En Algérie, le droit des femmes continue d’être violé | babelmed
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En Algérie, le droit des femmes continue d’être violé | babelmed
Photo Bruno Hadji
Selon le gouvernement algérien, la série d’amendements, approuvés la semaine dernière par le Conseil des ministres et qui modifie l’actuel code de la famille, seraient destinés à «renforcer les droits de la femmes».

Ce n’est certes pas ce qu’en pensent les différentes associations pour la défense des droits de la femme algérienne, en Algérie et ailleurs. Le code de la famille avec ses récents amendements maintient la figure du tuteur pour la femme et la polygamie puisque celle-ci n’est pas clairement interdite mais soumise au consentement préalable de l’épouse ou des épouses (quatre pour la précision) qu’un homme algérien peut avoir.

Les défenseurs de ce texte s’insurgent en pointant comme «avancée notable», «l’obligation pour l’époux d’assurer, en cas de divorce, le logement à ses enfants mineurs dont la garde est confiée à la mère».

Il faut dire qu’autrefois la femme divorcée pouvait être chassée avec ses enfants du domicile conjugale et jetée tout simplement à la rue avec eux. Le code de 1984, adopté sous le régime du parti unique du Front de Libération Nationale, peu soucieux des femmes et du rôle clé que ces dernières jouèrent durant la guerre de libération du pays, s’inspirait en grande partie de la chariâa (loi coranique. Cependant, on sait à quel point la lecture des textes sacrés peut subir de profondes variations en fonction de l’interprétation politique des gouvernement qui s’y réfèrent.
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«La présence du Wali, c’est à dire du tuteur, signifie que la femmes est toujours inférieure à l’homme et qu’elle est incapable de conclure, seule, son mariage», considère Soumia Salhi, présidente d’une commission chargée des femmes à la Centrale syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Quant à Mériem Balala, présidente de «SOS femmes en détresse», elle estime que «cela touche réellement à la dignité des femmes. C’est une réforme obsolète. Celle-ci reste «dans l’esprit de la loi de 1084. Elle lève le voile sur un compromie fait sur le dos des femmes et donne raison aux islamo-conservateurs», a encore remarqué la sociologue Nadia Aït Zaï.

De nombreux acteurs de la société cicile algérienne ont également fait sentir leur voix pour que cette loi soit purement et simplement abrogée tandis que les forces islamistes, du MRN (Mouvement de la Réforme Nationale) au MSP (Mouvement de la Société de la paix) se sont montrés satisfaits des derniers amendements votés. La secrétaire générale de l’Union des femmes algériennes, Mme Abou Djerra Soltani, s’est également félicitée avec Mme Nouria Hafsi, proche du FLN, de l’actuel code de la famille.

La femme algérienne serait-elle condamnée à être mineure à vie? Rédaction babelmed
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