L’amour à 20 ans, de quelle vie ont-elles envie? | babelmed
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L’amour à 20 ans, de quelle vie ont-elles envie? | babelmedPremier rendez-vous d’un cycle d’enquête en trois mouvements sur les jeunes femmes Méditerranéennes, la série d’articles que nous publions ici nous amènent ,après la Palestine, le Liban, l' Algérie, le Maroc et la France, en Turquie, en Italie, en Egypte et en Espagne.

Elles s’appellent Amal, Lila, Joëlle, Yasmin, Ghania, Chelo, Nicole, Fédia, Sarah, Laurie, Celia, Doris… Elles ont toutes entre 20 et 30 ans, elles vivent sur la rive nord ou sud de la Méditerranée et ont accepté de se dire aux femmes journalistes qui les ont rencontrées pour la grande enquête que babelmed réalise en partenariat avec Bianet et l'Orient le Jour: “femmes, avoir 20 ans en Méditerranée” (soutenue par la FAL).

Quel que soit leur pays, ces jeunes filles ouvrent leurs coeurs, racontent leurs sentiments, leurs aspirations, abordent -ouvertement ou sur la pointe des pieds - la sexualité. Un point commun, elles veulent toutes un mariage, des enfants… mais tandis qu’il s’agit pour certaines d’un choix à réaliser en toute indépendance, il s’agit pour d’autres de la seule issue possible pour quitter définitivement le toit familial.

Paradoxalement, l’amour a 20 ans n’est pas particulièrement romantique en France où les jeunes filles ont une pratique relativement sereine de l'amour et de la sexualité.

Les jeunes italiennes le placent, elles, en tête du hit-parade de leurs attentes, le mariage étant par contre relégué au dernier rang de leurs priorités. Quant au Espagnoles, elles se disent souvent tiraillées entre un surinvestissement dans le travail et l'angoisse de passer à c ô té de l'expérience qui pourrait les conduire à avoir une famille.

L'amour est en revanche exalté sans mesure, dans la séparation, l’empêchement ou l’absence en Palestine. Comme si celui-ci se sédimentait sur les mêmes arrachements et les mêmes manques que ceux de la terre de Palestine dont il devient parfois, en un étrange jeu de miroir, la métaphore vive.

Côté sud, il faut bien dire que l'amour a la vie rude. La plupart du temps, il convient aux jeunes filles de se cacher des hommes de la famille, souvent avec la complicité des mères, car toute idylle amoureuse s’avère dangeureuse pour celle qui voudrait vivre sa relation au grand jour sans se soucier des codes de bonne conduite et de respectabilité.

La virginité jusqu’au mariage semble encore incontournable, y compris au Liban où les jeunes filles peuvent parfois endosser des tenues ultra provocantes. Cela n'empêchera pas les “fauteuses” de recourir à la chirurgie plastique pour se recomposer un hymen.

Cependant, comme le soulignent les journalistes algérienne et marocaine,malgré des conditions très diverses, d’Alger à Casa, du Caire à la Beyrouth, malgré leurs droits reniés, leurs libertés bafouées ou sérieusement ébranlées, les jeunes femmes interviewées ont toutes un fort désir d’autonomie auquel elles comptent accéder par le travail, les études, la réalisation de leurs propres convictions..., dussent-elles continuer à s'accomoder des structures patriarcales sur lesquelles reposent encore de tout leur poids les sociétés méditerranéennes.



L’amour à 20 ans, de quelle vie ont-elles envie? | babelmed Cette série d’enquêtes a été réalisée grâce au soutien de la Fondation Anna Lindh




(07/03/2008)


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