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Par delà tout talion: durant trois semaines, la population gazaouie, déjà considérablement affaiblie par deux années de blocus, a été confrontée à une armée surpuissante qui s'est déchaînée contre des personnes, des maisons, des institutions et des bâtiments publics.

L’évidence s’impose: des crimes de guerre ont été commis. De très nombreux civils ont été tués alors qu'ils fuyaient (suivant ainsi les injonctions des militaires israéliens) tandis qu'ils arboraient, les mains levées, un drapeau blanc. Des bombes au phosphore blanc ont été utilisées. Trois semaines de carnage qui ont tué des centaines d’enfants.

Face à ce drame, le silence des chancelleries occidentales, la passivité des gouvernements arabes montrent que ces instances ont été énucléées de manière à permettre à l'impunité de Tsahal de se déployer, durant une période de fêtes, dans l’infernal espace-temps gazaoui. Personne n’a invoqué de droit d’ingérence humanitaire, on n'ose penser quelle aurait été la réaction si les milliers de morts et blessés avaient été du côté israélien. La théologie de la Shoah paralyse toute velléité de critique européenne face à une répression des Palestiniens qui n'a que trop duré.
Si l'énorme majorité du peuple israélien se range aux côtés de ses dirigeants, c'est que nous sommes bien en présence d'une situation coloniale, et que le prix à payer de la guerre est pour l'heure encore supportable; où de l'aveu même du ministre de la défense Ehud Barak, c'est la mentalité d'assiégés qui prévaudra ad æternam, celui de la «villa au milieu de la jungle». Le «Proche-Orient» représente un milieu lointain, définitivement hostile et étranger et tout processus de paix est une négociation froide pour maintenir coût que coûte un quant à soi colonial qui n'est pas sans évoquer le cas sud africain ou les réminiscences de l'Algérie française.
L'honneur perdu de Tsahal: l’armée israélienne, de moins en moins laïque, à l’évidence, n’est plus que l’ombre d’elle-même ; en juin 1967, elle avait défait en l’espace de six jours plusieurs armées arabes. Aujourd’hui, comme il y a deux ans au Liban, elle s’acharne et peine des semaines durant sur des populations et infrastructures civiles et fait de ses ennemis politiques des héros de guérrilla et des acteurs politiques incontournables. L'absurde situation est que le gouvernement israélien (qui venait de voir ses relations «rehaussées» avec l'Union européenne), au lieu de pulvériser Hamas, par cette guerre (qui était censée effacer le sentiment de défaite face au Hiizbollah libanais), l'a rehaussé au-dessus de toutes ses espérances sur un plan international. Après cette guerre, tout le monde convient maintenant, y compris les Américains, que Hamas est un interlocuteur incontournable pour tout processus de paix israélo-palestinien et encore plus pour la réconciliation interpalestinenne. Une guerre menée pour rien en somme, même si en définitive elle fut entreprise par des dirigeants médiocres pour influer sur les sondages de popularité à l’approche de nouvelles élections.
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(27/01/2009)

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