Ziad filme ça | Fadwa Miadi
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  Ziad filme ça | Fadwa Miadi On avait gardé un bon souvenir de West Beyrouth, le premier opus de Ziad Doueiri. Six ans plus tard, le jeune réalisateur libanais revient sur le grand écran avec Lila dit ça, un film d’une insolente poésie inspiré d’un roman érotique publié en 1996 par un mystérieux Chimo. «C’était une jolie histoire. L’adapter au cinéma était un défi car il aurait été catastrophique de la raconter telle quelle», confie Ziad Doueiri à l’issue de la projection de son film au festival de Marrakech en décembre dernier.
La première lumineuse idée du réalisateur fut de transposer l’histoire d’amour entre Chimo, 19 ans, et Lila, 16 ans, de la banlieue grise de Paris sous la lumière méditerranéenne de Marseille. La deuxième est d’avoir choisie Vahina Giocante, après avoir casté près de 400 comédiennes, pour incarner Lila, une adolescente fantasque à l’imagination audacieuse. Ziad filme ça | Fadwa Miadi Lila-Vahina Giocante a quelque chose de Brigitte Bardot dans Le Mépris. Et toute la subtilité de son jeu réside dans son talent à dévoiler ses fantasmes libertins sans jamais tomber dans l’obscène. Elle se contente de jeter le trouble sur les spectateurs et sur Chimo (Mohamed Khouas), l’adolescent rêveur et solitaire à qui elle a choisi de les susurrer.
Lila dit ça nous donne à voir l’imaginaire débordant d’une jeune fille en quête d’amour qui se heurte au mur de silence et d’incompréhension des garçons. Lila dit tout, Chimo ne dit rien, ne comprend rien ou alors quand il est presque trop tard.
A travers ce film, Ziad Doueiri pointe du doigt la difficulté de vivre la sexualité mais aussi de la dire quand on est adolescent et nous offre au passage des scènes éblouissantes qui resteront longtemps gravées dans nos rétines.
Autre heureuse idée de Ziad Doueiri, celle d’avoir inventé une fin moins tragique que celle du roman. Ce qui contribue probablement à ce que son film, et ses personnages, continuent à nous habiter. Ziad filme ça | Fadwa Miadi Bio express de Ziad Doueiri
Né à Beyrouth en 1963, Ziad Doueiri quitte le Liban en pleine guerre civile pour s’établir en Californie où il étudie le cinéma. Assistant de formation, il travaillera notamment avec Tarentino et cite Ron Freake et Francis Ford Coppola parmi ses réalisateurs fétiches. Son premier long métrage, West Beyrouth, recevra de nombreuses récompenses dont le Grand Prix de la biennale du cinéma arabe à Paris en 1998.
Il tentera par la suite de réaliser Men in the Middle, un film autour des négociations secrètes entre Arabes, Américains et Israéliens mais ce projet qui l’aura absorbé plusieurs années tombera à l’eau suite à la tragédie du 11 septembre faute de financement. En attendant une conjoncture internationale plus favorable, il se lance dans l’adaptation de Lila dit ça.
Ziad Doueri vit actuellement entre Paris, Beyrouth et le Mexique, où sera tourné son prochain opus sur l’apparition de la vierge. Fadwa Miadi
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