Dix points sur Gaza par Mustapha Cherif | babelmed
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Dix points sur Gaza par Mustapha Cherif | babelmed
Mustapha Cherif
1. Affirmer la question politique: La question en Palestine est politique et non religieuse. C’est un problème de colonisation et de droit des peuples à vivre libres. Que voulait Israël? En apparence, la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. Cela aurait pu être atteint par la levée du blocus inhumain sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition légitime de la poursuite de la trêve. Israël vise en vérité non seulement le démantèlement du Hamas, mais la liquidation de toute possibilité d’un Etat palestinien et la fin de la résistance à sa politique coloniale féroce.

2. Expliquer et s’allier: La propagande sioniste et islamophobe stigmatise et tente depuis longtemps de faire croire au choc des civilisations, de diaboliser et de matraquer que tout musulman serait un extrémiste, etc., pour faire peur et obtenir l’aval de la communauté internationale en vue de coloniser sans cesse, de réprimer sans limites, en vue de dominer par le sang et le feu.

3. Nationalisme et diplomatie: La résistance palestinienne est un mouvement nationaliste, qui doit se garder de toute dérive, erreur et division, et ne pas tomber dans le jeu des provocations et des manipulations. La solution sera diplomatique. Résister, défendre la liberté et la vie des siens est un devoir reconnu comme légitime défense par le droit international et la morale; d’autant qu’aucune force d’occupation ne peut triompher face à une cause juste. A Gaza, la résistance, de lourdes pertes, ont confirmé les acquis de la guerre du Liban.

4. Refuser les amalgames: Tout l’Occident n’est pas islamophobe, injuste et raciste. Nous y avons des amis, qui ne sont pas dupes. Tout comme l’extrémisme, produit du désespoir, est minoritaire dans le monde musulman. Il s’agit de ne pas juger en fonction du fait que l’on soit croyant ou non, anti-intégriste ou non, arabe ou non, juif ou non, car il s’agit d’oppression. D’autant que des juifs et des chrétiens sont contre la politique suicidaire d’Israël et le carnage qu’elle a mené. Tout comme la majorité des citoyens arabes critiquent la politique de leurs régimes illégitimes, pour leur défaitisme et la faiblesse de leurs pratiques démocratiques.

5. Prise de conscience: La situation est grave et incertaine. Il s’agit de l’équilibre des forces dans la région et des relations entre les peuples. Profitant de la crise mondiale, du vide politique et de la lassitude, le sionisme massacre tout espoir de paix et d’un ordre mondial juste. Cela est destructeur pour la paix dans le monde, pas seulement pour les Arabes. Il faut refuser à la fois la logique de guerre barbare, l’isolement et l’importation du conflit entre les communautés, et continuer plus que jamais à dialoguer avec ceux qui sont attachés au droit.

6. S’engager : Il faut dire que le mutisme, la non-assistance à peuple en danger et le renvoi dos à dos des parties en présence sont inadmissibles.

7. Contrer la désinformation: La guerre est totale, monstrueuse. Celle de la désinformation est majeure, notamment de la part de ceux qui ne prononcent pas une seule fois les mots ‘colonisation’, ‘sionisme’, ‘oppression’, ‘blocus’, ‘crimes de guerre’, ‘camp de concentration’, ‘géno-cide’... questions au cœur du problème.

8. Dénoncer l’injustice: Attachés au vivre ensemble, certes, mais il faut le dire, cette guerre démentielle a bafoué tous les principes humains, et les positions des puissances domi-nantes, Europe, Etats-Unis, ONU, malgré l’hétérogénéité des points de vue, sont choquantes. L’essentiel, l’injustice, est la source des maux. Il s’agit de dénoncer le problème de fond. Car c’est à force de demi-mesures, de fuites en avant et de tergiversations que l’on reporte la solution des problèmes et que l’on ruine la possibilité d’un avenir.

9. Les protestations pacifiques: La vigilance est de rigueur, par-delà tous les clivages et toutes les différences. En refusant toute forme de haine et de violence, car celles-ci sont vouées à l’échec. En soutenant et proposant des voies pour mettre fin à l’injustice meurtrière que subit le peuple palestinien et amener les uns et les autres à se reconnaître.

10. Les leçons: Au Nord, on doit comprendre que nous sommes un voisin, un partenaire. Il est temps d’examiner le plan de paix arabe, sur la base du retrait de terres occupées par la force en 1967 en échange de la normalisation, car tous les peuples de la région ont le droit à la paix et à la sécurité. Les sociétés de la rive Sud doivent à court terme utiliser tous les moyens de pression, et sur le long terme changer le rapport de force, par de profondes réformes, sortir de la logique victimaire et du risque de retomber dans le ‘colonisable’. Il n’y a pas d’alternative au vivre-ensemble. Par la résistance, la solidarité et la clairvoyance, ne les laissons pas fermer l’horizon.

Dix points sur Gaza par Mustapha Cherif | babelmed Cet article fait partie du dossier sur Gaza, publié dans le n° de février du Le Courrier de l’Atlas .

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