Déclaration de la Fondation Anna Lindh sur la situation à Gaza | Secrétariat de la Fondation Anna Lindh
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Secrétariat de la Fondation Anna Lindh   
La Fondation Anna Lindh (FAL) exprime sa consternation et sa profonde inquiétude face aux événements des derniers jours à Gaza et déplore, en particulier, la mort de nombreux civils suite aux bombardements de l’aviation israélienne. Elle déplore aussi la mort de civils israéliens atteints par des obus lancés depuis le territoire de Gaza. La Fondation se sent directement concernée par le fait que l’Université Islamique de Gaza ait été touchée par les bombes, s’agissant d’une institution qui fait partie de notre réseau palestinien, comprenant plus de 150 ONG et institutions culturelles et académiques représentatives de la pluralité de la société palestinienne.
Depuis que les bombardements ont commencé, la Fondation mène à terme des démarches auprès de différentes ONG de Gaza qui constituent une partie de son réseau en Palestine, afin de connaitre directement la situation et de répondre aux attentes des organisations de la société civile palestinienne qui œuvrent pour la paix et le dialogue. La Fondation rappelle qu’elle avait organisé récemment une visioconférence avec la participation de certaines ONG de Gaza et des deux principales universités de cette ville, pour expliquer les conditions extrêmes dans lesquelles se déroule leur travail, au cours du Forum Civil Euromed réuni a Marseille à la veille de la Conférence Ministérielle de l’Union pour la Méditerranée.
Même s’ il ne nous appartient pas de nous prononcer sur les responsabilités politiques qui ont conduit a cette situation bouleversante, la Fondation Anna Lindh a toujours exprimé que les conditions d’isolement dans lesquelles vivent plus d’ un million et demi de citoyens de Gaza, depuis des mois, étaient insoutenables, et porteuses de tensions qui risquaient de s’aggraver et de s’étendre à d’ autres pays, augmentant ainsi le fossé qui existe entre les opinions publiques arabes et celles de l’Union Européenne. Les événements des derniers jours ont confirmé ce diagnostic. Ils représentent un obstacle majeur pour l’entente et la coopération entre les peuples de la région euro-méditerranéenne et aggravent de manière dramatique la situation humanitaire dans laquelle vit la population de Gaza. Nous soutenons qu’ils constituent une tragédie pour tous ceux qui croient au dialogue comme l’arme la plus efficace pour résoudre d’une manière durable les conflits de la région.
La Fondation Anna Lindh partage la légitimité du souci de sécurité des citoyens israéliens, mais elle revendique que ce souci trouve une réponse politique, dans le cadre des négociations diplomatiques en cours, et ne s’exprime pas par des actions qui risquent d’aggraver la situation, en particulier pour les populations civiles. La Fondation souhaite que les appels du Secrétaire General de l’ONU, des principaux responsables européens, et du Secrétaire General de la Ligue Arabe, ouvrent la porte a un cessez le feu qui permette, de manière urgente et permanente, de faciliter l’aide humanitaire à la population de Gaza.
Engagée dans le dialogue euro-méditerranéen qui est da raison d’être, La Fondation Anna Lindh continuera à travailler avec les sociétés civiles de Palestine, d’Israël et des pays du Moyen Orient pour créer les conditions favorables à la coexistence pacifique entre les peuples de la région. Face à l’accablement et au pessimisme que ces événements provoquent chez de nombreux partisans de la paix, nous exprimons notre volonté de privilégier le dialogue entre les peuples de l’espace euro-méditerranéen, comme la voie la plus efficace pour trouver une solution pacifique et durable aux conflits de la région.
La Fondation Anna Lindh va s’attacher, dans les prochains mois, à développer des actions qui contribuent a la reconstitution d’espaces de dialogue, coexistence et coopération entre les principales organisations de la société civile du Proche Orient. C’est dans ce sens que le Secrétariat de la Fondation appelle les organisations qui intègrent ses réseaux, dans les 43 pays qui constituent l’Union pour la Méditerranée, à développer des actions qui favorisent cette tâche. Des actions qui doivent être présentes dans les principaux chantiers ou se développera le Programme que la Fondation vient de mettre en place pour les trois prochaines années.
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