Prix Prince Claus 2004 décerné au poète palestinien Mahmoud Darwish | babelmed
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Prix Prince Claus 2004 décerné au poète palestinien Mahmoud Darwish | babelmed
Mahmoud Darwish
La Fondation Prince Claus vient de rend hommage au poète Mahmoud Darwish en lui décernant son prestigieux prix (d'un montant de 100.000 euros) pour son œuvre littéraire exceptionnelle. Une occasion pour célébrer également le courage des artistes immigrés qui luttent pour le droit à la liberté de pensée et à l’expression culturelle.
La fondation attribue chaque année des prix à des artistes, intellectuels et organisations culturelles des pays d'Afrique, des Caraïbes, d'Asie, d'Amérique latine.
Voici la note qui accompagne la remise du prix, un acte symboliquement important qui nous rappelle l’exil forcé enduré par des millions de réfugiés palestiniens, à la veille des élections en Palestine.
« Le lauréat du Grand Prix Prince Claus 2004 est Mahmoud Darwish, un poète d’envergure internationale. Écrivain formé dans le creuset de l’immigration et de l’asile politique, il évoque ses expériences avec intensité dans une œuvre de poésie et de prose qui transcende la temporalité et la spatialité, puisant dans la mémoire collective du renoncement et de la nostalgie pour exprimer la mutualité des traumatismes et l’aspiration à la paix.
Né en Palestine en 1942, il a subi deux bannissements violents et passé plus de 26 ans en exil en Jordanie, au Liban, à Chypre, en Tunisie et en France, avant de pouvoir s’installer à Ramallah où il vit aujourd’hui. Son recueil de poèmes Feuilles d’Olivier, très bien accueilli, a été édité en 1964. Cette œuvre révèle la lutte pour affirmer un sens de l’appartenance et de l’identité tandis que son chef-d’œuvre en prose, Mémoire pour l’Oubli (1982) évoque avec puissance l’expérience de l’exil forcé.
Mahmoud Darwish a publié plus de 30 recueils de poèmes et de textes en prose, et son œuvre a été traduite en 35 langues. Il est le fondateur et rédacteur de la revue littéraire fort estimée Al Karmel, qui encourage le débat interculturel sur les questions intellectuelles et crée le lien entre les écrivains arabes et la communauté littéraire internationale ».
10 autres récompenses ont été attribuées : au metteur en scène irakien Jawad al Assadi, auteur de pièces de théâtre émanant d’un grand éventail de dramaturges arabes tels que Saádallah Wanoos, Moueen Bessissou et Mahmoud Diab ; à Halet Çambel (Turquie), érudite et spécialiste de l’archéologie de la péninsule anatolienne, célèbre pour les fouilles qu’elle dirige afin de sauvegarder les sites du patrimoine en danger ; à Omara Khan Massoudi (né en 1948 en Afghanistan, directeur du musée de Kaboul), pour avoir sauvé quelques-uns des plus beaux trésors culturels mondiaux; à Memoria Abierta (Mémoire Ouverte), une alliance de sept organisations argentines des droits de l’homme; à Farroukh Qasim qui a renouvelé le théâtre au Tadjikistan; à Aminata Traoré, malienne, une militante socioculturelle qui met l’accent sur les liens réciproques entre l’économie, la politique et la culture; au poète birman en exil Tin Moe; à la Fédération Bhoutanaise de Tir à l’Arc qui protège et encourage une tradition vivante de la culture bhoutanaise. Antonia Naim
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