D’un trait de plume | babelmed
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Il y avait la pionnière, Khnata Bennouna. Aujourd’hui, une autre génération de femmes a investi le champ de la nouvelle en langue arabe. Il y a eu Malika Moustadraf, disparue en 2006, laissant son fameux recueil, intitulé 36. Il y a Rajae Talbi, Wafae Mlih, Rachida Adnaoui, Zhor Gourram… Nombreuses sont les voix qui se sont affirmées dans ce champ littéraire. Abdelmajid Jahfa, membre du comité de rédaction de la revue Qaf Sad , qui avait consacré en 2006 son 3e numéro aux nouvelles écrites par des femmes, remarque que «leur écriture s’est beaucoup développée. Beaucoup de recueils ont été publiés. Ces jeunes femmes se démarquent de leurs aînées par des préoccupations nettement moins idéologiques: elles sont plus proches de la réalité quotidienne». Certaines écrivent aussi de la poésie ou des romans, mais estiment qu’elles ont un rapport plus intime avec le genre de la nouvelle. Aïcha Bourjila, qui est institutrice, écrit un peu de poésie, mais préfère la nouvelle, «mieux à même d’exprimer le féminin, les choses personnelles». Latifa Baqa, elle, professeur de communication à Agadir, met «notre condition de femme» au cœur de sa démarche d’écriture. «Ecrire est un besoin, confie-t-elle. Avant, je faisais de la peinture, puis j’ai découvert l’écriture. Je me sens plus libre avec les mots». Traduite en espagnol et en allemand, elle regrette de ne pas l’être en français. Pour Latifa Labsir, professeur de lettres à la faculté Ben Msik de Casablanca et chroniqueuse à Nissa’ min al-Maghrib , la nouvelle lui inspire «un désir d’écriture plus fort que pour la poésie». Rétive à tout message, elle décrit l’écriture comme «un souffle de liberté, qui n’a pas à imposer de jugement de valeur». Elle aime creuser, outre les aspects sociétaux, la psychologie de ses personnages: «Le Moi est une grande famille, qui comprend le «je», le «il», le «elle»… Le «Je» cache beaucoup de personnages». Pour toutes, l’écriture est un «travail», une vraie recherche en matière de forme. Abdelmajid Jahfa souligne l’apparition d’un genre nouveau dans lequel s’illustrent les femmes : «la nouvelle très courte».
Pour rendre hommage à ces nouvelles écritures de femmes, nous vous proposons la traduction d’extraits de nos coups de cœur, parus dans la revue Qaf Sad .

Kenza Sefrioui
(14/04/2009)


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