Des récits à la croisée des petites et de la grande histoires | babelmed
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Des récits à la croisée des petites et de la grande histoires | babelmed La Découverte de la niaiserie, Hilmi Yavuz erre dans ce récit de la mythologie au sensationnel, de l’arabesque à la niaiserie, de l’humour à l’amour, du communisme au capitalisme, de l’orientalisme à l’occidentalisme, de l’art à la politique, et ce faisant il s’adresse aussi bien aux intellectuels naïfs qu’aux lecteurs avertis. L’auteur transmet ses pensées distillées par le temps dans un langage bigarrée emprunt d’un humour élégant servi par un style satirique aiguisé, et de critiques suffisamment contenues pour être entendues.
Toutefois, Hilmi Yavuz ne néglige jamais les vérités concrètes. Et il s’engage sur le terrain des grandes questions qui touchent ses lecteurs en revisitant le passé, de Héraclite au 11 septembre, et en se projetant dans l’avenir. Dans les textes de ce poète et penseur, il y a une place pour chacun d’entre nous, un lieu pour les interrogations les plus profondes et pour les identités les plus complexes.
Quelle est la relation entre le masque et le réel? L’amour a-t-il un sens ou est-il le sens même? Existe-t-il un seul poète qui n’ait écrit sur l’amour? Est-ce que le fait de ne jamais parler de littérature est un attentat à l’intellect? Le problème initial de la Turquie est-il l’occidentalisation ou la non-occidentalisation? Est-ce la suffocation de tout modèle alternatif par un capitalisme débridé en pleine expansion à encourager la terreur mondiale? Dans «La Découverte de la niaiserie» Hilmi Yavuz affrontent toutes ces problématiques avec la maitrîse et l’art d’un doyen de la pensée et du langage.

Madame Bambou, Faik Baysal,
Editions Can, 293 pages. Des récits à la croisée des petites et de la grande histoires | babelmed Contrairement à son titre, Madame Bambou n’est pas un roman construit autour d’une figure féminine, mais autour de celle d’un vieil homme seul. Senar Kul, le personnage principal, a plus de soixante ans. C’est un vétérinaire, désormais à la retraite, qui travaillait autrefois auprès de l’abattoir de sa ville. Il ne peut pas se battre tout seul contre l’anxiété causée par la mort de sa femme et il s’adresse à un docteur. Ce dernier lui propose d’opérer un changement radical dans sa vie en prenant de très longues vacances. Il devrait ainsi se libérer de sa solitude et pourquoi pas se remarier. Ce n’est pas une simple affaire pour Senar Kul, qui n’a jamais connu d’autres femmes que sa propre épouse, et pose en général un regard plutôt misogyne sur la gente féminine qui l’entoure. Pourtant deux jeunes femmes qu’il a connues dans un petit bourg estival l’obligent à repenser sa relation aux femmes. La première, Madame Senem, est la directrice du motel. L’autre, toute concentrée sur les trace du passé de son père suicidé, est Madame Bambou… Des récits à la croisée des petites et de la grande histoires | babelmed L’amour l'après-midi - “Cicipapa”, Nedim Gürsel Editions Doğan, 146 p.
Commençant par son dernier livre “L’amour l'après-midi”, traduit dans douze langues, les éditions Doğan ont décidé de publier l’œuvre complète de Nedim Gürsel. L’écrivain, qui vit depuis plus de 25 ans à Paris, est un des pilier de la littérature contemporaine turque. Ainsi l’ensemble des romans, nouvelles, récits de voyage, critiques et études de Gürsel (plus d’une vingtaine d’ouvrages) devraient sortir prochainement. Le dernier livre de Nedim Gürsel, L’amour l'après-midi (1) est un recueil de nouvelles qui met en scène l’amour et le désir. L’écrivain qui n’avait plus publié de nouvelles depuis dix ans, précise que ce retour à son ancienne passion est aussi émouvant que de retrouver un ancien amour. Par ailleurs, les nouvelles les célèbres, publiées depuis 1967 dans Un long été à Istanbul, Istanbul mon amour, A l’interrogatoire (Sorguda), La première femme et Dernier tramway sont regroupées dans un recueil intitulé “Cicipapa”. Le livre qui retrace l’aventure littéraire de l’écrivain depuis 35 ans, propose aussi des nouvelles jusque-là inédites.

1- lire dans babelmed.net l’interview relâchée par Nedim Gursel sur son dernier livre à notre correspondant.


A perdre haleine, Ayşe Kulin, Editions Remzi, 360 pages
Exclus par leurs familles qui s’opposaient à leur union, Selva, la fille de Fazıl Reşit, l’un des derniers pachas ottomans, et le jeune juif Raphaël dont elle est amoureuse se voient contraints de s’exiler en France. Mais là non plus ils ne trouveront pas la paix. En effet, la Deuxième Guerre mondiale vient d’éclater et ils ne tarderont pas à tomber dans les filets d’Hitler. Tout autour d’eux, le cercle des nazis se referme tandis qu’ils vivent dans la peur constante d’être expédiés en camps de concentration. A cette même époque, la Turquie marche comme un funambule, sur un fil tendu entre les Allemands et les Alliés...
Dans ce nouveau roman, Ayşe Kulin fait ressortir l’héroïsme de certains diplomates turcs qui sauvèrent des centaines de juifs du génocide commis par les nazis, mettant leur propre vie en danger. Le récit progresse tout au long du périple auquel est soumis le difficile amour de Selva et Raphaël, d’Istanbul à Marseille, d’Ankara jusqu’au Caire...
A perdre haleine est un roman qui fait appel à l’histoire contemporaine. Tissé d’événements vécus, d’amour et de poursuites, ce récit se lit d’un seul trait, comme d’ailleurs tous les autres romans de l’auteur. Halil Gokhan
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