre d’accès. Une autre «bonne habitude» de Yann, depuis la mise en place du projet «actioncarbone.org», est de «réparer» les dégâts causés par chacune de ses expéditions : à chaque voyage, le photographe compense les émissions de gaz à effet de serre occasionnée par ses vols en apportant son aide à des projets en matière d’énergie renouvelables, d’efficacité énergétique ou de reforestation.

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Maaloula est un village Chrétien au nord-ouest de Damas, qui présente la particularité d’abriter une population qui parle encore araméen. Photo inédite de Yann Arthus Bertrand

En Syrie, le projet «Syria from above/Souria min as-sama’», donnera lieu en 2009 à la création d’ateliers sur les sites touristiques syriens destinés aux photographes et acteurs de l’écologie, afin de sensibiliser la jeunesse à la protection du patrimoine écologique et historique du pays.

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Yann Arthus Bertrand
Ce voyage en Syrie est aussi pour Yann l’occasion d’inviter les syriens à participer à son nouveau projet «6 milliards d’autres», qui présente un portrait humain de planète : jusqu’à présent, 4000 interviews ont été réalisées dans plus de 65 pays, et le site du projet permet aux internautes de devenir acteurs du projet.
Si certains photographes aiment à nous entraîner dans leur monde, le projet de Yann Arthus Bertrand est simplement de nous amener à contempler notre monde. Photographe témoin, Yann Arthus-Bertrand souhaite s’adresser au plus grand nombre, aux citoyens de tous les pays, afin de développer en chacun une conscience de citoyen du monde. Car il est urgent d’apprendre à vivre, travailler, et se nourrir, sans épuiser les ressources de la planète Terre, dont la beauté n’a d’égal que la fragilité.

Sitographie:
www.yannarthusbertrand.org
www.goodplanet.com
www.actioncarbone.org

Florence Ollivry
(03/01/2009)





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