Mathieu Bélezi récompensé | Ghania Kélifi
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Mathieu Bélezi récompensé | Ghania KélifiEn l’absence de l’auteur retenu à Rome où il vit, le prix a été remis par Nacer Kettane, président de BEUR FM et Beur TV à la représentante de l’éditeur .A rappeler que cette distinction parrainée par des personnalités du monde de la culture, récompense un ouvrage publié en langue française traitant de thématiques liées au Maghreb, la Méditerranée, l’identité plurielle, la mémoire commune ...

En ce sens le récit de Belezi remplit parfaitement cette mission si l’on peut dire. Le titre «C’était notre terre» peut évidemment faire dresser les cheveux sur quelques têtes car même conjuguée au passé cette relation équivoque de possession, ravive les blessures mémorielles des deux côtés de la méditerranée. C’est n’est pourtant pas l’intention de Belezi même si le décor de son récit rappelle douloureusement tant de sagas de familles de colons. Les Saint-André sont les propriétaires du domaine « Montaigne » dans le Dahra algérien. Les personnages, un couple qui s’entredéchire, leurs trois enfants et la servante berbère Fatima. Une distribution à priori sans surprise .Pourtant l’auteur échappe au piège de la caricature .Les événements, jusqu’à l’explosion de la haine et de l’horreur, sont racontés à travers les yeux de chacun de ces six témoins acteurs écrasés par une Histoire qui s’accélère et les piétine impitoyablement et sans distinction pour leur appartenance à l’un ou l’autre des deux camps. L’écriture est belle, forte et donne au livre un rythme qui transcende un thème pourtant peu original. Bélezi réussit à sortir son livre de l’oppressante intimité historique franco-algérienne pour lui donner une dimension universelle, humaine tout simplement. Son parcours personnel l’a probablement aidé dans cet exercice de dissection des relations humaines. Mathématicien de formation, Bélezi est né en France et a vécu en Louisiane (Etats-Unis) puis en Inde. Depuis trois ans il a posé sa valise en Italie.

Ghania Kélifi
(14/02/2009)


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