Des Turcs chrétiens? Ça existe, il les a rencontrés! | babelmed
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  Des Turcs chrétiens? Ça existe, il les a rencontrés! | babelmed Au moment où l’Union Européenne vient d’accepter officiellement, par la voix de ses chefs d’état et de gouvernement, d’ouvrir des négociations d’adhésion en 2005, le débat sur la dimension religieuse de la nouvelle «question turque» fait rage (voir autre article).

Dans ce tumulte, une contribution inattendue nous est fournie par Sébastien de Courtois, spécialiste français de l’Orient, qui vient de sortir, en association avec le photographe Douchan Novalovik, un livre sur les Chrétiens de Turquie, Les Derniers Araméens, aux Editions La Table Ronde.

Entre présentation de l’éditeur et entretien de l’auteur avec Le Figaro, voici de quoi relativiser – à une échelle minuscule certes – les qualificatifs entendus ici et là sur la Turquie «pays musulman» ou «cheval de Troie islamiste».

Présentation de l'éditeur
Au sud-est de la Turquie, dans le massif du Tur Abdin, se dresse la montagne des Serviteurs de Dieu. Là, d'antiques monastères gardent les trésors et les secrets de la chrétienté syriaque, héritière de l'Eglise des Apôtres. Là, vivent aujourd'hui les derniers Araméens, les seuls à encore parler la langue de Jésus. C'est à la recherche de cette terre sacrée, de ce peuple oublié qu'est parti Sébastien de Courtois. Tout à la fois carnet orientaliste de voyage, traité vivant d'histoire des religions, fluide d'initiation archéologique et spirituelle, cet album célèbre notre ultime lien aux origines du christianisme.

Entretien de l’auteur avec Le Figaro
Les Araméens de Turquie sont peu nombreux, quelques 2.000 Chrétiens qui vivent à l’Est de la Turquie, dans le massif du Tur Abdin (la montagne des serviteurs de Dieu) dans des villages groupés autour de monastères fondés du IVe au VIIIe siècle. L’auteur, Sébastien de Courtois, raconte le début de son livre dans une interview conduite par Sophie de Ravinel pour Le Figaro du 5 janvier (www.lefigaro.fr). Extraits:

Le bus s’est trompé de direction et nous nous sommes arrêtés dans un lieu inconnu. Alors que je croyais qu’il n’y avait plus de chrétiens sur place, j’ai croisé un prêtre sur la route. Il s’exprimait dans un français parfait. C’était le père Joseph, curé de Mardin et ancien élève des dominicains de Mossoul en Irak (…).

Cette poche chrétienne située aux portes du Kurdistan, cousine de celles qui existent en Syrie, a survécu au cours de l’histoire malgré les massacres et les discriminations (…). La foi de ces citoyens turcs qui parlent la langue du Christ est totalement authentique, elle a traversé les âges (…).

Il y a encore deux ans, les Turcs les empêchaient toujours d’enseigner leur propre langue et de transmettre leur culture. Au cours des premiers de nos cinq voyages sur place, les écoles étaient clandestines…Aujourd’hui, depuis que la Turquie a lancé une opération de séduction en direction de l’Europe, la situation s’est bien améliorée (…)

Il y a vingt ans, ces villages n’avaient pas l’électricité. Ils ont aujourd’hui Internet et sont reliés au monde entier. Les habitants sont de fervents adeptes de l’intégration de la Turquie en Europe.
Rédaction Babelmed
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