L’oeuvre de Fouad Laroui | Hicham Raji
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Hicham Raji   
  L’oeuvre de Fouad Laroui | Hicham Raji Les Dents du topographe, Paris: Julliard, 1996, Casablanca: Eddif, 1997, 208 p.
Le narrateur raconte sa jeunesse, depuis un jour de coup d’Etat militaire. Il était alors élève au lycée français de Casablanca. Il sera d’ailleurs renvoyé du lycée pour cause d’absence prolongée, absence qui était d’ailleurs indépendante de sa volonté puisqu’il était séquestré par la police, accusé d’avoir créé avec ses copains de lycée une dangereuse organisation subversive. Plus tard, il se retrouvera infirmier (sans avoir reçu la formation pour le métier) dans un village de montagne. Un défilé de situations absurdes et de personnages pittoresques nous rappellent qu’il y a des régions encore complètement oubliées dans le pays. Le narrateur finit par partir en France. Il y retrouve des amis du lycée qui ont sombré dans la folie ou vivent dans un état dépressif qui les mène au suicide. Après la disparition de son père, Kader, il décide de s’installer au Maroc pour s’occuper de sa famille. Il est affecté dans une mine dans le désert. Incapable de se fondre dans le système, de supporter les injustices, il décide de repartir définitivement en France après une décision qui a coûté son poste à un topographe et l’a poussé au suicide, événement dont il se sentait responsable.

L’oeuvre de Fouad Laroui | Hicham Raji De quel amour blessé, Roman, Paris: Julliard, 1998, 156 p.
Le narrateur (le même peut-être) raconte l’histoire d’un amour impossible entre un français d’origine marocaine, Jamal, et une juive française, Judith. Les familles des jeunes amoureux n’acceptent pas leur union et font tout pour les séparer. Judith finit par quitter son père et venir s’installer, chez son amoureux, dans un placard, avec la complicité du narrateur, qui est un cousin Jamal. Là encore plusieurs personnages typiques défilent qui ajoutent leur piment à l’histoire: Tarik, le cousin islamiste qui débarque du Maroc et fait régner la terreur dans la maison, Gluard, un obscur journaliste d’extrême droite qui nourrit sans vergogne la haine du père de Jamal contre les juifs. A la fin, le narrateur nous offre plusieurs possibilités pour terminer l’histoire: un happy end à l’américaine ou une fin triste où les traditions et les haines finissent par avoir raison des amants.

Méfiez-vous des parachutistes, Roman, Paris: Julliard, 1999, 190 p.
Machin, ingénieur qui vient de rentrer de France pour s’installer au pays, travaille dans la société des bitumes du Tadla (on comprend qu’il s’agit de l’OCP, l’office étatique qui exploite les phosphates et dont on disait qu’il constituait un Etat dans l’Etat). Un jour que notre Machin se promenait, il reçoit sur la tête un parachutiste égaré du nom de Bouazza. Exploitant la naïveté du héros, le para s’installe chez lui et devient de plus en plus envahissant. Bouazza est un personnage ambigu, qui cristallise toutes les contradictions de la société. Il est à la fois ange gardien et gardien de la conformité morale du comportement du héros. Plus tard, Machin comprendra qu’il ne pourra jamais se débarrasser de lui, pas plus que les autres personnages, tous aussi étranges et fous les uns que les autres qui gravitent autour de lui. A la fin, le héros réalisera que pour trouver la paix et la sérénité, il doit «aimer Bouazza».

L’oeuvre de Fouad Laroui | Hicham Raji Le Maboul, Nouvelles, Paris: Julliard, 2001, 156 p.
Le premier recueil de nouvelles de Laroui. Les romans de l’auteur étaient parsemés de petits contes, souvent indépendants de l’intrigue. Ici, des copains assis autour d’un café se racontent des histoires étranges. A la fin du recueil, il y a même des nouvelles anglaises.
La Fin tragique de Philomène Tralala, Roman, Paris: Julliard, 2003.
Philomène Tralala, de son vrai nom Fatima Aït Bihi, est écrivain maroco-guinéenne. Elle défraie toujours la chronique en dénonçant l’hypocrisie des milieux des médias en France et criant leurs quatre vérités aux invités des plateaux de télévision. Elle se fait harceler par un critique de la place, Gontran de Ville, qui se prétend amoureux fou d’elle. Le critique est surtout célèbre pour ses capacités à nuire aux auteurs et à les traîner dans la boue. En l’éconduisant violemment et en le ridiculisant régulièrement, Philomène s’attire sa vengeance. L’héroïne finira par être accusée du meurtre de Gontran.

Chroniques des temps déraisonnables, Casablanca: Tarik éditions-Paris: Emina Soleil, 2003, 224 p.
Fouad Laroui réunit dans cet ouvrage les chroniques qu’il fournit régulièrement de 1997 à 2002 dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, puis dans son successeur l’Intelligent, chroniques où il scrute l’actualité dans un style acerbe.

Tu n’as rien compris à Hassan II, Nouvelles, Paris: Julliard, 2004, 120 p.
Fouad Laroui continue dans ce nouveau recueil de nouvelles à traquer les aspects absurdes et étranges des comportements des Marocains.
L’auteur a aussi publié un recueil de poèmes et un essai en néerlandais. Il a aussi publié un livre pour enfants (la Meilleure façon d’attraper les choses, Rabat: Yomad, 2001).
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