«On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime» | Amine Idjer
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Amine Idjer   
«On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime» | Amine IdjerMère et grand-mère des chanteurs Louis Chedid et Mathieu Chedid, dit M, et de la peintre Michèle Chedid-Koltz, elle est l’auteure d’une vingtaine de romans et autres recueils de nouvelles, alors que son œuvre poétique a été réunie en deux volumes intitulés: «Textes pour un poème (1949-1970)» et «Poème pour un texte (1970-1991)». Son amour pour l’écriture ne s’est pas cantonné uniquement au roman, à la poésie ou à la nouvelle, elle s’est même essayée aux histoires pour enfants, ainsi qu’au théâtre avec des textes comme entre autres «le Monteur», «Echec à la reine». Le succès était au rendez-vous. Elle a également écrit des chansons à son fils et à son petit-fils dont le succès planétaire «Je dis aime», sorti en 1999.
C’est d’ailleurs cette chanson que M interpréta, le 9 février dernier, jour des obsèques de sa grand-mère, à l’église Notre-Dame de Liban à Paris. Un témoignage d’affection émouvant. Il était accompagné de sa petite fille Billie (8 ans) pour un dernier hommage, à une femme pour laquelle il vouait une admiration sans pareil. Un bel adieu ou émotion rimait avec passion. Ne manquait à l’appel que son fils Louis qui était en tournée. Ce n’est pas là le comportement d’un fils indigne, mais d’un fils exécutant les conseils que lui prodiguait sa mère. Elle lui a toujours dit de «poursuivre son chemin au rythme de sa passion, même dans l'adversité». Affecté, abattu, il a tenu à poursuivre sa tournée. Une belle preuve d’amour…
D’origine syrio-libanaise, Andrée Chedid est née le 20 mars 1920 au Caire, en Egypte. Ses parents se séparent alors qu’elle n’est qu’un enfant. Elle est mise à l’âge de 10 ans en pension chez les Sœurs du Sacré-Cœur. C’est là où elle apprend l’anglais et le français. Mais à cette époque l’arabe demeure sa langue de prédilection : elle est plus à l’aise pour exprimer sa tendresse à travers les mots de cette langue. A l’âge de 14 ans, elle se rend en Europe, puis revient au Caire où elle étudia dans une université américaine. Mariée, elle part vivre au Liban, en 1942, avec son mari. L’année suivante, elle publie un premier recueil de poèmes en anglais. En 1946, elle s'installe définitivement à Paris. Imprégnée d’un «multiculturalisme» lié à sa connaissance intime du Moyen-Orient et l'Europe, l’oeuvre d’Andrée Chedid est nourrie et traversée par cette identité plurielle. Elle finit par opter pour le français comme langue d’écriture.
«On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime» | Amine IdjerLes nombreux lecteurs d’Andrée Chedid aimaient ses intrigues le plus souvent campées dans le Liban de ses origines. L’œuvre d'Andrée Chedid a été qualifiée de «questionnement continuel sur la condition humaine et les liens entre l’Homme et le monde...Elle (y) encourage chaque homme à accepter l’altérité. Son style, très travaillé se caractérise par sa fluidité et une éternelle quête d'une humanité». («Le Corps et le Temps», 1979).
Aujourd’hui, Andrée Chedid occupe une place de choix parmi les auteurs français contemporains. Elle s’est vue attribuer des prix littéraires prestigieux consacrant ainsi son talent d’écrivaine: l’Aigle d’or de la poésie en 1972, le Goncourt de la nouvelle en 1979, le Prix Louise Labé et le Prix Goncourt de poésie en 2003. En 2009, le Printemps des poètes 2009 lance le premier concours Andrée Chedid de poèmes chantés, reconduit pour la deuxième année en 2010. Le 12 avril de la même année, elle devient également grand officier de la Légion d’honneur. Elle meurt de la maladie d’Alzheimer, maladie qu’évoque son fil Louis Chedid avec la chanson «Maman, maman» figurant dans son seizième album, «On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime».


Amine Idjer
(12/02/2011)



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