Littérature algérienne: la proximité du drame | Rachid Mokhtari, Mohamed Dib, Tahar Djaout, Rachid Boudjedra, Yamina Mechakra, Nourredine Saâdi, Maïssa Bey, Rachid Mimouni, Boualem Sansal, Yassine Temlali
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Yassine Temlali   
«La littérature des années 1990 et celle des années 2000 sont différemment influencées par le contexte de violence intégriste»

// Rachid Mokhtari Rachid Mokhtari
Rachid Mokhtari est journaliste, romancier et essayiste. Il a publié deux ouvrages sur l’écriture romanesque algérienne des deux dernières décennies: «La graphie de l’Horreur» (2002) et «Le nouveau souffle du roman algérien» (2006). Son dernier livre, «Tahar Djaout, un écrivain pérenne» est consacré à l’œuvre de cet auteur, assassiné en 1992, par un groupe armé.
Dans cette interview, Rachid Mokhtari analyse le lien entre les romans algériens parus depuis 1990 et le contexte de conflit et de violence politiques que vit l’Algérie encore aujourd’hui. S’il admet que beaucoup de ces romans ont été écrits dans la proximité totale avec le drame, il conteste le caractère dépréciatif de l’expression «littérature de l’urgence » par laquelle, souvent, on les désigne. Quant aux productions romanesques des années 2000, il y décèle la trace d’une évocation plus détachée, ironique même parfois, de la tragédie sanglante que vit le pays.
 
Entretien ...

Vous avez fait paraître en 2002 un livre intitulé «La graphie de l’Horreur » qui analyse la façon dont la tragédie sanglante des années 1990 a été rendue dans les textes littéraires d’auteurs algériens. Qu’est-ce que c’est qu’une «graphie de l’Horreur»?
 
// Mohamed Dib Mohamed Dib
La rédaction de cet essai a été surtout motivée par la parution de «Si Diable veut», roman de Mohamed Dib (1998)*. Cet auteur, après sa trilogie nordique, a amorcé un retour esthétique au pays de sa première trilogie romanesque, publiée dans le contexte colonial («La Grande maison», 1952, «L'incendie», 1954, et «Le métier à tisser», 1957). Voilà un des pères fondateurs de la littérature maghrébine moderne qui, pour la première fois, met en contiguïté le malheur du terrorisme islamiste et le malheur colonial, fonds de commerce de ce que j’appellerais la ‘littérature d’Etat’ des années 1970 et 1980, lorsque les maisons d’édition étatiques publiaient des écrits épiques sur la Guerre de libération nationale (1954-1962), dans l’indifférence totale aux problèmes socioéconomiques du pays.

Dans cet essai, j’ai élaboré des synthèses critiques, illustrées d’extraits de romans d’auteurs soit, à l’époque, nouvellement venus sur la scène littéraire, comme Boualem Sansal et Nourredine Saâdi, soit qui y sont revenus après une vingtaine d’années de silence,comme Yamina Mechakra. D’auteurs écrivant en arabe aussi, comme Waciny Laredj !
L’Horreur évoquée dans cet ouvrage est soit métaphorique, comme dans «Si Diable veut» de Mohamed Dib (la meute de chiens ensauvagés), soit émotionnelle, comme dans l’œuvre de Maïssa Bey. Elle se retrouve dans le récit brut de Yasmina Khadra, aussi bien que dans la tragi-comédie de Laredj ou la chronique journalistique corrosive, à l’épaisseur poétique, de Tahar Djaout.

Certains écrivains algériens «consacrés » ont d’abord réagi par des écrits pamphlétaires à l’émergence du Front islamique du Salut au début des années 1990 : Rachid Boudjedra a publié en 1992 «FIS de la haine » et Rachid Mimouni, la même année, «De la barbarie en général et de l'intégrisme en particulier ». Ces deux auteurs n’ont pas tardé à recourir au roman pour évoquer la violence que vivait leur pays : dans «Timimoun», 1994, pour le premier et dans «La malédiction», 1993, pour le second. Qu’indique ce passage au romanesque comme mode d’expression?
 
// Tahar Djaout Tahar Djaout
Ces deux écrivains de la postindépendance se sont affirmés comme des écrivains politiquement engagés au sens katébien. Ils ont revendiqué la «désorigine » avec ce présumé «unique passé algérien », celui arabo-islamique. Ils ont plongé leur plume dans un passé plus lointain par ses langues, ses mythes et ses imaginaires. Avec Tahar Djaout, plus ‘impliqué’ qu’engagé au sens que je viens d’expliquer, ils ont donné des assises conceptuelles à la résistance citoyenne à l’intégrisme islamiste, qui avait commencé à prendre de l’ampleur à la fin des années 80.

La dénonciation de l’intégrisme en ce début des années 1990 était plus ‘urgente’ que ne pouvait permettre de le faire une œuvre littéraire, fût-elle la plus pamphlétaire qui soit. Ces essais démontent les mécanismes de l’idéologie islamiste et son caractère génocidaire, qui s’est manifesté par l’élimination systématique d’intellectuels, d’écrivains, de journalistes, c'est-à-dire de l’intelligentsia, et aussi par des massacres de populations, essentiellement paysannes. Mais, Boudjedra et Mimouni sont avant tout des romanciers ! Le retour, et non le «passage » au roman est l’expression de cette impuissance contre le Mal.
Boudjedra a entamé une série romanesque sur les traumas de l’Horreur : «Timimoun», «La Vie à l’endroit» et «Funérailles» (1994, 1999 et 2003, respectivement). Quant à Mimouni, nous pensons que «Le fleuve détourné» (1982) est plus éloquent sur la genèse de l’islamisme politique que «La Malédiction», une sorte de reportage sur la première insurrection du FIS (la «grève politique» de 1991), en réalité, son roman le plus pauvre esthétiquement.

// Rachid Mimouni Rachid Mimouni
Un phénomène similaire, faut-il le rappeler, s’est produit au début des années 1950. Après avoir publié des écrits journalistiques dénonçant le système colonial, Dib et Yacine sont passés au roman. Un roman sur une tragédie a forcément une plus forte audience qu’un essai qui ne s’adresse qu’à des lettrés politisés. Cela étant dit, nous persistons à croire que ce genre de passage aujourd’hui traduit, outre ce sentiment d’impuissance devant l’Horreur, la volonté d’échapper à la censure d’Etat. Il faut souligner également la pauvreté de la production de réflexions, d’essais, etc. sur certains sujets sensibles. Le roman pallie à cette pauvreté et suscite, à lui seul, des débats publics : «Le rapt» d’Anouar Benmalek (2009) sur le massacre du village Mélouza par des combattants de l’Armée de libération nationale (janvier 1956); «Le village de l’Allemand» de Boualem Sansal (2008) sur le rapport entre nazisme et islamisme…

La tragédie des années 1990 a inspiré beaucoup d’auteurs ‘confirmés’ comme Boudjedra. Elle a également inspiré de plus jeunes auteurs. Peut-on parler d’évocations différentes de cette tragédie selon leur appartenance à l’une ou l’autre de ces deux générations d’écrivains?

Les aînés ont mis en contiguïté la tragédie coloniale et la tragédie islamiste. Pour les écrivains de la génération post-1988, la mise en contiguïté s’opère au sein du couple pouvoir politique - terrorisme islamiste.
Il y a télescopage des massacres coloniaux et du terrorisme islamiste dans «Si Diable veut» de Dib. Dans «La vie à l’endroit» de Boudjedra, l’évocation des enfumades perpétrées contre les populations civiles par les troupes coloniales des généraux Bugeaud et Saint-Arnaud, au 19ème siècle, alterne avec celle des massacres terroristes pendant la dernière décennie du 20ème siècle. Il y a aussi télescopage entre la libération nationale et la réalité de l’absence de libertés dans «Le miroir aux aveugles» de Laredj (1998). Le discours officiel, qui fait endosser à la colonisation tous les ratages de l’indépendance, est mis à mal par ce parallèle entre le terrorisme islamiste et la barbarie du général Bugeaud. Pour la génération des romanciers post-1988, comme Mustapha Benfodil, Adlène Meddi, Hamid Abdelkader, Najia Abeer, ce n’est plus la colonisation qui est la matrice des malheurs nationaux mais les pouvoirs successifs depuis l’indépendance !

Quelques textes s’ancrent dans une autre réalité politique et sociale. «La faille», deuxième roman de Slimane Aït Sidhoum (2005), évoque le rapport entre la corruption du pouvoir et le séisme de Boumerdès. Dans «C’était la guerre», recueil de nouvelles de Habib Ayyoub (2002), un village qui attend la concrétisation des promesses du régime assiste au spectacle de l’arrivée d’un général pour l’érection d’une stèle commémorative. «Ô Pharaon», roman de Kamel Daoud (2005), met en scène un élu corrompu qui ‘profite’ des malheurs de ses électeurs dans le contexte d’un massacre terroriste. L’idéologie du pouvoir politique de la postindépendance est mise à découvert à travers des personnages glauques, versatiles, corrompus, qui couvent l’islamisme.…

Les générations littéraires, en Algérie, se définissent encore en référence à des époques historiques appréhendées du point de vue de leurs caractéristiques politiques. On parle ainsi de ‘génération de la Guerre de libération’, de ‘génération de l’indépendance’… Peut-on parler de ‘génération des années 1990’?

Nous ne pensons pas qu’il faille catégoriser certains écrivains en deux générations : celle de la guerre de libération et celle de l’indépendance. Dib, Kateb, Mammeri, Farès, et Feraoun appartiennent aux deux !
Si cette ‘génération des années 1990’ existe par des noms, elle ne se distingue pas encore par une œuvre majeure. Les romans publiés ces vingt dernières années n’ont pas la puissance esthétique et politique de ceux de la génération des «enfants terribles» des années 1980, comme Djaout et Mimouni qui, après une courte expérience avec les maisons d’édition étatiques se sont éloignés de la «dictée idéologique » ambiante pour utiliser l’expression d’un spécialiste de littératures maghrébines, Charles Bonn. «Les Vigiles» (1991) de Djaout et «Le fleuve détourné» de Mimouni restent à ce jour deux romans d’une puissance esthétique inégalée par les écrivains que vous évoquez. Pourquoi ? C’est sans doute le fait que l’écrivain ne peut produire une œuvre majeure dans un environnement de déshérence intellectuelle. Les idées du sociologue M’hamed Boukhobza ou de l’économiste Djilalli Liabès nourrissaient les œuvres romanesques hardies de Djaout et d’autres. Il faudrait peut-être attendre plusieurs décennies pour voir surgir une œuvre forte, qui porte l’innommable des massacres du terrorisme islamiste. Ce n’est que récemment que des auteurs français ont réellement commencé à exploiter, au niveau romanesque, le thème de la pratique de la torture par l’armée française en Algérie.

La littérature ne peut-elle être une expression artistique puissante que dans un contexte de richesse intellectuelle?

La littérature ne peut être isolée en tant qu’expression esthétique des mouvements intellectuels de la société. Le siècle des Lumières a été le catalyseur d’une littérature qui a aujourd’hui ses classiques. La figure de Feraoun, Dib, Mammeri et, plus tard, Farès, Djaout et Mimouni, ne saurait être dissociée de celle de Mostefa Lacheraf (un des intellectuels de la Révolution algérienne) ou de Mohamed Arkoun.

Certains critiques classent beaucoup d’écrits littéraires publiés dans les années 1990 dans la catégorie de la ‘littérature de l’urgence’. Partagez-vous cette opinion?

D’un côté, comme l’affirme Marguerite Duras, écrire, au sens littéraire du terme, est toujours un appel de l’urgence, un appel vital face à la mort. De l’autre, on écrit toujours en situation d’urgence pour laisser une trace d’une tragédie en cours. Ceci est valable pour les témoignages, journaux intimes ou écrits de prison, mais aussi pour les romans. L’exemple de «Le silence de la mer» de Vercors est éloquent ; il illustre le fait que cette littérature de proximité avec le drame qu’elle dénonce ne manque pas de puissance esthétique.
Nous contestons le prétendu caractère «éphémère» de cette littérature algérienne écrite dans la proximité avec le drame. D’abord, les écrits restent ! Ensuite, l’urgence qu’elle évoquait peut ressurgir un demi-siècle plus tard. Parmi les enfants qui ont grandi dans la décennie 1990, il y aura sans doute un écrivain de ‘l’urgence’ de ces années-là. L’expression ‘littérature de l’urgence’, de ce point de vue, n’est pas dépréciative.

La question ne s’en pose pas moins : certains écrits dits ‘littéraires’, publiés dans les années 1990, méritent-ils réellement ce qualificatif ?

Le qualificatif ‘littéraire’ est aujourd’hui confronté à la complexité du réel. Il peut s’appliquer jusqu’aux e-mails ! Le dadaïsme et le surréalisme ne relèvent-ils pas du littéraire moderne, dans l’interpénétration de genres jugés, à tort, mineurs ? Dos Passos n’a-t-il pas introduit dans le roman le style et la forme des manchettes de journaux ?

Certes la ‘littérarité’ est de plus en plus difficile à saisir. Mais peut-on comparer les œuvres surréalistes, produits de recherches formelles parfois extrêmes, à des écrits parus dans les années 1990 qui, s’ils sont politiquement engagés, restent pauvres en termes d’élaboration formelle et d’originalité stylistique ? Ne peut-on pas dire que ce sont justement de telles déficiences qui définissent une ‘littérature de l’urgence’ dans laquelle le besoin de dénonciation prime le souci artistique?

Nous ne pouvons pas affirmer que les écrits romanesques des années 1990 sont stylistiquement pauvres sans avoir mené au préalable une étude formelle.
Notre expérience de lecteur et de consultant littéraire dans une maison d’édition algérienne nous incite à l’optimisme. Il y a de moins en moins d’écrits narratifs chronologiques à caractère social, moins de «littérature des slogans » qui, il est vrai, sacrifie le souci esthétique. Récemment, quelques jeunes écrivains, comme Djamel Ferhi avec «Le Bunkerou le requérant d’asile en Suisse» (2010), Kaouther Adimi avec «Les ballerines de Papicha» (2010), Tarik Taouche, avec «Schyzos» (2010) ont apporté au champ littéraire une véritable fraîcheur en dépit de quelques maladresses de débutants.

Quel a été le rôle de l’institution éditoriale, notamment la française, dans la promotion d’une ‘littérature du témoignage’ qui, en dépit de sa nécessité historique, ne peut être considérée comme de la littérature à proprement parler? Ne peut-on pas dire que l’image d’un pays à feu et à sang, livré à lui-même, était à un certain moment plus ‘vendeuse’ qu’une image plus nuancée de l’Algérie?

Des romans publiés récemment par des maisons d’édition algéroises, avec le concours financier du ministère de la Culture, révèlent un phénomène similaire. Des romans passés inaperçus ! «La descente aux enfers» de Mohamed Boussadi (2009), «Le paradis, L’amor» (2009) de Ratiba Naït Saâda et tant d’autres ! C’est une sorte de littérature du témoignage consacrant, a posteriori, la politique de concorde nationale (amnistie en faveur des combattants islamistes), avec, en sus, des fautes de syntaxe, d’orthographe et d’autres carences éditoriales encore ! C’est bien en deçà de ce qu’a pu faire l’institution éditoriale française en publiant cette ‘littérature du témoignage’ que vous évoquez et dont une partie constitue une documentation inédite sur le drame algérien…

La littérature est aussi une marchandise et il y a des marchandises qui se vendent mieux que d’autres ! Ne pensez-vous pas qu’une certaine ‘littérature de témoignage’ n’a pu se développer que parce que l’image d’une Algérie ensanglantée était commercialement rentable?

Oui, mais cette littérature du témoignage est paradoxalement rare pour ce qui concerne le terrorisme islamiste. En revanche, les témoignages historiques sur la Guerre de libération constituent un raz-de-marée dans l’édition algérienne. Ils sont le fait des acteurs de cette guerre ou d’hommes politiques qui ne l’ont pas vécue. Pourquoi depuis le début des années 1990 ? Est-ce pour des raisons de ‘rentabilité’ politique, au moment où l’héroïsme patriotique est mis à mal par un pouvoir illégitime et un islamisme jamais repenti? Il serait intéressant de relever les liens, cachés ou avérés, entre ce rejaillissement éditorial de la Guerre de libération et les massacres de l’islamisme armé, contexte dans lequel de tels témoignages sont publiés.

Vous avez publié en 2006 un essai intitulé «Le nouveau souffle du roman algérien» sur la production littéraire algérienne des années 2000. Peut-on parler à propos de cette production d’une ‘littérature d’après le conflit’?

Pas du tout. Cet ouvrage est un regard anthropologique sur un corpus de romans écrits par de nouveaux auteurs au début des années 2000. Ces auteurs sont dans «le conflit» mais avec un regard intimiste. Certains d’entre eux montrent la banalité du mal, comment la barbarie peut avoir un visage humain. «El inzilaq» (1998), un roman en arabe de Hamid Abdelkader (traduit en français par Moussa Acherchour sous le titre «Le glissement») et «Le labyrinthe» (2000) de Mohamed Sari sondent la psychologie des bourreaux islamistes, comme l’a fait Robert Merle dans «La mort est mon métier» (1952) pour les exterminateurs nazis.

Quelle est, pour vous, la principale ligne de démarcation entre la production littéraire des années 2000 et celle des années 1990?

Elle est floue mais on peut dire que la gravité du ton et les insertions de discours idéologique qui caractérisent les productions des années 1990 cèdent le pas dans les productions des années 2000 à l’ironie, à l’humour noir. Dans «Les trois doigts de la main» (2003) de Slimane Aït Slimane, on dédramatise l’attentat dont on a réchappé et on le raconte à une jeune infirmière pour la séduire ! Dans «Les bavardages du Seul» de Benfodil (2004), des réalités tragiques, comme les faux barrages (dressés sur les routes par des islamistes armés habillés en militaires) donnent lieu à des jeux sémantiques d’un humour décapant…
 
// Boualem Sansal Boualem Sansal
Les conflits armés marquent encore de leur empreinte l’imaginaire artistique algérien. Que révèle ce retour sur l’histoire du mouvement indépendantiste dans des romans parus ces dernières années : «L’hôtel Saint-George» (2007) et «Les figuiers de Barbarie» (2010) de Rachid Boudjedra, «Le village de l’Allemand» de Boualem Sansal (2008), etc.?

Depuis de longs siècles, les tragédies se succèdent en Algérie. Aussi, la littérature algérienne est-elle une littérature du tragique. Sa «syntaxe est sanguinolente » pour citer Octavio Paz. L’évocation de la Guerre de libération dans les romans algériens que vous citez, et d’autres encore, se distingue de son évocation dans ces romans publiés par les maisons d’édition étatiques dans les années 1970 et qui tendaient à légitimer un pouvoir politique se réclamant de la Révolution algérienne. Prenons un exemple : Mohammed Moulessehoul qui, dans les années 1980, publiait chez un éditeur étatique, l’ENAL, «La fille du pont» (1985), un écrit qui dénonce les affres de la colonisation, a signé en 2008, sous le nom de Yasmina Khadra «Ce que le jour doit à la nuit», un roman qui évoque de façon différente le même contexte historique, le contexte colonial, et élabore une figure d’«anti-héros» malgré lui, au double prénom Jonas-Younès…

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(*) Les précisons et autres explications entre parenthèses sont le fait du rédacteur.

 
Propos recueillis par Yassin Temlali
(03/11/2010)