Dossier de presse - La Turquie  face à la guerre en Irak ( Mai 2003) | babelmed
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Dossier de presse - La Turquie  face à la guerre en Irak ( Mai 2003) | babelmed
Général Büyükanıt
LE PRIX DE L'INFIDELITE…
Une fois la guerre terminée, la Turquie qui n’a pas été un «allié» sans reproche dans ce conflit irakien, loin s'en faut, est embarrassée. Quel sera le prix à payer par le gouvernement d’Ankara pour s’être montré infidèle? Privé d'un front au nord de l'Irak qui aurait facilité l'avancée des troupes et finalement écourté la guerre de plusieurs jours, les Américains ne sont pas tendres et manipulent volontiers le bâton tout en donnant quelques bouts de carotte ça le là. Tout dépend des interlocuteurs et du dossier qui est à l’ordre du jour. Le devenir des Kurdes de l’Irak, l'imbroglio chypriote, les conditions d’utilisation des bases américaines, notamment la plus importante, celle d’Incirlik près d'Adana, la crise économique et les pourparlers avec le Fonds monétaire international, la candidature à l’Union européenne, les prises de position de l’état-major turc tant sur le plan national qu’international... Les dossiers sont en effet nombreux.
Au début du mois de mai, le quotidien Cumhuriyet (1) consacre sa une à ce sujet en titrant sur cinq colonnes: «Vives critiques de Washington». Ce sérieux quotidien de centre gauche foncièrement kémaliste -qui fête d’ailleurs en ce mois de mai ses 80 ans, comme la République fondée par Atatürk, d'où son nom- énumère point par point les attaques lancées depuis Washington: "Paul Wolfowitz, le numéro deux du Ministère de la défense et l’un des faucons de l’administration Bush, vient de déclarer que la Turquie doit reconnaître d'avoir commis une faute. Il ajoute que les Turcs devraient désormais se demander, par quels moyens peuvent-ils soutenir la politique américaine avec plus d'efficacité. Il souligne au passage que Washington a été très déçu par les militaires turcs qui n’ont pas su imposer leurs points de vue. Wolfowitz rappelle que les Américains n’aiment pas s'incruster là où on ne leur fait pas bon accueil, tout en regrettant que le gouvernement turc ait annoncé la fin des opérations de reconnaissance menées depuis le nord de l’Irak, au moment même où Washington s’attendaient à un feu vert pour l’utilisation non restrictive de leur base d’Incirlik (située près d’Adana, au sud de la Turquie). Peut-être qu’un jour les soldats turcs pourront bien faire partie de la force de maintien de la paix en Irak, poursuit-il, mais ce n’est pas à l’ordre du jour pour le moment. L’opération d’armement des Turkmènes de Kirkuk ordonnée par Ankara, était également un évènement regrettable qui ne devait jamais avoir lieu" poursuit Monsieur Wolfowitz entre autres critiques.

Revers subi au Kurdistan irakien et la ruse américaine…
Quelques semaines plus tard, une information venant de l'Irak fait l’effet d’une douche froide. Les Américains viennent en effet de donner leur feu vert pour que Kirkuk devienne, à terme, la capitale du Kurdistan irakien, cela en dépit des nombreuses protestations des responsables turcs qui ont clairement exprimé leur hostilité à un tel projet!
Plusieurs éditorialistes des pages de politique étrangère se trouvent d'accord pour parler d'un échec cuisant pour la diplomatie turque. Ils évoquent la vieille "ruse américaine". "Les Etats-Unis, chaque fois qu'ils avaient à nous faire avaler une pilule amère, ont été menaçants. Toujours la même ruse ! Pour contraindre le gouvernement turc d'accepter ce qui est contraire à ses intérêts nationaux, ils commencent par nous culpabiliser. Nos "relations d'amitiés" se trouvent ainsi tellement tendues que dans la crainte de perdre l'appuie politique et financière indispensable des USA, Ankara se plie à ses exigences. Les déclarations de Wolfowitz, au début du mois, faisaient bien partie de cette tactique d'intimidation. Par contre, quand les Américains ont vraiment besoin de nous, ils savent devenir plus amicaux et réchauffent le climat pour que la Turquie leur rende bien le service attendu" écrivent-ils, en substance.

TENSIONS ENTRE LE GOUVERNEMENT ET L’ARMEE
Après la dernière réunion mensuelle du Conseil national de sécurité (MGK-Milli Güvenlik Kurulu, organe exécutif suprême contrôlé par l'armée) qui n'a pas été, à en croire le communiqué final, le théâtre d'affrontements attendus entre la hiérarchie militaire et le pouvoir civil, la tension n'est pas pour autant dissipée. Les différends qui les opposent, notamment sur le point sensible de la laïcité, continuent de faire la une des journaux. L'affrontement a donc lieu par médias interposés, ce qui évidemment déforme et envenime le débat. A tel point que le général Özkök, le chef d'état-major, éprouve le besoin de faire une déclaration à la presse pour affirmer qu'il est inutile de chercher à dresser les civils contre les militaires et que les institutions fonctionnent normalement. "Je ne veux même pas entendre prononcer le nom du coup d'état" s'exclame-t-il.
N'empêche, les bruits courent à Ankara que les jeunes officiers seraient particulièrement mécontents des agissements des "islamistes modérés" au pouvoir et qu'ils manifesteraient même une certaine impatience... A la suite d'un article signé par Mustafa Balbay, journaliste au Cumhuriyet (2) ses collègues se posent plusieurs questions résumées par Murat Yetkin dans le quotidien Radikal (3): "Le chef d'état-major a-t-il, oui ou non, parlé au Premier ministre lors de leur entretien du 20 mai, d'une certaine impatience des jeunes officiers? Si oui, est-ce que cela signifie que la hiérarchie militaire a des difficultés à contrôler sa base? Ou bien, serait-ce un avertissement pour que le gouvernement fasse le nécessaire afin d'apaiser rapidement les inquiétudes des officiers? Ou encore, pourrait-on penser que l'état-major partage également ces inquiétudes? Si le général Özkök a vraiment abordé ce sujet avec Monsieur Erdoğan, ne serons-nous pas autorisés à évoquer l'éventualité d'un coup d'état, comme d'ailleurs l'IISS, le club de réflexion semi-officiel basé à Londres, en a émis l'hypothèse?

Pas de concession sur l'unité nationale
et la laïcité…

Dans ce climat tendu, les responsables militaires tentent de désamorcer la crise en multipliant les déclarations apaisantes. Ils se proclament également tout à fait favorables à l'Union européenne. Fin mai, le général Büyükanıt précisent très clairement leur position sur ce sujet:
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"Nous sommes irrités de constater que l'on prétend, ici comme à l'étranger, que nous serions contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Les forces armées turques (TSK) ne peuvent pas être contre l'Union européenne. PARCE QUE, ADHERER A L'UNION EUROPEENNE EST UNE NECESSITE GEOPOLITIQUE ET GEOSTRATEGIQUE QUI SE SITUE DANS LA CONTINUITE DE L'OBJECTIF DE MODERNISATION QUI NOUS A ETE FIXE PAR MUSTAFA KEMAL ATATÜRK (4) rapporte le quotidien Hürriyet qui imprime ce passage du discours en caractères capitales.

Mais alors, pourquoi autant de soupçons sur les vraies intentions des militaires? La presse reporte l'irritation que cause au sein de l'armée certaines mesures faisant partie du paquet de proposition de lois afin d'adapter la législation turque aux exigences européennes. Dans ce "6ème paquet d'harmonisation" qui n'est pas encore officiellement présenté au Parlement, négociations et pressions vont bon train sur les points les plus sensibles. Il s'agit, en premier lieu, des propositions relatives à la "liberté d'utilisation des langues et dialectes parlés (…) entre les citoyens turcs dans leur vie quotidienne". Bien qu'il ne soit pas nommément désigné, tout le monde pense évidemment au kurde qui pourra ainsi être diffusé sur les ondes des radios et télévisions d'état; ce qui menace, selon les militaires, l'unité nationale. En second lieu, se trouvent les dérives possibles de la prétendue liberté de culte qui peut menacer le deuxième sacro-saint principe de la République: la laïcité. En effet, le projet de loi gouvernemental, sous prétexte de permettre à chaque croyant –quelque soit sa religion- d'avoir un lieu de culte proche de son domicile, inclut l'autorisation d'aménager des "mescit" (un local où chaque musulman peut se recueillir et faire sa prière) jusque dans les immeubles. Cette initiative est d'autant plus inquiétante que contrairement aux mosquées gérées par l'état, l'imposant réseau de "mescit" qui serait ainsi formé, échapperait à tout contrôle, pouvant le cas échéant devenir le réseau de développement et d'expansion d'une conspiration islamiste… L'armée se montre intraitable, plus particulièrement sur ce deuxième point qui constitue une sérieuse menace pour la laïcité.

Le droit de se déclarer objecteur de conscience…Dans ce climat de tension et de polémiques, il est curieux et significatif de trouver dans le quotidien Yeni Şafak, proche des islamistes, un article sur les objecteurs de conscience. (5) Sous la plume de Kurşat Bumin, on peut y lire les lignes suivantes: "Le 15 mai était la journée de l'objection de conscience; presque personne n'en a parlé. (…) Alors que dans beaucoup de pays occidentaux, les objecteurs de conscience peuvent faire valoir leur droit, en Turquie où faire son service militaire revêt un caractère symbolique très fort, ils seraient poursuivis et punis selon le code pénal qui interdit toute propagande à l'encontre du devoir de faire son service militaire. (…) Quant à la définition du concept, je ne suis pas d'accord que l'on évoque des "raisons politiques". Puisqu'il est question de "conscience" pourquoi introduire la notion de politique qui reste ouverte à toute dérive? Il faudrait séparer le domaine éthique du domaine politique… "

DES NOMINATIONS QUI FACHENT ET L'AGE DE LA RETRAITE…Durant plusieurs semaines, la question des nominations dans la haute bureaucratie, constitue la pomme de discorde entre le gouvernement et la présidence de la République. De nomination en nomination, chacun faisant le ménage dans le service dont il vient d'avoir la responsabilité, la constitution d'un réseau partisan se profile nettement à l'horizon. L’état-major non plus, ne voit pas d’un bon œil toute cette valse de nomination qui fait suite à des limogeages et pire encore, à des mises en retraite anticipées!
Le gouvernement vient en effet d’abaisser l’âge de la retraite dans la fonction publique de 65 à 61 ans. Motif avancé: rajeunir les équipes. Motif non avoué: se donner les moyens de nommer des hommes proches de l'AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi / Parti de la justice et du développement) qui détient la majorité absolue au Parlement. Cette initiative sans précédente qui fait un appel d'air dans toutes les administrations, pose en effet, particulièrement dans certains ministères de graves problèmes. Par exemple, aux Affaires étrangères la situation est particulièrement préoccupante. Remplacer plusieurs ambassadeurs récemment nommés ou qui avaient encore deux ou trois ans devant eux pour parachever la mission commencée, est un véritable casse-tête, de surcroît périlleux à un moment où la diplomatie turque doit livrer bataille sur plusieurs fronts.

Résistance présidentielle
Le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, manifeste également une vive opposition à ces nominations partisanes, en retardant, voire bloquant carrément plusieurs dizaines de dossiers. Le Premier ministre a alors beau jeu de dénoncer une attitude présidentielle sans précédent. "Les nominations refusées aux différents gouvernements dans le passé, restent quantité négligeable par rapport à ce que nous connaissons aujourd'hui" se plaigne-t-il. "Ce que R.T. Erdoğan oublie de préciser, c'est qu'avec les mises en retraite anticipées et la volonté manifeste de nommer massivement les hommes du parti dans tous les secteurs de l'administration, de surcroît sans se soucier des compétences, son gouvernement procède à un renouvellement des équipes sans commune mesure avec les pratiques de ses prédécesseurs, d'où les écarts de chiffres" remarquent les commentateurs.

Le Conseil constitutionnel annule la loi…
Le feuilleton continue avec l'examen de la nouvelle loi abaissant l'âge de la retraite par le Conseil constitutionnel qui a été saisi par l'opposition parlementaire, dès l'entrée en vigueur de ladite loi. Lors de leur réunion du 8 mai, les sages de l'instance juridique suprême suspendent cette loi. Les fonctionnaires qui ont été mis en retraite forcée lors des dernières semaines, vont donc pouvoir saisir les tribunaux administratifs pour regagner leurs ministères. D'autres, plus nombreux, qui s'apprêtaient à partir, respirent…
Après ce revers juridique, devant la vigueur de la résistance présidentielle et la réaction vive des militaires, le Premier ministre sera contraint de mettre un peu d'eau dans son vin, en demandant aux responsables de l'AKP, fin mai, de ne pas procéder à des nominations qui pourraient sembler arbitraires et partisanes, en précisant qu'une telle attitude nuit finalement à l'action du gouvernement. Les relations tendues avec l'armée et le prochain paquet d'harmonisation pour satisfaire aux critères de Copenhague, l'incitent également à la prudence… SUCCES DES ARTISTES AU SECOURS DE LA FIERTE NATIONALE
"Personne dans le monde ne nous aime !" Cette idée fort répandue dans la population turque depuis des décennies, serait-elle en phase d'être révisée? Après les succès répétitifs des sportifs et des artistes turcs au niveau international, la question se pose. Le quotidien Sabah (6) aborde ce sujet en titrant: Les Turcs n'auraient pas d'ami? Après la première place sur le podium du concours de l'Eurovision, obtenue par la chanteuse turque Sertab Erener le samedi 24 mai, toute une nation s'approprie cette réussite. Le quotidien qui rappelle que les paroles en anglais de la chanson interprété par Sertab Erener avaient auparavant suscité une forte polémique, participe à la liesse populaire: "Ce fut d'abord la troisième place à la Coupe du monde de football, puis le titre du champion de l'Europe en athlétisme avec Süreyya Ayhan, ensuite Miss Turquie a été élue Miss Monde…
Avant-hier soir un nouveau titre de champion vient de s'ajouter à cette liste qui nous fait bomber le torse avec fierté depuis l'an 2002. Crispés devant leurs écrans de télévision, les Turcs qui avaient l'habitude de se faire éliminer en vociférant contre ces "pays ennemis" qui nous ont toujours mal noté, ont vécu le bonheur d'être enfin premier. Depuis 1975 que la Turquie participe à ce concours de l'Eurovision, c'est en effet la première fois que nous avons, avec fierté, joie, passion, émotion et surprise, emporté le succès grâce à la forte et belle voix de Sertap Erener…"

Le succès à Cannes quelque peu éclipsé
Au lendemain du triomphe de la "chanson turque", une autre victoire, beaucoup moins attendue et bien plus "sérieuse" celle-là, est remportée par le cinéma d'auteur turc au Festival international du film de Cannes. Le jury présidé par Patrice Chéreau attribue deux prix importants à "Uzak" (Lointain) troisième long-métrage de Nuri Bilge Ceylan.
Il est très rare que le cinéma turc soit l'objet d'un tel succès international. Le précédent remonte à 1982, avec la Palme d'or partagée entre Yılmaz Güney et Costa Gavras. La presse turque consacre pourtant moins de place à cette actualité que celle de l'Eurovision. Les hommes politiques aussi. En effet, alors que la chanteuse Sertab Erener reçoit plusieurs messages de félicitation de la part des responsables politiques, pas un ne félicite Nuri Bilge Ceylan en lui envoyant un télégramme officiel. Le réalisateur n'en attendait pas d'ailleurs. La petite polémique s'éteint rapidement, suivie de quelques articles et entretiens pour pallier à cette négligence médiatique initiale. Le lecteur curieux découvre ainsi la personnalité de ce cinéaste discret et solitaire, qui n'aime pas trop la presse. (7) Il apprend également que Muzaffer Özdemir, consacré à Cannes meilleur interprète masculin avec son regretté jeune partenaire Mehmet Emin Toprak, ne se considère pas être un acteur, bien qu'il ait été à l'affiche des trois films réalisés par N.B.Ceylan! (8)

L'ETAT-MAJOR SERAIT-IL DEVENU TIERS MONDISTE?
Le Centre d'étude et recherche stratégique de l'armée, organise le 29 mai un symposium intitulé "Globalisation et la sécurité internationale". Le général Yaşar Büyükanıt, le chef adjoint des armées, prononce un long discours d'ouverture qui surprend et fait couler beaucoup d'encre. Beaucoup, comme le rédacteur en chef du quotidien Radikal, Ismet Berkan, pense que ce discours reflète avant toute autre chose, les craintes que nourrit l'armée. Il titre son éditorial "TSK et le tiers-mondisme".(9) Le discours du général Büyükanıt, relevant plus de la politique étrangère que de la stratégie purement militaire, est en effet riche en réflexions à contre-courant, dont l'ensemble de la presse fait grand écho. En voici quelques extraits: "La globalisation est vue et analysée différemment, selon que l'on considère les événements du point de vu des pays développés ou celui des pays en voie de développement. Les premiers considèrent comme menace, tout obstacle ou toute politique qui limiterait leur croissance et leur richesse. Les activités terroristes qui visent leurs intérêts nationaux ou qui perturbent l'ordre social de leur pays, sont alors considérées comme des menaces dangereuses. Pourtant, certains pays puissants vont jusqu'à soutenir des groupes de terreur dont les agissements sont jugés favorables à leurs visées diplomatiques, tant que les actions menées par ces groupes ne nuisent pas à leurs propres intérêts. (…) Alors que les dirigeants des pays développés considèrent l'immigration clandestine et le trafic de stupéfiant comme de sérieuses menaces pour notre monde, ils font semblant d'ignorer que la législation et la dynamique interne de leurs pays qui nourrissent le développement aussi bien de l'immigration clandestine que du traffic de stupéfiants au niveau international. Les nations puissantes, tout en possédant des armes de destruction massive, accusent d'autres pays qui voudraient posséder les mêmes moyens de défense, de constituer une menace régionale, voire mondiale; ils considèrent, en fait, comme une évidence que tout arme de destruction massive ne pourra être utilisée qu'à des fins terroristes…"

L'armée inquiète de son statut futur
Plusieurs éditorialistes soulignent que l'armée traverse une période de crise aggravée par les retombées de la guerre en Irak et que les récentes attaques de Wolfowitz qui leur a reproché leur manque de leadership dans ce dossier, n'ont rien arrangé. Une autre source de mécontentement, sans doute la plus importante pour l'armée, est l'évolution de la politique du pays vers un raffermissement du pouvoir civil au détriment de l'influence de l'état-major dans la conduite des affaires de l'état. L'harmonisation européenne se fait aussi sur le dos des militaires! Après le 6ème paquet d'harmonisation attendu pour début juillet, les 7ème et 8ème paquets suivront en automne, avec des réformes qui écarteront les militaires petit à petit des leviers de commande. En effet, le parti du Premier ministre voit d'un bon œil la réduction progressive du poids de l'armée dans l'appareil d'état, au nom des principes démocratiques que l'Europe impose aux pays candidats à l'union. Par ailleurs, Recep Tayyip Erdoğan rêve déjà de devenir président de la République dans quatre ans, après avoir modifié, dans l'intervalle, les prérogatives de la fonction présidentielle pour en faire un vrai chef d'état à la française…
Affaires bien délicates qui doivent continuer d'occuper les colonnes des journaux turcs durant les mois d'été.
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(1) Cumhuriyet, 7 mai 2003
(2) Cumhuriyet, 23 mai 2003
(3) Radikal, 25 mai 2003
(4) Hürriyet, 1er juin 2003
(5) Yeni Şafak, 18 mai 2003
(6) Sabah, 26 mai 2003
(7) Hürriyet-Pazar, 1er juin 2003
(8) Milliyet-Pazar, 1er juin 2003
(9) Radikal, 31 mai 2003 Mehmet Basutçu
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