«Une étoile pour Noël», un spectacle de Nasser Djemaï | babelmed
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  «Une étoile pour Noël», un spectacle de Nasser Djemaï | babelmed “Une étoile pour Noël” c’est l’histoire du petit Nabil farouchement décidé à devenir premier ministre comme le lui a demandé secrètement son père.
Entre les mines de ciment où travaille ce dernier et le ministère, il n’y a qu’un pas à franchir... C’est en tout cas ce dont est bientôt convaincu Nabil, happé par la grande machine à laver d’une petite société, où chacun s’emploie à lui inculquer les recettes de la réussite: Ne pas ressembler à son père, avoir un prénom avec les bonnes sonorités, connaître l’équation type d’un cercle pour découper un gâteau...
Dans ce microcosme peuplé d’ogres à visage humain, Nabil, tour à tour naïf et manipulateur, avance dangereusement sur le fil ténu de sa destinée.
Une histoire où une simple tasse de thé peut avoir le tranchant d’une paire de ciseaux affûtés.
Né en 1971 à Grenoble de parents algériens établis en France depuis 1969, Nasser Djemaï s’inspire largement pour cette pièce de son parcours personnel, de sa vie et des personnages qui ont peuplé son enfance. Comme il le dit lui même si bien: «Le point de départ de mon travail est autobiographique. Tous les personnages ont un ancrage dans mes souvenirs, mais ils ont été étirés, poussés dans leurs retranchements, pour devenir des figures théâtrales».
«Une étoile pour Noël», un spectacle de Nasser Djemaï | babelmed Nasser Djemaï nous propose également dans ce texte insolent une réflexion sur de nombreux thèmes tels que l’identité (sociale plus que culturelle), la tyrannie du paraître, le mensonge de l’intégration et de l’adaptation sociale qui ressemble souvent plus à de l’acculturation, le rêve de l’ascension sociale et son affirmation catégorique comme seul modèle valable. Enfin, comme le dit Nasser Djemaï «c’est l'ignominie de la bonté que je m’amuse à déceler» à travers des personnages qui «massacrent allègrement en voulant faire le bien, car la violence part souvent d’un bon sentiment» ... et dans cette épopée, Nabil est entouré «d’ogres à visages humains qui s’acharnent (malheureusement pour lui) à vouloir son bonheur.
Loin des caricatures et des clichés, cette oeuvre met donc l’accent, avec acidité, sur les paradoxes de notre société à travers une belle prise de position qui confirme la volonté de Nasser Djemaï d’utiliser l’aspect subversif théâtre.
Nasser Djemaï est diplômé de l’École Nationale Supérieure de la Comédie de Saint-Étienne, et de la Birmingham School of Speech and Drama de Grande Bretagne, il s’est perfectionné à la British Academy of Dramatic Combat. Nasser Djemaï a acquis une expérience théâtrale européenne. Il a été dirigé par Hettie Mc Donald et Frank McGuiness dans The Storm d’Alexandre Ostrovsky au Théâtre Almeida à Londres. Dès son retour à Paris, il poursuit sa formation d’acteur auprès de metteurs en scène comme Joël Jouanneau, Philippe Adrien, Robert Cantarella, Alain Françon. Il a également joué dans Algérie 54/62 de Jean Magnan au Théâtre National de la Colline, mis en scène par Robert Cantarella, avec qui il travaille depuis plusieurs années.

Rédaction Babelmed
(24/02/206)
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