La Chambre noire | Hicham Raji
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Hicham Raji   
  La Chambre noire | Hicham Raji Le film de Hassan Benjelloun est sorti le 14 avril dans les salles du Maroc. Il fut tourné en synergie et presque en même temps que le film de Saad Chraïbi, Jawhara, sorti un mois auparavant. La Chambre noire traite aussi des événements des années 70, période refoulée dans la conscience populaire, et consciemment et systématiquement effacée des mémoires par l’Etat. Mais à l’inverse du film de Saad Chraïbi, bâti autour d’un scénario libre sur les années de plomb, Hassan Benjelloun s’est inspiré du récit de Jaouad Mdidech La Chambre noire ou Derb Moulay chérif, paru en 2000. Il en offre d’ailleurs une lecture assez fidèle, dans l’esprit du moins.

Jaouad Mdidech a passé 14 ans et demi en prison. Son récit commence par son emprisonnement en 1975 et se termine sur la célèbre mascarade de procès de 1977 à l’issue duquel les militants des organisations gauchistes d’Ilal-Amam et du 23 Mars furent condamnés à des peines allant jusqu’à la perpétuité, pour leurs opinions. Mais le récit s’étend surtout sur la période de huit mois d’incarcération à Derb Moulay chérif, la période la plus noire: les interrogatoires, les tortures, les grèves de la faim, les camarades qui meurent sous la torture ou qui sombrent dans la folie, ceux qui succombent à la torture et qui donnent leurs camarades.
Il faut se rappeler qu’à l’époque, à part les militants endurcis, aux principes idéologiques bien enracinés, la plupart des prisonniers étaient des étudiants, mal préparés à subir une répression féroce, trop disproportionnée par rapport aux actes qu’on leur reprochait et qui se limitaient au militantisme syndical, à la distribution de tracts et au tentative de pénétration du milieu ouvrier. Jaouad Mdidech a le mérite de se dévoiler dans son récit. Il expose en toute sincérité ses hésitations, ses faiblesses, ses espoirs. Son amertume aussi, parce que c’est quelqu’un qui a renoncé à son militantisme, aux idées marxistes-léninistes, plusieurs mois avant d’être emprisonné. Mais il a assumé ses actes et s’est solidarisé avec ses anciens camarades.
Son comportement est plus honnête que celui de certains compagnons de l’époque qui ont fait de la prison mais qui aujourd’hui ont complètement renié leurs principes, retourné leurs vestes et se sont reconvertis dans le service du makhzen. On peut renier une idéologie, des idées, mais pas ses principes. Ce sont les principes humanistes et de justice sociale qui ont conduit des jeunes à l’époque à adhérer au marxisme, en pensant y trouver les solutions aux maux de la société et y puiser la force pour lutter. Cela nous choque aujourd’hui de voir certains militants de l’époque côtoyer leurs anciens tortionnaires, qui occupent des postes de responsabilité et qui ne sont nullement inquiétés. Il est vrai que le grand débat actuellement au Maroc est celui de savoir s’il faut juger les anciens tortionnaires, l’ancien régime, déterminer les responsabilités dans les événements du passé, s’il faut que l’Etat s’excuse, etc. C’est à ces questions que se propose de répondre, en partie, l’«Instance équité et réconciliation», créée il y a quelques temps par le roi.

Le véritable mérite des films qui sortent actuellement sur les années de plomb réside dans le fait de remettre en mémoire les événements oubliés, dans l’espoir que le lourd souvenir pèse dans la balance. Indépendamment de la qualité des films et des motivations des réalisateurs (succomber à la mode, coller à des thématiques porteuses ou réel intérêt), l’essentiel est qu’ils abordent des sujets jusque-là censurés (ou autocensurés).
Hassan Benjelloun dans son film ne cherche pas nécessairement à faire le lien avec les préoccupations actuelles. Il s’est surtout efforcé de construire une intrigue à partir du récit de Mdidech. Il dit avoir aménagé l’histoire pour la rendre plus attrayante pour le public: en ajoutant ou en grossissant des personnages, en introduisant des éléments de suspense. Mais le risque auquel on s’expose en concentrant ses efforts sur l’action est celui de sacrifier parfois la profondeur et la vérité des personnages, l’expression des sentiments. Dans le film, à part Kamal, Najat (heureux ajout dans le film) et le père du héros (incarné par Abdellah Amrani), honnête dans son jeu, les autres personnages ont peu de consistance et sont trop monocordes et trop agités pour nous séduire ou nous intéresser. La Chambre noire | Hicham Raji Kamal est un jeune agent de trafic à l’aéroport. Nous sommes en 1975 et le héros a interrompu ses études universitaires pour se prendre en charge. D’ailleurs, il envisage de se marier avec la ravissante Najat, une hôtesse de l’air qu’il fréquente et qui se trouve être sa voisine d’enfance, dans la petite ville dont ils sont originaires. Mais très vite, cette image entraperçue du bonheur se dilue puis s’efface: Kamal est constamment harcelé par la police de l’aéroport, à cause, soupçonne-t-il, de ses activités de militant au lycée et à la faculté, activités auxquelles il a pourtant renoncé depuis assez longtemps (huit mois) déjà.
La police finit par l’incarcérer et l’emmener, les yeux bandés, vers une destination inconnue. Il y avait tellement de destinations inconnues à l’époque! Il séjournera longtemps dans ce que le récit et le film appellent «la Chambre noire», des cellules obscures où sont entassés par grappes de dix les prisonniers de Derb Moulay Chérif, les yeux toujours bandés. Quand il quitte sa cellule, Kamal est dirigé vers un bureau pour subir des interrogatoires. Le décor gris et les vieilles machines à écrire, dont le bruit sec et caverneux des touches crèvent le silence, rendent bien cette atmosphère inquiétante des commissariats de l’époque (et souvent d’aujourd’hui aussi). On regrettera cependant que les dialogues soient superficiels et peu élaborés. De même, les scènes de torture se limitent à montrer le prisonnier immobilisé, assis sur une chaise ou étendu sur une table, et une petite machine, de la taille d’une petite batterie, en guise d’instrument de torture (par électrocution), arborée à chaque fois au début d’une séance, mais dont on ne voit jamais l’efficacité. On est loin des grosses machines et des instruments effrayants qui peuplent notre imaginaire à chaque fois qu’on pense à la torture physique.
Beaucoup plus intéressants sont les moments où le réalisateur situe les flash-back, avec un retour vers des moments plus agréables. C’est le cas de cette scène où Kamal prend sa douche et où nous sommes transportés dans un bassin. Il y nage comme un poisson dans l’eau (c’est-à-dire libre) avec Najat, dans une eau pure, brillant sous le soleil. Par contraste, ces intermèdes qui aèrent le film, compensent parfois la carence de vérité et de profondeur des scènes de Derb Moulay Chérif.
Parallèlement aussi, la caméra nous transporte assez souvent à l’extérieur, dans la famille du prisonnier et celle de sa fiancée. Pendant plusieurs mois, les recherches des familles pour savoir le sort réservé à Kamal ou découvrir le lieu de son incarcération demeurent vaines. Hanane Ibrahimi (Najat) est assez convaincante dans son rôle de fiancée fidèle et éplorée. Le double jeu et les cachotteries du frère de Najat, ami d’enfance de Kamal et policier qui participe journellement aux interrogatoires, mais sans jamais révéler le lieu d’incarcération à sa sœur et aux familles, ajoute un peu de piment et de suspense à l’histoire, mais devient lassant à la fin et quelque peu invraisemblable. Lorsque les prisonniers seront transférés à la prison civile à la fin, Kamal, de plus en plus certain d’être condamné à une longue peine, demandera à sa fiancée de ne pas l’attendre et de refaire sa vie. Le film enchaîne sur quelques brèves scènes du procès et le verdict final. A la fin, dans une sorte de bonus, nous assistons à un bref entretien avec la mère de Jaouad Mdidech ainsi qu’à une cérémonie de dédicace du livre dans une librairie.

Le film de Hassan Benjelloun évite le piège (facile) de l’anachronisme. Il restitue fidèlement les événements dans leur époque. Un peu trop à mon sens. On apprécie bien les costumes des années 70, mais le film à tendance à abuser des images de synthèse, comme par exemple le fait de replacer le regretté théâtre municipal de Casablanca, démoli au début des années 80. Cet effort de restitution ainsi que la dédicace du film au théâtre participent d’un sentiment de nostalgie, bien compréhensible et légitime, commun à beaucoup de nos artistes.

Hassan Benjelloun
Né en 1950, Hassan Benjelloun est pharmacien de métier. En 1983, il réalise un premier court métrage: Sens unique. Dans les années 90, il a réalisé six longs métrages: La Fête des autres (1991), Yarit (1994), Les Amis d’hier (1997), Les Lèvres du silence (2000), Jugement d’une femme (2001) et Le Pote (2002).

Fiche du film
Scénario et mise en scène: Hassan Benjelloun
Directeur de photo: Kamal Derkaoui
Montage: Emmanuel Faure
Musique: Younes Megri
Avec: Mohamed Nadif, Hanane Ibrahimi, Abdelmalek Akhmis, Abdellah Amrani, Souad Saber.
Année: 2004.
Durée : 112 minutes.

Entretien avec Mohamed Nadif La Chambre noire | Hicham Raji Né en 1967, Mohamed Nadif est lauréat de l’ISADAC (Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle de Rabat) et de Paris X Nanterre au début des années 90. Il joue au cinéma, mais il est aussi comédien et metteur en scène de théâtre. Il a adapté et monté plusieurs spectacles pour la scène: Les Nobles (1997), Aïcha (1999), Le Complot (2001), La Jalousie (2002), Une alliance nommée désert (2002), Mariage et autres choses (2003). Il a aussi réalisé des téléfilms et joué plusieurs rôles au cinéma, notamment dans le film de Abderrahman Tazi, Les Voisins d’Abou Moussa (2003). Le personnage de Kamal, dans La Chambre noire, est son premier grand rôle au cinéma.

Vous tenez le rôle de Kamal dans La Chambre noire. Le personnage représente le narrateur dans le récit autobiographique de Jaouad Mdidech dont est inspiré le film. Mais Kamal n’est pas narrateur, même s’il est le héros. On remarque cependant beaucoup de similitudes entre le récit et le film, on retrouve parfois des séquences entières fidèlement retracées. Dans quel mesure le film s’est inspiré du texte?
Le réalisateur dit, et je le pense aussi, que le film est librement adapté du récit. On le remarque à travers les nombreux aménagements introduits pour accentuer la fiction: le frère de l’héroïne (Najat) qui est policier et tortionnaire, personnage important dans le film, parce qu’il se trouve aussi être un ami d’enfance du héros, n’existe pas dans le récit. De même, l’histoire d’amour entre Najat et Kamal n’est pas réelle. Il y a aussi la ville d’origine du héros, Sefrou, qui est remplacée dans le film par Essaouira. Le réalisateur a choisi cette ville pour filmer les flash-back qui racontent l’enfance à cause des vues sur l’océan, qui permettaient d’apporter une bouffée d’air frais aux images glauques et tristes des prisons. Le choix d’Essaouira se justifie aussi par les traces plus présentes aujourd’hui de la communauté juive dans la ville. Le réalisateur tenait à aborder la question de la cohabitation entre les communautés juives et musulmanes. On parle aussi dans le film des juifs marocains qui ont subi le même sort que leurs autres concitoyens. Quand Hassan Benjelloun a commencé à faire les repérages, il a trouvé qu’à Sefrou, les traces de la communauté juive étaient perdues. D’un autre côté, si le réalisateur avait été trop fidèle au récit, il aurait versé dans le documentaire. Le film se devait d’être une fiction adaptée du récit. Ce n’est que dans les dernières scènes, après la fin effective de la fiction, que le film bascule dans le documentaire et fait en quelque sorte la jonction avec la réalité. Là où on montre le témoignage de la mère de Jaouad Mdidech et la dédicace du livre dans la librairie par l’auteur.
Justement, j’ai bien aimé cette scène de la fin où l’héroïne du film (ou l’actrice Hanane Ibrahimi) se fait dédicacer un livre par Jaouad Mdidech. C’est comme si le personnage de la fiction plongeait dans la réalité.
Il faut dire qu’au début j’étais quelque peu réticent: j’étais plutôt partisan du fait d’achever le film, comme le récit, sur le verdict du procès et le chant entonné par les condamnés sur l’air de l’Internationale qui accompagnerait le générique. Mais après, j’ai réalisé que c’était mieux ainsi.

J’imagine qu’il t’a été difficile de travailler le personnage. Comment est-ce que tu as procédé? Tu t’es inspiré bien sûr du livre, de la littérature sur la période. Mais est-ce que Hassan Benjelloun et Mdidech t’ont été d’un grand secours dans la recherche du personnage?
Le réalisateur m’a beaucoup aidé. On discutait beaucoup. Il m’a surtout demandé de repérer les périodes que traverse le personnage et de travailler par période. J’ai effectivement découvert que le personnage passait par quatre phases, avec des états d’âme et des préoccupations différentes: la période avant l’incarcération; l’incarcération, les interrogatoires et les tortures; une troisième période commence lorsqu’on commence à libérer quelques prisonniers et où commence à se profiler l’espoir d’une prochaine libération; puis la période du procès où le personnage est pratiquement certain d’être condamné à une lourde peine. Je crois que la deuxième et, surtout, la troisième périodes constituent le nœud du film parce que c’est là que le personnage se pose les questions les plus déterminantes. C’est quelqu’un qui a renié ses idées marxistes-léninistes et qui a quitté le mouvement. Mais il a quand même été incarcéré. Mais malgré cela, il n’a pas dénoncé ses anciens camarades. On a voulu aussi lui faire signer un PV où il reniait ses idées et condamnait son passé et ses camarades. Mais il n’a pas voulu signer, pas par conviction, mais par solidarité.

On garde l’impression à la lecture du récit que le héros est doublement victime. Il est victime, au même titre que ses anciens camarades, d’un Etat policier qui torture et juge les gens pour leurs opinions. Son incarcération semble d’autant plus injuste que c’est quelqu’un qui au moment des faits avait cessé toute activité politique depuis plusieurs mois, chose que la police ne pouvait ignorer, puisqu’elle savait tout sur tout le monde. Il a, en quelque sorte, été rattrapé par son passé de militant. On sent d’ailleurs dans ce que tu désigne par deuxième et troisième périodes cet accablement du personnage. Est-ce que tu as vraiment intériorisé dans le jeu ce profond sentiment d’injustice?
J’ai vu à plusieurs reprises Jaouad Mdidech et je lui ai demandé des éclaircissements sur ses sentiments à l’époque. Il m’a expliqué, donné des détails, par exemple, sur ses moments d’incertitude quant l’issue de son incarcération, les espoirs de libération et puis la période de résignation où il commençait à être de plus en plus certain d’écoper d’une lourde peine. C’était important, parce que les scènes étaient tournées, comme toujours, dans le désordre, suivant les espaces et les décors. J’avais besoin de me situer par la pensée dans chaque scène: est-ce que je devais être optimiste ou triste et déprimé? Dans les scènes de «la chambre noire», j’ai aussi été aidé par les autres acteurs, mes compagnons de cellule, qui étaient vraiment dans le coup.

Est-ce que toutes les scènes de prison ont été filmées à l’ancienne prison civile, la fameuse Ghbila? J’imagine que pour La Chambre noire, il était hors de question de filmer au commissariat de Derb Moulay Chérif, puisque le lieu est toujours occupé par la police.
On n’a filmé à Ghbila que les scènes de prison, c’est-à-dire lorsque les prisonniers furent «officiellement» incarcérés et transférés en vue du procès qui se préparait. Les scènes de Derb Moulay Chérif ont été tournées dans un hammam, un bain maure, qui a été aménagé pour la circonstance. Le lieu était obscur et convenait bien.

Je n’ai pas du tout imaginé que cela pouvait être un hammam. Dans le film, il y a plusieurs scènes émouvantes, même si l’actrice qui joue la mère du héros à tendance à trop pleurnicher. On comprend que son fils est injustement incarcéré, mais de là à verser des torrents de larmes devant la caméra… D’ailleurs quand on voit la mère véritable, celle de Mdidech, à la fin du film, on réalise que ce n’est pas du tout le même personnage. Elle donne plutôt l’impression d’une femme stoïque, qui a dû souffrir en silence. En revanche, on a l’impression, un peu comme dans Jawhara, qu’il y a beaucoup de retenue, d’autocensure: on ne montre pas les scènes de torture et on n’incrimine personne. Ce n’est pas tellement que le public soit sadique ou assoiffé de sang, mais parfois il faut montrer les choses telles qu’elles sont. Il y a bien la scène où on cogne la tête d’un prisonnier contre le mur, mais ce n’est pas très convaincant.
La question de savoir s’il fallait ou pas monter les scènes de torture s’est posée. Plusieurs scènes ont été filmées, mais ont été supprimées au montage. On montre l’instrument de torture, quand on se prépare à électrocuter un prisonnier. Dans les cellules, on entend crier ceux qui se font torturer. Mais on ne montre pas les scènes. C’est un choix du réalisateur. La scène par exemple dont on parle dans le récit, où on voit un prisonnier reconduit à sa cellule à quatre pattes (il s’agit de Zaazaa), tellement il a été torturé, a été filmée, mais n’a pas été gardée au montage.

Toujours concernant le rapport entre le film et le récit: les personnages des gardiens de prison sont, comme dans le récit, violents, cruels et sadiques. Il leur arrive aussi, plus rarement, d’être un peu plus humains ou de rendre service. Mais je pense qu’ils sont un peu trop typés: il y a le Fassi, le Marrakchi, etc., avec des accents régionaux très prononcés. Dans les comédies faciles, en général, quand on utilise les parlers particuliers, c’est pour produire un effet comique. Ne trouvez-vous pas que c’est un peu trop facile d’amener le rire dans un contexte sérieux, que cela peut parasiter le jeu ou rendre les geôliers plus sympathiques qu’ils ne l’étaient dans la réalité ou qu’ils ne le sont dans le récit?
Ces personnages existent dans le récit et sont parfois désignés par le nom de leur région d’origine. D’ailleurs, lors de la première du film, certains anciens prisonniers politiques qui étaient présents et qui sont passés par le commissariat de derb Moulay Chérif, ont reconnu les personnages, comme celui qu’on nommait Lhaj et qui est resté gravé dans les mémoires à cause de son sadisme excessif. Il est vrai que certaines situations provoquent le rire et les acteurs parfois en rajoutent en improvisant. D’ailleurs quand le film fut visionné en France après le montage, il y avait des Marocains dans la salle qui riaient parfois. A la fin du visionnage, les Français qui ont vu le film ont posé la question au réalisateur: est-ce que c’est un film comique? Hicham Raji
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