Transports d’écrivains, suite: Jabbour Douaihy, conteur de guerres… | Diala Gemayel
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Diala Gemayel   
Transports d’écrivains, suite: Jabbour Douaihy, conteur de guerres… | Diala GemayelComme l’a montré la grande rétrospective consacrée aux artistes dans la guerre libanaise (1975-1991) par le Beirut Art Center (BAC) en juin et juillet derniers, le conflit qui a déchiré le pays du Cèdre continue de hanter la mémoire et les outils de création des Libanais. Qu’elle soit sur le devant de la scène ou dans un inquiétant et persistant arrière-plan, la guerre strie les romans et les nouvelles de Jabbour Douaihy. Ce natif de Zgharta (Liban-Nord), professeur de littérature française à l’Université libanaise, raconte, inlassablement, les faits et gestes d’une société vivant à une époque chronologiquement révolue mais psychologiquement vivace. Seize longues années pendant lesquelles le Liban s’est lentement disloqué, séparant ses habitants les uns des autres, parfois définitivement, comme dans Rose Foutain Motel , son dernier roman traduit en français.
Pluie de juin (2006), quant à lui, remonte aux origines lointaines des discordes actuelles: 1957, l’année du massacre de l’église de Meziara, bourgade du Liban-Nord. S’y sont entretuées les familles Douaihy, Frangié et Mouawad. Dans une interview accordée à Now Lebanon, l’auteur confie à ce sujet que «cette période de violence civile pouvait facilement être considérée comme une répétition générale» de la grande guerre de 1975.
Pluie de juin a fait partie, en 2008, des six romans finalistes du très célèbre Arab Booker’s Prize. Actes Sud, l’actuel éditeur français de Jabbour Douaihy, s’apprête à le traduire en 2010. Pour Babelmed, il a bien voulu se prêter au jeu des questions/réponses autour de ses déplacements libanais…

Au Liban, comment vous déplacez-vous (taxi, service, bus, voiture, marche)?

Je conduis ma voiture et parfois quand je suis fatigué, j’engage un chauffeur pour les longs trajets, peu nombreux par ailleurs…

Qu'auriez-vous à dire sur le déplacement au Liban en général?

Tout est possible à la fois. Ronger son frein sur une autoroute bondée et une heure plus tard emprunter un sentier de montagne… Pour le transport urbain, il m’en reste pourtant une impression chaotique.

Se déplacer au Liban a une incidence sur votre écriture?

Bien sûr, puisque je n’écris pas chez moi. Je me déplace pour le faire, et plus le déplacement est compliqué, plus l’échéance de la « page blanche » est retardée…

Quels sont vos souvenirs marquants (bons ou mauvais) de déplacements libanais?

Le pire c’était, pendant les guerres, de tomber sur un « barrage volant », comme on disait… Monter dans un taxi-service est toujours d’un intérêt certain pour ceux qui ont déserté depuis longtemps ce moyen de transport.

Diala Gemayel
(08/09/2009)


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