La bataille n'est pas encore gagnée | Ghania Khelifi
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Ghania Khelifi   
La bataille n'est pas encore gagnée | Ghania KhelifiL'association algérienne des victimes des essais nucléaires français a qualifié de "premier pas positif" l'annonce par les autorités françaises d'un plan d'indemnisation d'anciens miltaires ou employés civils et des populations locales en Algérie et en Polynésie.

L'association du 13 fevrier 1960 n'a pas de statistiques précises sur le nombre des victimes mais se dit convaincue des séquelles sur la santé des populations concernées.Le geste tardif du gouvernement français reste insuffisant au regard de l'association qui revendique depuis sa création en 2000 la reconnaissance comme "crimes contre l'humanité" des essais nucléaires.

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Du premier essai le 13 février 1960 baptisé "Gerboise bleue" au 17 février1966, la France a mené 210 essais aériens et souterrains.La population vivant alors dans les régions de Reggane et du Touat est estimée par la France à 40 000. Si Reggane est depuis associé à Gerboise Bleue,Tamnarasset ,El Goléa ,In Salah sont moins souvent cités. Sur une surface de 108 000 km2 du Sahara algérien de nombreux essais ont été "effectués enregistrant parfois des "accidents" techniques comme en mars 1963 pour Amétyste, en octobre de la même année pour Rubis et en 1965 pour Jade.

Ces ratés technologiques n'auraient eu aucun impact radioloactif selon le ministre français de la Défense qui a estimé lors de la présentation de son plan mardi dernier que seulement "quelques centaines" de personnes ont pu développer depuis un cancer.Ce n'est pas l'avis des associations qui se battent depuis des années pour faire admettre les effets des radiations sur leur santé.

En 1999, suite à une mission d'évaluation à la demande de l'Algérie, l'AIEA a recommandé que les sites du Sahara algérien soient interdits d'accès. Hervé Morin ,le ministre de la Défense , a tout de même admis que "treize ans après la fin des essais dans le Pacifique et après le traité d'interdiction des essais ratifié par la France, il était temps que notre pays soit en paix avec lui-même".

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Ce n'est pas pour autant que la bataille est gagnée pour les victimes. Les dossiers d'indemnisations seront confiés à un comité composé de médecins et présidé par un magistrat. Ce comité aura six mois pour formuler une proposition d'indemnisation qui devra recevoir l'aval du ministère de la Défense.La liste des maladies s'inspirant de celle établie par le comité scientifique des Nations unies pour l'études des effets des rayons ionisants (UNSCAER) servira de base d'indemnisations. Mais on n'en est pas encore là, le projet ne sera transmis au Parlement qu'en juin. Les victimes devront encore attendre.

Ghania Khelifi
(28/03/2009)


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