Election présidentielle en Algérie: fin d’une campagne sans relief | Ghania Khelifi
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Ghania Khelifi   
Election présidentielle en Algérie: fin d’une campagne sans relief | Ghania KhelifiLa campagne électorale pour la présidentielle algérienne à été clôturée le 6 avril au soir. Près de 20 millions d’électeurs inscrits sont attendus le 9 avril pour élire l’un des six candidats en lice : le président sortant Abdelaziz Bouteflika « indépendant » soutenu par une alliance présidentielle des trois partis de la majorité, Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti des travailleurs(PT), une petite formation trotskiste et quatre autres concurrents inconnus du grand public. L’opposition démocrate et islamiste boycotte le scrutin qu’elle estime joué d’avance. Le parti du Front des Forces Socialistes (FFS) a organisé tout au long de la campagne électorale marches et réunions non autorisés pour dénoncer « la fourberie » du 9 avril. La formation de Hocine Ait Ahmed a adopté le carton rouge pour ses affiches et brandi par ses militants dans ses rassemblements. Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a décrété « jour de deuil national » cette même date. Le RCD a d’ailleurs soulevé une tempête de protestations en hissant un drapeau noir à la place de l’emblème algérien au fronton de son siège national à Alger. Il est lui aussi interdit de manifestations en faveur de l’abstention. Abdellah Djaballah le dirigeant islamiste s’était lui retiré de la course dès janvier, considérant que la consultation tenait de la mascarade. En fait le scrutin a perdu toute crédibilité lorsque le président Bouteflika, élu en 1999 et 2004, a reformé la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat. Depuis ,tous les moyens de l’Etat sont mis à sa disposition pour convaincre les Algériens de se rendre aux urnes, le véritable enjeu étant dans ces conditions la participation des électeurs. Ministres, dirigeants politiques de la majorité, responsables d’organisations civiles ont sillonné le pays promettant tout et n’importe quoi à des populations en prise au chômage, à l’inflation et à la corruption généralisée. Si leurs aînés votent par crainte de l’administration ou par conviction, les jeunes eux sont moins réceptifs au battage médiatique du gouvernement. Cette catégorie d’Algériens est particulièrement ciblée par le staff de Bouteflika. Internet, call centers, artistes, associations (plus de 5000), mosquées et bien entendu les médias sont mobilisés pour convaincre les jeunes et faire grimper le taux de participation. Une débauche de moyens sans impact sur les Algériens qui n’accordent qu’un intérêt relatif à ce qui est présenté pourtant comme « un événement historique ». Pour l’opposition en particulier et la population en général la présomption de fraude est très forte ; les restrictions et les interdictions qui frappent les partisans de l’abstention d’une part, et l’implication de l’administration dans le soutien au candidat Bouteflika d’autre part, en sont à leurs yeux la meilleure preuve.

Ghania Khelifi
(06/04/2009)


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