Le journalisme électronique et l’information alternative en Algérie | Nassim Brahimi
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Nassim Brahimi   
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Un nouveau phénomène médiatique est apparu en Algérie depuis quelques années et a fondé une nouvelle ère du journalisme interactif et citoyen.

Celui-ci base son activité sur la participation du lecteur qui acquiert un rôle actif lui permettant de donner son point de vue et de recevoir l’information alternative, instantanée et libérée de toute forme de censure. L’Algérie a connu dernièrement une augmentation du nombre de journaux électroniques, ce qui a mis l’Etat devant l’obligation de les reconnaître et de promulguer une législation portant sur l’organisation de ce secteur par le biais d’un nouveau code de l’information qui est discuté actuellement.

Les lecteurs de médias électroniques en Algérie constatent que ce genre de journalisme a permis de libérer l’information contrairement aux médias classiques soumis aux pressions d’ordre financier qui s’abattent sur tous les opposants au pouvoir. Cette pression est impossible à appliquer dans l’espace des «bulles du net». Ainsi un certain nombre de journalistes algériens se sont réconciliés avec «la profession des  tracas» désertée par beaucoup à cause de la censure exercée dans les salles de rédaction.

Fayçal, un membre fondateur du site «Algérie Fox» note que l’espace médiatique algérien se caractérise par la «langue de bois» et le taxe de «misérable», ce qui l’a poussé à se réfugier dans le monde virtuel.

De son côté, Lounès Gmach, fondateur du site «Tout sur l’Algérie» remarque que la presse électronique a rehaussé le plafond du professionnalisme journalistique en imposant une compétitivité que ne prévoyait guère la presse imprimée.

Les adresses électroniques attirent quotidiennement des centaines de milliers de lecteurs algériens en quête d’une information alternative et d’un espace leur permettant de commenter, de rédiger et de donner leurs avis sur les sujets qui les intéressent, ainsi qu’un espace permettant la discussion entre opposants et défenseurs des politiques intérieures du pays, et dans lequel chacun donne son avis sans censure ni «ciseaux». La presse électronique vise ainsi le même objectif que celui des réseaux sociaux de communication.

Les jeunes algériens ont adopté les technologies de l’information et de la communication comme moyen d’expression populaire dans lequel ils ont trouvé leur spontanéité dont il ont été privés durant des années à cause du black-out non déclaré et de la politique d’étouffement qui a touché tous les espaces d’expression soumis à l’idéologie officielle. Et voilà que facebook défie aujourd’hui les journaux algériens les plus importants et que les journaux électroniques font trembler le trône du « consensus » et de la pensée unique; Voilà que les Algériens se mettent à crier «Touche pas à mon mur» exprimant ainsi leur refus de la mentalité algérienne du totalitarisme intellectuel à l’ère du renouvellement démocratique.
Il se peut que ce mur soit le dernier obstacle face au despotisme intellectuel et qu’il constitue le meilleur espoir du changement qui viendra un jour…


Nassim Brahimi
29/12/2011


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