Appel aux citoyennes et aux citoyens européens | babelmed
Appel aux citoyennes et aux citoyens européens Imprimer
babelmed   
 
Appel aux citoyennes et aux citoyens européens | babelmed
Lors du Sommet européen qui aura lieu les 16 et 17 décembre prochains à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne se prononceront sur l’opportunité d’entamer les négociations d’adhésion avec la Turquie. La présence de ce point dans l’agenda européen fait suite à un rapport de la Commission européenne rendu public le 6 octobre dernier en faveur l’ouverture des négociations avec ce pays. Il est également l’aboutissement logique de plus de quarante ans de relations entre la Turquie et l’Europe qui ont signé en 1963 l’Accord d’Ankara prévoyant clairement l’adhésion future de la Turquie à l’entité alors appelée les Communautés européennes.

Citoyens européens, nous sommes persuadés qu’une Union européenne ayant intégré ce pays comme membre serait globalement plus forte et à même d’agir plus efficacement en faveur d’un monde plus juste, plus pacifique et plus démocratique.

De par sa trajectoire historique et sa position géographique, la Turquie est au confluent de l’Europe, de la Méditerranée, du Caucase, de l’Asie centrale et du Proche et Moyen-Orient. Son intégration conforterait la dimension universelle des valeurs qui fondent l’UE. Le fait même de commencer les négociations d’adhésion avec la Turquie constituerait un message de paix et d’espoir adressé à tous et, en particulier aux populations musulmanes.

La création de la République turque a été, en soi, un projet d’européanisation et le très puissant « désir d’Europe » que manifeste aujourd’hui la société turque dans son ensemble n’est en rien conjoncturel et opportuniste. Devenir membre de l’UE serait le couronnement d’un projet historique de longue durée. Proposer à une Turquie qui satisfait à présent aux critères de Copenhague relatifs au respect des droits de l’homme, comme l’a reconnu la Commission européenne dans son rapport précité, un statut différent de celui de tous les autres membres de l’UE, faisant de ce pays un membre de seconde classe reviendrait à lui opposer purement et simplement une fin de non recevoir. Il en serait ainsi, si de nouvelles conditions au-delà des critères de Copenhague, des dérogations permanentes aux règles communautaires (dont le droit fondamental de libre circulation des personnes) ou un cadre de négociations prévoyant un «partenariat privilégié» ou encore une «coopération renforcée» à côté de l’adhésion étaient inclus dans la décision du Conseil européen.

Nous sommes convaincus que faire preuve d’une attitude hostile ou frileuse vis-à-vis de la candidature turque équivaudrait à une absence de vision stratégique et une méconnaissance graves du monde qui nous entoure.

Nous en appelons aux décideurs européens, et particulièrement au Premier ministre hollandais M. Balkenende en sa qualité de Président du Conseil des ministres de l’Union européenne, au Chancelier allemand M.Schroeder, au Premier ministre britannique M.Blair, au Président de la République française, M.Chirac, au Premier ministre espagnol M.Zapatero, au Président du Conseil italien M.Berlusconi et au Premier ministre polonais M.Belka, de même qu’aux dirigeants des autres Etats membres qui ont soutenu avec constance la candidature de la Turquie, en véritable hommes d’Etat ayant une vision de l’avenir de l’Europe et conscients des enjeux contemporains, afin qu’ils œuvrent au Sommet européen de Bruxelles en faveur de l’ouverture sans délai des négociations d’adhésion avec ce pays, avec la perspective, comme le demande M.Joschka Fischer, Ministre allemand des Affaires étrangères, «de l’adhésion et rien d’autre».
mots-clés: