«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos
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En novembre, le MuCEM dédie un temps fort à la crise grecque et par extension à la crise économique, sociale et politique qui affecte les pays du Sud de l’Europe depuis 2008.  Cette programmation fait écho à une exposition d’art contemporain présentée au fort Saint-Jean, History Zero*, de l’artiste Stefanos Tsivopoulos, qui a représenté la Grèce lors de la Biennale de Venise en 2013.

«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos

«Après la crise?» s’inspire des réflexions de l’anthropologue Panagiotis Grigoriou, initiateur depuis 2010 du blog Greek Crisis et auteur du livre La Grèce fantôme (Fayard, 2013). A travers les travaux et contributions de penseurs, le regard des artistes et de grands témoins, acteurs de la société civile, il s’agit d’appréhender les mille et une facettes de la crise, de comprendre et d’éclairer son impact sur la vie des citoyens grecs et du Sud de l’Europe. Y a-t-il un «après la crise»? Une possible sortie de crise?

«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos«Après la crise?» questionne la faille qui semble partager aujourd’hui l’Europe en deux camps, un « Nord » qui serait porté par l’Allemagne et un « Sud » dont la Grèce serait l’incarnation. Que signifie cette ligne de rupture entre les deux parties de l’Europe, et de quel mépris, ou de quel échec, est-elle le nom ? A supposer qu’il y ait une « sortie », de quelles (nouvelles) utopies la crise est-elle porteuse ?

 


 

Exposition temporaire

Au Fort Saint-Jean | Bâtiment Georges-Henri Rivière

Du 20 novembre 2014 au 21 avril 2015

Dans un musée de civilisation comme le MuCEM, les conservateurs, les scientifiques, les chercheurs en sciences humaines… ne sont pas les seuls à pouvoir apporter un éclairage sur les questions de société qui sous-tendent l’actualité politique de l’Europe et de la Méditerranée. Les artistes se sont depuis longtemps saisis de ces questions pour les capter, les tordre, les décrypter et en proposer une lecture singulière qui nous permet de les percevoir et de les interpréter autrement. Le bâtiment Georges-Henri Rivière (GHR), au Fort Saint-Jean, a précisément vocation à accueillir des œuvres contemporaines qui rendent perceptibles ces zones de tension, de fracture, de changement que les artistes ont souvent la capacité à percevoir avant tout le monde et sur lesquelles ils proposent un point de vue spécifique, ni encyclopédique, ni didactique mais qui nous force à réfléchir.

«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos

History Zero est justement une installation qui appartient à cette catégorie d’œuvres. Conçue par l’artiste grec Stefanos Tsivopoulos pour la biennale de Venise de 2013, elle est composée de trois films de fiction se déroulant à Athènes et d’un espace documentaire, pour lequel l’artiste a demandé à des chercheurs d’enquêter sur des exemples de monnaies alternatives, utilisées parallèlement à des monnaies officielles. Ce projet soulève la question de la place de l’argent dans la société grecque d’aujourd’hui et, plus largement, dans des sociétés capitalistes secouées par des crises à répétition et marquées par les inégalités sociales. Il pose également la question du rôle de l’argent dans les destinées individuelles de chacun et dans les relations entre personnes.

Le détour par la fiction est une manière de ne pas prendre au sérieux les diktats d’une réalité économique dont on dit qu’elle n’a pas d’alternative possible. C’est une manière de rebattre les cartes, de se laisser la liberté de rêver à une table rase à partir de laquelle il serait possible de reconstruire un monde nouveau. Pour autant les personnages mis en scène dans les films – une collectionneuse d’art frisant la démence, un immigrant à la recherche de métal dans les poubelles, un artiste capturant des images de la ville – entretiennent tous des liens étroits avec la réalité. La confrontation de ces fictions réalistes avec l’espace documentaire sur les monnaies alternatives conforte le sentiment d’une remise en cause possible du système économique dans son ensemble.

//Stefanos TsivopoulosStefanos TsivopoulosL’engagement politique de Stefanos Tsivopoulos est au cœur de son travail d’artiste. L’art a vocation, selon lui, à ouvrir et susciter le débat public – ce qui n’est pas un vain mot pour un artiste grec. La présentation de History Zero dans le contexte d’un musée de civilisation, dépassant le cénacle des spécialistes d’art contemporain le réjouit à ce titre. Elle prend également place dans le cadre d’un « Temps fort » du MuCEM consacrée à la Grèce « Après la crise ? ».

Présentée dans de nombreux pays, après l’installation initiale de la biennale de Venise en 2013, History Zero est montée pour la première fois en France au MuCEM.

Commissaire MuCEM : Jean-Roch Bouiller, conservateur, chargé de l’art contemporain

Artiste : Stefanos Tsivopoulos

Scénographie : Olivier Bedu et Juliette Morel - Struc’Archi

 


 

 

Tables-rondes

Une vie plus frugale et créative : nouvelles solidarités et nouveaux modes de vie

«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos

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Avec la disparition de la classe moyenne en Grèce, la société a développé de nouvelles stratégies : quitter le pays, changer de secteur d'activité, se re-politiser… 

De nouvelles pratiques sociales, nées de la crise, émergent par ailleurs : échange de produits ou de services entre citoyens, instauration de monnaies parallèles, mise en place de chaînes de solidarité visant à réintroduire un minimum de sécurité alimentaire et médicale… On dresse ici un inventaire non exhaustif de certaines de ces solidarités renaissantes.

Avec Myrto Bolota (coordinatrice de Solidarity 4 All), Antonia Katerini (membre fondatrice de Solidarity 4 All), Petros Linardos (économiste, spécialisé dans les questions de développement et d’économie sociale et solidaire) et Kosmas Anagnostopoulos (ingénieur, fondateur de la CPD - coopérative de projets urbains et d’études de l’espace public).

Introduction et modération : Adéa Guillot (correspondante pour Le Monde, Arte et Le Soir à Athènes).

 


 

L’onde de choc des mouvements d’extrême droite versus le cosmopolitisme méditerranéen

Face à la brutalité des politiques d’austérité, les organisations syndicales, sociales et politiques, en Grèce comme dans les autres pays du Sud de l’Europe, n’ont pu adapter leur action. Elles ont agi conformément aux pratiques héritées du passé (grèves, manifestations, protestations diverses), sans pouvoir rien changer. Parallèlement, on assiste aujourd’hui au renforcement, en Grèce, de l’audience d’Aube dorée, mouvement politique ouvertement anti-démocratique et néo-nazi, qui infiltre les institutions comme la police, l’Église, l’éducation ou l’armée.  

//Annamaria RiveraAnnamaria RiveraExtension de cette question de la « face noire » de la crise aux pays du Sud de l’Europe : va-t-on vers une « fascisation » de nos sociétés ?

Avec Dmitris Christopoulos (politologue, professeur à l’Université de Pantion), Jean-François Leguil-Bayart (directeur de recherche au CNRS) et Annamaria Rivera (professeur d'ethnologie et d'anthropologie sociale à l'Université de Bari, Italie).

 

//Thierry FabreThierry FabreIntroduction et modération : Thierry Fabre, essayiste et responsable du Département du Développement culturel et des Relations internationales du MuCEM.

 

 

 

 

 


 

 

Cinéma

Les sentiers de l’utopie

//"Les sentiers de l’utopie" - Video"Les sentiers de l’utopie" - Video 

Durée: 1h49

Pays: France

Année de réalisation: 2012

Artiste(s) et collaborateur(s): D’isabelle fremeaux et john jordan

Pendant près d'un an, Isabelle Fremeaux et John Jordan sont partis sur les routes européennes, à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi, ici et maintenant, de vivre autrement.

Un hameau squatté par des punks cévenols, une école anarchiste gérée par ses propres élèves, une communauté agricole anglaise à très faible impact écologique, des usines occupées en Serbie, un collectif pratiquant l'amour libre dans une ancienne base de la Stasi… Ce docu-fiction présente des utopies bien vivantes, logées dans les interstices invisibles du système.

 


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L’europe des écrivains la Grèce de Christos Chryssopoulos, Petros Markaris et Ersi Sotiropoulos

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Durée: 52 min

Pays: France

Année de réalisation: 2014

Artiste(s) et collaborateur(s): De Nicolas Autheman et Raphaëlle Rérolle

Ce film interroge l’identité grecque et européenne à travers la parole, les œuvres, les souvenirs, les déambulations de trois des plus grands écrivains grecs contemporains : Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos et Christos Chryssopoulos. De générations et d’univers différents, ils racontent leur Grèce : celle d’hier marquée par les troubles de l’histoire ; celle d’aujourd’hui qui se dissout peu à peu dans le chaos quotidien d’Athènes ; celle de demain, dont l’identité reste à réinventer. Ils nous font sentir l’urgence d’unifier, par leurs écrits, ce qui peut l’être d’un paysage disloqué, incertain, mutant.

Projection suivie d’une rencontre

Avec Petros Markaris, Ersi Sotiropoulos et Christos Chryssopoulos. Animée par Raphaëlle Rérolle (journaliste au Monde, responsable du supplément Culture et Idées). Traduction simultanée grec/français. 

 


 

La chute des colonels en Grèce

«Après la crise?» Temps fort  au MuCEM autour de la Grèce | MuCem, crise grecque, Stefanos Tsivopoulos, Panagiotis Grigoriou, Annamaria Rivera, Thierry Fabre, Dmitris Christopoulos, Jean-François Leguil-Bayart, Christos Chryssopoulos, Petros Markaris, Ersi SotiropoulosAvec Olivier Delorme (écrivain) et Françoise Arvanitis (journaliste et écrivain)

Juillet 1974 : le fiasco de l’aventure chypriote précipite la chute de la junte militaire au pouvoir en Grèce depuis 1967. Le « régime des colonels » était alors déjà très affaibli par une situation économique difficile, alimentant un mécontentement croissant dans la population…

La démocratie est rétablie en Grèce depuis 40 ans. Mais que reste-t-il aujourd’hui de la dictature des colonels ? En quoi et comment cette période a-t-elle marqué le devenir et le présent de la Grèce ?

Chaque séance du cycle est enrichie d’un moment de décryptage et d’analyse de l’archive sous ses aspects formels. Par l’historienne et spécialiste des médias Maryline Crivello,directrice du TELEMME/MMSH, Aix Marseille Université-CNRS.