Aziza Brahim, Soutak, Glitterbeat  | Aziza Brahim, peuple Sahraoui, Nadia Khouri-Dagher, camps de réfugiés
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Nadia Khouri-Dagher   

//Aziza BrahimAziza BrahimNous n’avons pas souvent l’occasion d’entendre la voix du peuple Sahraoui. Aziza Brahim, qui fait partie de cette génération grandie dans les camps de réfugiés, répare ce préjudice, et se fait le porte-voix de son peuple, en lutte depuis quelques dizaines d’années contre l’occupation de ses terres par le gouvernement marocain:

«J’ai été témoin des horreurs et des tortures

Dont on vous accuse

J’ai vu les jeunes victimes

Dans vos prisons de la mort

(...)

L’oppression a fait la Une des médias

Et le peuple se dressait contre vous

Réclamant ses terres et ses richesses confisquées

(...)

Nous étions cernés par l’aurore

Et par les troupes violentes

Qui soutiennent ce monarque

Dans sa volonté d’intimider

Les gens du camp de Gdeim Izik....»

          

Dès le premier titre - «Gdeim Izik», du nom d’un camp de réfugiés - le ton est dit, et l’ennemi clairement désigné : le Roi du Maroc...

Aziza vit aujourd’hui à Barcelone, mais, forte de cette liberté d’expression que lui offre la vie en Occident, y continue sa lutte, à sa manière - toute aussi radicale que celle des armes : en chansons. «Soutak» veut dire «Ta voix» en arabe : Aziza s’adresse bien aux siens...

Et même si l’on ne prête aucune attention au livret - les paroles des chansons sont dans leur arabe original, mais aussi en espagnol et en anglais - l’on se laissera bercer par la douce voix de Aziza, qui, sur les rythmes sahraouis ancestraux, mais aussi sur les rythmes maliens des musiciens qui l’accompagnent, nous raconte, avec douceur mais fermeté et obstination, sa volonté de ne jamais fléchir. Avec la lutte pour les richesses en pétrole et en minérai du Sahara, le peuple sahraoui est passé, dit-elle, «du colonialisme médiéval à l’impérialisme néolibéral» : souhaitons-lui de se faire très largement entendre...

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Nadia Khouri-Dagher