Hafsia Herzi: une graine de star! | Sarah Ben Ammar
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Sarah Ben Ammar   
Hafsia Herzi: une graine de star! | Sarah Ben AmmarLe rendez-vous à lieu dans un bureau situé au fond d’une impasse du 3e arrondissement de la capitale. Une discrétion qui tranche avec la notoriété soudaine de la jolie comédienne.
Car Hafsia Herzi, couronnée pour son rôle de Rym dans «la Graine et le Mulet», est devenue en quelques mois la coqueluche des médias et du cinéma français. L’avant première de ce succès: la Mostra de Venise en septembre dernier. «Je savais que l’on m’aimait beaucoup en Italie et que le film avait obtenu de bons échos mais j’étais très surprise. Je ne m’y attendais pas du tout» se souvient la jeune actrice. Puis, à l’image de sa danse effrénée qui clôt le film d’Abdellatif Kechiche, Hafsia se lance alors dans une course folle. «Après la Mostra, j’ai obtenu l’étoile d’or, le prix lumière, le prix du jeune talent, le César du meilleur espoir. Tout dans la même année !» Une consécration que la jeune fille de 21 ans n’aurait jamais imaginé, «même pas en rêve!» lâche-t-elle. Pourtant c’est bien le rêve qui est à l’origine de tout : «je rêve de cinéma depuis toujours. Dès le collège à Marseille, j’avais tenté des castings. Je pensais que je ferais toujours des figurations.» Mais son talent crève les yeux et l’écran! Elle décroche alors le premier rôle dans le film du cinéaste franco-tunisien. «Ensuite, tout s’est enchaîné très vite. J’ai passé des essais et une semaine après j’ai rencontré Abdel». «Eprouvant», le tournage ne lui laisse pourtant que d’excellents souvenirs, hormis peut-être la scène de la danse : «j’avais prétendu savoir danser, ce qui était faux. J’appréhendais donc énormément cette scène.» Pour être plus sensuelle, Hafsia doit aussi prendre 15 kilos: «le plus dur» selon la jeune fille naturellement menue. «J’ai dû grossir pour le rôle mais j’ai fait de la musculation aussi. J’avais des abdos sous la chair! Maintenant, je prends des cours de danse.»

Française: une histoire de cœur!
Après le tournage de «la Graine et le Mulet», la jeune marseillaise décide d’aller «tenter sa chance»à Paris où elle s’installe dans une petite chambre. «Je ne connaissais personne, sauf l’accessoiriste du film. J’ai commencé à passer des castings mais on me reprochait toujours d’avoir l’accent marseillais. J’ai donc pris des cours de diction dans un petit conservatoire du 19e arrondissement.»
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Un travail qui porte ses fruits «Depuis j’ai fait trois autres longs métrages et un téléfilm» Dans sa filmographie récente, il y a «Française» le film de Souad El Bouhati (sortie en France le 28 mai, ndr). Hafsia Herzi y campe le rôle de Sofia, une jeune franco-marocaine dont les parents décident subitement de quitter la France pour le Maroc. «C’est un film sur la recherche d’identité. Il me tient énormément à cœur !» Quand on lui demande ce que lui évoque la France, elle répond simplement : «C’est mon pays !» D’ailleurs, elle ne comprend pas pourquoi on lui parle d’intégration: «Je suis née en France, je suis allée à l’école française. Je ne vois pas comment je pourrais parler d’intégration. Il faudrait poser la question à ma grand-mère !» dit-elle un peu agacée. Elle n’en oublie pas moins ses origines tunisiennes, par son père, et algériennes par sa mère. «J’aime beaucoup ces deux pays. Je suis très fière de mes origines maghrébines.» Fière, sa maman l’est par-dessus tout ! «Elle faisait des ménages mais elle a pris sa retraite. Elle m’a vue grandir avec ce rêve, donc elle est super heureuse!» Tout comme la grand-mère de la jeune comédienne à qui elle va «amener le César !»

Une jeune actrice pleine d’espoirs
Hafsia Herzi: une graine de star! | Sarah Ben Ammar
Hafsia Herzi
Après «Française», Hafsia sera à l’affiche d’un film irakien, «l’Aube du Monde». «J’y interprète une jeune irakienne qui vit dans les marais». Le tournage en Egypte fut d’ailleurs une expérience inoubliable pour la jeune actrice: «Les gens avaient une énergie particulière. C’était très enrichissant d’aller à la rencontre d’une autre culture. Ce pays me manque beaucoup». Un coup d’essai dans le septième art arabe qui n’en sera peut-être plus un «j’aimerais beaucoup refaire des films arabes!» précise Hafsia. En attendant, elle a d’autres projets avec Abdellatif Kechiche. Elle aimerait aussi tourner pour André Téchiné. «J’adore le cinéma français d’auteur. Je commence à devenir une vraie cinéphile. Je vois au moins un film par jour !» Et pourquoi pas jouer des rôles de Caroline ou d’Isabelle. «Maintenant Sami Bouajila et Roschdy Zem peuvent tout jouer. J’espère sincèrement que les réalisateurs auront de l’imagination et qu’ils sauront m’imaginer dans des rôles de jeunes filles non maghrébines !» Mais le plus important pour les beaux yeux d’Hafsia reste de pouvoir assouvir sa «passion», même si tout n’est pas rose. «Les actrices de 20 ans, je les admire. On essaie d’y arriver, on ne sait pas si c’est possible. On veut être choisies et aimées.» Cela semble bien partie pour cette étoile qui brille déjà au firmament!

Sarah Ben Ammar
(29/05/2008)

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