Natalia King, la petite Edith Piaf américaine du jazz | Natalia King, Edith Piaf, Diana Krall, Arles, jazz
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Nadia Khouri-Dagher   

 

Natalia King, la petite Edith Piaf américaine du jazz | Natalia King, Edith Piaf, Diana Krall, Arles, jazzNatalia King, Bluezzin’ t’il dawn, Challenge Records

 

Natalia King, l’une des nouvelles voix noires du jazz américain, a choisi de vivre à Arles, dans le Sud de la France, et c’est à ce titre que babelmed, dédié aux cultures de Méditerranée vous la présente. Arles, ville « empreinte de spiritualité » selon elle, ainsi que les paysages de la région, servent de source d’inspiration à l’artiste, qui aime passer des heures à randonner dans les Alpilles.

 

C’est une histoire en conte de fées. Celle d’une jeune musicienne qui débarque à Paris, avec sac au dos et guitare, commence à chanter dans le métro, est repérée par l’Olympia, fait la première partie de Diana Krall, et signe son premier album chez Universal Jazz - et son troisième aujourd’hui !

C’est Natalia elle-même, rencontrée dans les environs d’Arles, où elle a choisi de s’installer, qui nous a raconté son parcours « miraculeux » (« It’s a Cinderella story ! » sont ses mots) : d’où le titre de son premier album, « Milagro » - « miracle » en espagnol…

Les origines d’abord : Natalia naît à New York en 1969, de parents venus de Saint-Domingue et de Panama, afro-américaine aux racines latines. En 1998, elle décide de venir à Paris, pour « vivre l’esprit Rive Gauche » explique-t-elle, « sur les traces de Miles Davis, Juliette Gréco, Joséphine Baker et Alec Baldwin».

L’artiste, qui est auteur-compositeur, commence à jouer dans la rue et le métro, puis est embauchée dans quelques cafés, comme La Flèche d’Or, dans le 18ème. Un jour on lui demande de venir jouer pour un concert en faveur des enfants du Kosovo, gratuitement. Natalia s’y rend - « on m’avait dit qu’il y aurait un bon buffet », avoue-t-elle.

Elle ne sait pas que le concert est filmé par Canal Plus. La journaliste qui est derrière la caméra ce jour-là, Catherine Sebag, vient la voir après le concert, lui dit qu’elle a été touchée par sa musique, et lui propose de tourner un sujet sur elle : un documentaire de 15 minutes est diffusé peu de temps après sur la chaîne.

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Le lendemain de cette diffusion, Natalia reçoit un coup de fil de l’Olympia : ils ont vu le documentaire, ils lui proposent de faire la première partie du concert de Diana Krall. Natalia n’en revient pas de cet honneur, mais… elle n’a jamais entendu parler de l’Olympia ! « Combien vous payez ? » demande-t-elle… « Il paraît qu’à l’autre bout du fil, ils ont ri à ma question… » se souvient-elle.

Diana Krall donne deux concerts à Paris : à l’issue de la deuxième soirée, cinq labels font des propositions de contrat à Natalia, qui choisit Universal : c’est ainsi que l’album « Milagro » paraîtra. L’artiste est lancée. « Quand tu as joué dans la rue tu peux jouer n’importe où », dit-elle : la musicienne a déjà donné des centaines de concerts… gratuits, dans la rue ! Un deuxième album, « Fury and sound » - clin d’oeil à Faulkner car notre artiste est passionnée de littérature - paraîtra en 2003, plus expérimental, fusion jazz rock.

Après ces débuts à Paris l’artiste éprouve le besoin de retrouver ses racines américaines pendant sept années, avant de revenir s’installer en France : à Arles cette fois. Pourquoi Arles ? « J’aime la lumière d’Arles. Et puis, j’aime le vent qui souffle sur le Rhône : il vous oblige à être toujours en mouvement. Arles est mon refuge. J’adore me balader dans les Alpilles. Ces paysages me donnent de l’inspiration pour composer ».

Voici donc, album où l’artiste se dévoile en pleine maturité artistique, « Bluezzin t’il dawn ». L’on y reconnaît, dès la première plage du disque, le signe d’une artiste de jazz authentique : une voix singulière qui n’appartient qu’à elle seule, et tout un VÉCU qui transparaît dans ses compositions, dans le grain de voix, les modulations, les vibrations - vécu sans lequel nul homme et nulle femme ne peut se prétendre artiste de jazz, et encore moins de blues, univers dans lequel Natalia a choisi de s’exprimer dans ce dernier album.

Natalia, qui a tourné cet été dans divers festivals pour présenter ce dernier album, très réussi, sera en concert à Paris, au Jazz Club Etoile du Méridien, à Paris, les vendredi 14 et samedi 15 octobre. L’occasion de découvrir une nouvelle grande voix du jazz américain. Une petite Edith Piaf américaine du jazz, voix née de la rue, qui est parfois l’une des meilleures écoles de la vie…

//Album Teaser: BlueZzin T'il Dawn - Natalia M. King | Released 8 April 2016Album Teaser: BlueZzin T'il Dawn - Natalia M. King | Released 8 April 2016

 

http://nataliamking.com

http://www.jazzclub-paris.com


 
Nadia Khouri-Dagher
03/10/2016