Said Lahssini drôle, rebel et fantastique | babelmed
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  Said Lahssini drôle, rebel et fantastique | babelmed Tout art qui se voudrait un tant soit peu original draine dans l’absolu sa propre symbolique des formes. Du classicisme au futurisme en passant par diverses autres tendances, l’exercice artistique en général, pictural en particulier s’est toujours exprimé à travers l’image-signe ou l’image-concept pour «rendre visible» ce que l’œil croit saisir et comprendre, mais qui se manifeste en réalité par la conjonction mystérieuse (ou hasardeuse) de mécanismes psychiques propres au rêve, à l’inconscient et à la mémoire.
L’art de Saïd Lahssini se situe à cette conjonction, laquelle, en termes de création, favorise une sorte d’éclosion fantastique, au niveau de la composition (renforcée par l’aspect scénique) comme au niveau des thèmes (ici récurrents). Said Lahssini drôle, rebel et fantastique | babelmed Lahssini est assurément un peintre qui a trouvé sa formule magique, celle qui lui permet de sortir des sentiers battus. Ce visuel, au langage rebelle, a poussé l’anticonformisme en peinture au point de frôler la paranoïa dalienne. C’est une vision à l’état brut d’une réalité sociale occultée derrière la nécessité, la souffrance, les tabous et la marginalisation. Réalité indifféremment présentée à travers des personnages difformes, hideux, à l’allure de monstres, non sans analogie avec la brutalité expressionniste d’un Baselitz; mais si humains dans leur attitude résignée ou burlesque, dans leur détresse parfois jusqu’à l’extravagance. Mais si Lahssini n’est pas un matiériste, son iconographie et ses moyens picturaux n’en sont pas moins connotatifs. Sa technique du graphisme est soignée et même méticuleuse, et sa couleur aux degrés dosés, parfois teintée, ses pigments expressément ternes collent parfaitement à sa profonde sensibilité faite de désenchantement et de révolte sourde, même si par souci d’esthétique, la force expressive des motifs semble parfois étouffée.

Saïd Lahssini est à notre sens un artiste-né. Iconoclaste de la défiguration amer, ce réaliste sans illusions nous livre en partage des «fantasmes» qui restent disciplinés et toujours d’une haute facture, en puisant dans l’imagerie hallucinatoire pour interpeller sans doute activement notre conscience. Abderrahman Benhamza
(02/02/2006)
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